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Effigies de Mark Zuckerberg devant le Capitole de Washington lors d'une manifestation anti-Facebook

Désinformation russe : l'élection de Trump comme "Pearl Harbor" d'une guerre des réseaux sociaux?

5 min
À retrouver dans l'émission

Les rapports commandés par le Sénat américain sur l'influence russe lors de la présidentielle de 2016 questionne à nouveau la responsabilité des Facebook et consorts. Au Brésil, Jair Bolsonaro veut réduire l'emprise d'une réserve indigène d'Amazonie pour "exploiter rationnellement" ses ressources.

Effigies de Mark Zuckerberg devant le Capitole de Washington lors d'une manifestation anti-Facebook
Effigies de Mark Zuckerberg devant le Capitole de Washington lors d'une manifestation anti-Facebook Crédits : KEVIN DIETSCH - Maxppp

Depuis hier aux Etats-Unis ce ne sont pas les journaux mais les réseaux sociaux qui font l'actualité.

Le rôle des Facebook et autres Instagram comme vecteurs dominants d'influence en question, depuis que ce lundi le Washington Post et le New York Times ont publié les détails de plusieurs enquêtes sur la manière dont la Russie a bel et bien pesé sur la victoire de Donald Trump à la présidentielle de 2016. 

Les internautes afro-américains ont été principalement visés, précise par exemple le Times : il s'agissait de détourner des urnes au maximum cet électorat en général très pro-démocrate ; alors l'usine à intox russe installée à Saint-Petersbourg a créé des centaines de comptes, sur Facebook et Instagram, pour appuyer là où ça fait mal à l'Amérique multi-ethnique : elle a généré pendant la campagne "un véritable brouillard toxique de messages" dénonçant les violences policières contre des noirs, faisant la promotion du mouvement Black Lives Matter, ou des Black Panthers par exemple. 

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Le Washington Post complète, en nous montrant que cette influence téléguidée depuis la Russie ne s'est pas arrêtée après l'élection de Trump, mais s'est ensuite concentrée, par exemple, sur le procureur spécial Robert Mueller, pour tenter au maximum de discréditer son enquête, justement, sur les liens troubles entre le nouveau Président et le Kremlin. 

Jamais les processus de désinformation n'avaient été aussi précisément documentés, jamais leur ampleur n'avait été à ce point mise en évidence, alors forcément aujourd'hui c'est tout le rôle d'influenceur de Facebook en particulier qui est mis en cause. A nouveau dans le New York Times, on partagera la réflexion de Kevin Roose, sur la manière dont les réseaux sociaux sont devenus (malgré eux ou pas, c'est toute la question) les armes d'une guerre désormais perpétuelle menée contre nos démocraties. L'élection de 2016 au Etats-Unis aura été, en la matière, un "équivalent de Pearl Harbor : un acte d'agression exceptionnel qui inaugure une ère nouvelle de conflit généralisé".

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Et pour ne rien arranger le Guardian britannique nous livre ce matin une autre illustration de ce phénomène. 

Pour sa série consacrée au "nouveau populisme", The Guardian nous explique "comment les Italiens Matteo Salvini et Luigi Di Maio ont utilisé Facebook pour conquérir le pouvoir". Tout un travail là encore sur les  "data", les données de connexions générées par les contenus en ligne sur les deux leaders populistes devenus vice-président du Conseil italien, et des résultats frappants mis en évidence par les chercheurs de l'Université de Pise. 

En multipliant les prises de position racoleuses et surtout les retransmissions vidéo en direct, des armes imparables pour remonter dans les algotrythmes du réseau social et capter l'attention des internautes, les deux candidats ont réussi à s'imposer dans l'espace médiatique, à un moment où les médias traditionnels ne s'intéressaient pas encore à eux. A côté, les candidats des "vieux partis" ont été à peu près invisibles, submergés par le flot des publications du tandem Di Maio/Salvini. 

Et voilà qui fait dire, à David Dodson pour CNN Business, qu'il faut demander des comptes à Facebook pour cette influence que le réseau a pris, qu'il le veuille ou non, et qu'il n'arrive pas à contrôler. Pour cela il faut en finir avec une hypocrisie entretenue par la compagnie californienne: elle ne doit plus pouvoir se réfugier derrière son soi-disant statut de société des nouvelles technologies, comme une sorte de service informatique simple et dissocié des contenus qu'elle fait circuler, et être déclarée responsable de ce qu'elle publie, comme n'importe quel média.  

Alors, c'est vrai, le questionnement n'est pas nouveau, et Facebook vient de passer une année 2018 cauchemardesque à tenter de répondre à ces défis démocratiques, sans parler des question de respect de la vie privée des utlisateurs. Mais le Guardian nous rassure : tout ça n'a pas gâché la grande fête de fin d'année offerte le week-end dernier aux employés du siège social à San Francisco.  Du clinquant et de la démesure, dans la plus grande tradition d'une Silicon Valley victorieuse, plus portée sur l'auto-célébration que sur l'auto-critique.

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Lui aussi a su tirer profit de Facebook pour imposer son populisme d'extrême-droite au Brésil : le futur Président Jair Bolsonaro précise ses intentions en matière d'environnement. 

Et Jair Bolsonaro, qui prendra ses fonctions dans deux semaines, déclarait hier qu'il a bien l'intention de revoir (à la baisse) la délimitation des grandes réserves naturelles du nord amazonien. En particulier celle de Raposa Serra Do Sol, dans l'Etat de Roraïma, à la frontière du Guyana et du Venezuela. : près de 2 millions d'hectares de terres et de forêts préservées de toute exploitation par l'homme, une réserve aussi dédiée aux 17 000 indiens d'Amazonie qui sont les seuls autorisés à y vivre.  

Mais à lire le quotidien Valor Economico on comprend bien que ce n'est pas cela que voit Jair Boslonaro. Lui vantait hier ces terres comme "les plus riches du monde", et cette richesse, il ne voit pas pourquoi elle ne serait pas exploitée. Pour lui, dit encore Valor Economico, l'accord passé en 2005 entre les défenseurs de l'environnement, les indiens et l'Etat de Roraïma, pour créer cette réserve naturelle,  c'est "un obstacle au développement économique du Brésil". Et il compte bien le faire sauter, cet obstacle, dès les premiers jours de sa présidence. 

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Car sous les racines de la forêt primaire, la terre, nous explique la Folha de Sao Paulo, renferme "des gisements de niobium, un minerai rare car mélangé au fer il donne un alliage ultra-resistant dont les industries pétrolière et automobile sont friandes". Voilà donc ce que Jair Bolsonaro entend "explorer rationnellement", selon le termes cités par O Globo : le quotidien n'est pas dupe, comme le reste de la presse brésilienne, sur le fait que l'exploration débouchera à terme sur l'exploitation,  et que la rationnalité n'a jusque-là pas été la principale qualité démontrée par le futur Président. 

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