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Doland Trump et Kim-Jong-Un

La Corée du Nord poursuit sa production de missiles : est-ce vraiment une surprise ?

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Donald Trump s'est-il fait berner par la Corée du Nord qui poursuit son programme de production de missiles ? Des experts précisent que c'est la Maison Blanche qui a trompé son monde et pas Pyongyang. Retour sur les origines troubles du nouvel épisode d'affrontements autour de la bande de Gaza.

Doland Trump et Kim-Jong-Un
Doland Trump et Kim-Jong-Un Crédits : NICHOLAS KAMM, SAUL LOEB - AFP

On reparle ce matin dans la presse internationale du processus de réconciliation entre les deux Corées, avec des nouvelles... plutôt contradictoires.

D'un côté vous avez ces signes de rapprochements très symboliques, mis en avant par les médias des deux pays, et dont se fait l'écho la chaîne américaine ABC News : elle montre les images de cet avion-cargo sud-coréen, chargé de 200 tonnes de mandarines offertes aux voisins du nord. C'est pour les remercier, nous explique-t'on, pour cette cargaison de champignons nord-coréens envoyés à Séoul il y a quelques jours. On passera rapidement sur ces photos du président sud-coréen Moon Jae In en train de caresser un chien blanc, cadeau de Pyongyang en signe d'amitié...   

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Voilà pour la mignonne chronique du réchauffement diplomatique de part et d'autre du 38e parallèle Nord, mais ce que révélait la nuit dernière la presse américaine  est beaucoup moins anecdotique, et surtout moins encourageant.

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"Kim Jong Un, nous dit CNN, développe en secret un très dangereux réseau de bases de missiles cachées dans les montagnes, alors que Donald Trump avait promis que la Corée du Nord avait 'arrêté sa production de missiles et de fusées'"

Ces révélations, on les doit en fait au  New York Times, sur la base d'un rapport d'experts américains du Centre d'études internationales et stratégiques, basé à Washington. Il publie les images satellites de plus d'une demi-douzaine de sites militaires où Pyongyang produit tranquillement son nouvel arsenal de missiles. L'existence de ces sites était connue des services de renseignement américains, mais pas du public... nous explique le Times

A Séoul, le quotidien Chosun Ilbo précise qu'il ne s'agit pas de sites de lancements, mais de lieux où sont entreposés dans des tunnels des lanceurs de missiles qui peuvent être déployés dans les environs. Pas de doute, "ces installations ne sont pas en sommeil, le travail s'y poursuit", explique le journal sud-coréen, sur la foi des allées et venues repérées par satellite.  

Mais est-ce que ça veut dire, comme l'écrit le Washington Post, que la Corée du Nord a berné tout le monde, à commencer par Donald Trump ? 

C'est vrai que le quotidien prend un malin plaisir à nous expliquer que "les nord-coréens se sont joués du président américain, qu'ils l'ont pris pour un imbécile... comme il fallait s'y attendre". Les grandes promesses de dénucléarisation ne tiennent pas à l'épreuve des faits, lit-on en substance ; Kim Jong Un poursuit son armement, pas le moins du monde inquiété par la Maison Blanche, "comment, se demande Paul Waldman, aurait-on pu imaginer qu'il en soit autrement ?", à moins d'être comme le président américain aveuglé par sa propre naïveté et sa méconnaissance du B-A BA de la politique étrangère. 

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Mais ce matin les spécialistes de la Corée du Nord et de la chose nucléaire tiennent tout de même à relativiser cette "grande déception" nord-coréenne, comme la qualifie le New York Times : si l'on lit en détail les engagements pris par Kim Jong Un à Singapour, et pas les déclarations faites ensuite par Trump, on n'est pas surpris par les révélations d'hier soir : la Corée du Nord avait promis de démanteler les pas de tirs, utilisés pour tester ses missiles balistiques, elle l'a fait et l'a largement médiatisé. Mais elle n'avait rien promis sur les autres sites dont il est question aujourd'hui, et pour lesquelles Kim Jong Un avait publiquement ordonné, le 1er janvier dernier, qu'on y fabrique des centaines de nouveaux missiles.  

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De tout cela on retient donc, que le grand tort est finalement d'avoir cru aux approximations et à la communication lénifiante de la Maison Blanche. De s'être fait berner, en somme, mais pas par les Nord-Coréens.

La presse israélienne tente de comprendre cette nouvelle escalade de violence meutrière autour de la bande de Gaza depuis dimanche.  

Et à en croire le grand quotidien de gauche Haaretz, tout est bien parti dimanche d'une opération "ratée, bâclée", des services secrets israéliens en territoire palestinien.  Une incursion à très hauts risques, sur laquelle Tel Aviv garde le secret mais qui, à défaut d'avoir donné le moindre résultat en terme de renseignement, a relancé la spirale des affrontements : plus de 300 roquettes tirées depuis Gaza la nuit dernière sur le sud d'Israël, au moins un mort côté israélien, quatre dans les représailles menées dans l'enclave palestinienne. 

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Pour le Jerusalem Post, avec cette pluie de roquettes lancées sur les civils israéliens d'Ashkelon, "le Hamas a franchi la ligne rouge", et ça laisse augurer de lendemains tout aussi sanglants. Mais dans les colonnes d'Haaretz, sans rien justifier des violences de part et d'autre, le chroniqueur et militant pacifiste Odeh Bisharat pointe l'hypocrisie de la stratégie israélienne à Gaza. Il rappelle en particulier que, jeudi dernier, les Israéliens ont laissé entrer dans l'enclave la première d'une série de livraisons d'argent liquide en provenance du Qatar : 15 millions de dollars, dans des valises, destinés à payer les salaires des fonctionnaires gazaouis. En tout, dans les six mois qui viennent, 90 millions de dollars sont ainsi promis aux autorités de Gaza, donc directement au Hamas, avec la bénédiction d'Israël.  

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Alors Odeh Bisharat s'interroge : comment croire sérieusement en cette "charité dérisoire", par laquelle les Israéliens, avec leurs alliés qataris et Américains, pensent calmer la colère du peuple de Gaza, en achetant ses rêves de souveraineté? "Cela revient à penser qu'on peut enfemer le drame palestinien dans un linceul de billets verts, et l'enterrer le plus profond possible". Face à une vision de si courte vue, on aura du mal à s'étonner, comme semblent le faire les dirigeants d'Israël, que les habitants de Gaza continuent de manifester, pour la levée du blocus qui les étouffe. Car c'est le cœur de ce parti-pris, que publie Haaretz : face à ce jeu de dupes, et maintenant que les pays arabes comme le Qatar les ont abandonnés dans un billard à trois bandes contre l'Arabie Saoudite, "les Palestiniens n'ont plus guère de leur côté que Dieu" ou l'illusion de Dieu.

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