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Manifestation contre l'urgence nationale à New-York

Seize Etats américains attaquent en justice Donald Trump et son urgence nationale

6 min
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La Californie mène la contre-attaque judiciaire contre la procédure d'urgence nationale qui doit permettre au président américain de financer la construction du mur frontalier. L'Australie fait mine de découvrir la cyber-menace chinoise. Facebook comme arme politique féminine au Soudan.

Manifestation contre l'urgence nationale à New-York
Manifestation contre l'urgence nationale à New-York Crédits : KARLA ANN COTE - AFP

Seize Etats américains lancent la contre-attaque judiciaire contre Donald Trump et l'urgence nationale décrétée vendredi pour faire construire coûte que coûte son mur à la frontière mexicaine. 

Je vous épargne la liste des 16 Etats en question, mais c'est en Californie que la plainte a été officiellement déposée hier, pour contester la constitutionnalité de cette urgence nationale.  

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Dans le Los Angeles Times, on cite donc le procureur général californien Xavier Becerra, qui porte la procédure :  il s'agit selon lui de "bloquer l'abus des pouvoirs présidentiels" auquel se livrerait Donald Trump. Car l'urgence nationale, c'est l'arme ultime, pour le chef de l'Etat : elle lui permet de débloquer des fonds publics sans approbation du Congrès, alors que ce même Congrès avait refusé de débloquer le budget voulu par Trump pour construire le mur (je vous épargne le résumé des épisodes précédents). 

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Le Washington Post précise, que pour trouver les 6 milliards et demi de dollars dont il a besoin, le président veut siphonner en particulier les budgets de l'Armée. C'est "un détournement unilatéral de l'argent des contribuables, à des fins politiques", selon les représentants des 16 Etats plaignants, dont on ne s'étonnera pas qu'ils soient "tous gouvernés par les Démocrates, à l'exception tout de même du Maryland". Et voici donc la Justice américaine sommée d'arbitrer la nouvelle bataille politique de l'ère Trump, la plus massive encore jamais vue selon le Washington Post.  

De son côté, vu du Royaume-Uni, The Guardian insiste sur un autre aspect de la controverse judiciaire. Donald Trump vendredi, en annonçant son recours à l'urgence nationale, a expliqué "j'aurais pu choisir de construire le mur sur une plus longue durée, je n'avais pas vraiment besoin de décréter l'urgence, mais je le fais parce que je veux que ça aille vite". Une petite phrase lâchée sans trop y penser, mais qui pourrait bien se retourner contre le chef de l'Etat face aux juges, comme un aveu d'abus de la procédure d'urgence.  

Quoi qu'il en soit, ce dépôt de plainte de 16 Etats ne fait finalement que confirmer ce que le président annonçait dès vendredi, sur un ton volontairement badin.

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Une prophétie presque chantante : "Nous allons décréter l'urgence nationale...  ils vont nous attaquer en Justice... et nous allons certainement avoir un jugement en notre défaveur... et encore un autre en appel... et tout ça finira devant la Cour suprême qui enfin nous traitera de manière équitable... et nous gagnerons devant la Cour suprême.

Voilà, en clair : "circulez; il n'y a rien à voir !". On comprend bien, s'il en était besoin, pourquoi il était si important pour Trump l'automne dernier d'imposer à la Cour suprême le juge Brett Kavanaugh, dont il peut être sûr de la loyauté à toute épreuve.

A trois mois des élections fédérales en Australie, le gouvernement révélait hier que les serveurs du Parlement et des principaux partis politiques ont été la cible d'une vaste cyberattaque. 

Et voilà la politique australienne confrontée à son tour au "spectre d'une intervention malveillante d'une puissance étrangère dans ses élections", écrit l'Australian Financial Review. Car il n'y a pas de doute possible, seuls des agents d'un Etat tiers peuvent se livrer à de tels piratages, indiquait hier le Premier ministre Scott Morisson, sans toutefois livrer le nom de l'Etat soupçonné. Les médias australiens l'ont fait à sa place, comme la chaîne d'info 9News

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La  Chine se retrouve donc désignée dans la presse, "sur la foi de sources officielles du renseignement australien". C'est elle en tous cas, dit 9News, que l'on retrouve derrière les autres attaques de ce genre contre l'Australie. Et voilà l'information la plus intéressante, développée ce matin, entre autres, par le journal en ligne The Conversation : au-delà des cris d'orfraie du gouvernement qui brandit la menace d'une immixtion "à la russe" sur les élections à venir, les spécialistes de cybersécurité nous disent clairement que ce genre de piratage, "c'est la nouvelle norme" dans le monde d'aujourd'hui. "Près de 1100 cyber-incidents de ce genre ont été signalés l'an dernier à l'autorité australienne pour la cybersécurité". Mais là, forcément vu les cibles, le calendrier électoral, et les précédents internationaux, l'affaire est éminemment politique. 

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Pour autant, l'Australie et ses partis, ses institutions démocratiques, ne doivent pas jouer les vierges effarouchées, analyse Peter Harcher dans le Sydney Morning Herald : quand les dirigeants politiques australiens "font mine de perdre leur virginité sur internet, d'autres pays ont déjà depuis longtemps intégrée cette réalité de la guerre du web qui ne fait que commencer". Une guerre d'une telle ampleur, qu'elle ne pourrait pas être nommée : c'est pourquoi le premier ministre australien refuse de pointer clairement du doigt la Chine cette fois-ci, alors qu'il avait accusé la Russie sans hésitation lors de précédentes cyberattaques.  

Et pourtant, conclut le Sydney Morning Herald, en piratant les institutions démocratiques australiennes, "Pékin a  volontairement signé son méfait", comme un avertissement envoyé à Canberra, une "menace du régime chinois qui ne digère pas que son géant de la téléphonie Huawei ait été écarté du marché australien de la 5G".  

C'est en quelque sorte "l'anti-Ligue Du LOL" : comment des groupes privés exclusivement composés de femmes sur Facebook permettent aux Soudanaises de lutter contre la corruption.

C'est un reportage repéré il y a quelques jours sur le site BuzzfeedNews aux Etats-Unis : sa correspondante à Khartoum Tamerra Griffin nous raconte que des milliers de jeunes femmes (à qui les lois morales interdisent de se réunir en public) avaient pris l'habitude de discuter sur des groupes Facebook privés et non-mixtes, pour échanger sur leur vie sentimentale et dire du mal (et parfois du bien tout de même) des hommes qu'elles rencontraient.

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Des discussions à priori sans conséquences, mais ces internautes se retrouvent aujourd'hui au cœur de la mobilisation populaire qui agite le Soudan depuis deux mois contre la corruption de l'Etat à tous les étages : elles en ont même été l'un des éléments déclencheurs, nous dit le reportage de Buzzfeed, tant ces espaces de liberté sur internet ont progressivement délaissé leur première vocation romantique, pour aborder des sujets de plus en plus politiques.

Al Jazeera consacre aussi un reportage à ce phénomène : au fil du temps, les participantes aux groupes ne postaient plus les photos de leurs prétendants pour savoir qui ils étaient, si l'on pouvait leur faire confiance, mais des photos de policiers pris la main dans le sac pour des faits de corruption. 

Ainsi sont nées des sortes de ligue virtuelles de justice féminine. Ligues de dénonciation, aussi, car les noms, et parfois même numéros de téléphone et adresses des agents ripoux ont été divulgués pour mettre les fautifs face à leurs responsabilités.  

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C'est radical, mais en tous cas ça explique pourquoi l'on retrouve autant de femmes, souvent très jeunes, dans les manifestations pourtant violemment réprimées qui se poursuivent à travers le Soudan.

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