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Sommet franco-allemand à Aix-la-Chapelle sous le haut patronage de Charlemagne.

France et Allemagne se réaffirment en moteur d'une Europe qui n'en demandait pas tant

6 min
À retrouver dans l'émission

Angela Merkel et Emmanuel Macron signent un nouveau traité franco-allemand, avec la volonté de redevenir la locomotive d'une Europe en crise. En Colombie, les rebelles de l'ELN revendiquent l'attentat de vendredi à Bogotá. La primaire démocrate de 2020 aux Etats-Unis s'annonce très féminine.

Sommet franco-allemand à Aix-la-Chapelle sous le haut patronage de Charlemagne.
Sommet franco-allemand à Aix-la-Chapelle sous le haut patronage de Charlemagne. Crédits : FEDERICO GAMBARINI - AFP

Six ans après avoir célébré ses noces d'or, le couple franco-allemand va renouveler ses vœux, ce mardi à Aix-la-Chapelle. 

Pour ce genre de métaphores conjugales, et pour les autres éléments de langages officiels sur ce "nouveau Traité Franco-allemand", on lira le Berliner Morgenpost. On nous y explique que "le monde change, alors, la relation entre Paris et Berlin se devait aussi de changer", de s'adapter pour ne pas que le vieux couple cède à la routine, à l'incompréhension ou aux aspirations contradictoires qui finissent toujours par s'installer. 

Mais qu'on ne s'y trompe pas, reconnait tout de même le Berliner : si le sommet d'Aix-la-Chapelle se tient aujourd'hui, c'est surtout parce qu'Emmanuel Macron "en avait besoin, à 4 mois des élections européennes, pour lancer sa campagne en pleine crise des Gilets Jaunes". 

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Ceci étant dit, c'est tout de même "un élan nouveau qu'il s'agit de trouver pour la construction européenne", analyse le magazine allemand Stern, pour qui l'idée de ce traité version 2019 est on ne peut plus claire : sur les questions de sécurité, de défense, et peut-être aussi, mais moins sûrement, sur les questions fiscales, il s'agit de lancer des idées et de les appliquer au sein du couple franco-allemand, pour ensuite convaincre le reste de l'Europe de suivre.  

Paris et Berlin se réaffirment donc en moteur, en modèle pour l'Europe : ça ne manque pas de nourrir les critiques, des Etats-membres du centre du continent. En Pologne, Hongrie, République Tchèque, les discours souverainistes, et volontiers eurosceptiques,  fustigent depuis des jours ce traité qui selon eux met en place "un super-Etat" où vont se dissoudre la France et l'Allemagne pour mieux dominer le continent.  

Dans les pages du quotidien tchèque Lidovky, l'éditorialiste Zbynek Petrachek estime toutefois que "non, il n'est pas question, à Aix-la-Chapelle, de créer un super-Etat, mais plutôt de donner un mandat clair aux deux piliers d'une Europe qui doit trouver un nouvel équilibre sans la Grande-Bretagne". Mais oui, poursuit Petrachek, "l'idée d'une Europe à plusieurs vitesse et plusieurs niveau d'intégration, n'en déplaise aux centre-européens, a vécu, au profit du retour en force du fameux moteur franco-allemand". 

De son côté, la Frankfurter Allgemeine Zeitung préfère ironiser sur le monceau de contre-vérités qui ont circulé en France à propos de ce Traité. "Alors comme ça l'Alsace va devenir allemande?", s'amuse le quotidien, relayant à bonne distance les déclarations de Marine Le Pen ou de Nicolas Dupont-Aignan sur la soi-disant "trahison" d'Emmanuel Macron. 

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Alors non, l'Alsace et la Lorraine ne vont pas être données à l'Allemagne. Non, Paris ne compte pas partager avec Berlin son siège au conseil de sécurité de l'ONU.  L'ironie de la presse allemande ce matin masque mal finalement une forme de tristesse de voir à quel point l'opération de communication politique voulue par  Macron et Merkel à Aix-la-Chapelle a surtout fait réémerger le vieux fond germanophobe de nos dirigeants populistes.

Les rebelles colombiens de l'ELN revendiquent l'attentat meurtrier de jeudi à Bogota.

Nous en parlions dès vendredi, après cet attaque à la voiture piégé qui a tué 20 personnes dans une école de police de la capitale colombienne.  Hier, donc, les combattants de l'ELN, l'Armée de libération nationale, ont reconnu leur responsabilité dans cette tuerie. C'est la Une ce matin encore du quotidien El Tiempo qui cite le commandement central de la guérilla : il explique avoir agi "en représailles aux multiples attaques" lancées contre lui par le président Ivan Duque, depuis son arrivée au pouvoir l'an dernier.  

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Une "action de légitime défense", en somme : Duque, l'homme fort de la droite colombienne, a suspendu dès son arrivée au pouvoir les discussions de paix  avec l'ELN, qui avaient été entamées à Cuba. Il n'a pas non plus répondu à la proposition d'une trêve de Noël formulée par les combattants rebelles. Les 20 morts de vendredi, des élèves policiers pour la plupart, seraient donc des "victimes de guerre", puisque la paix semble impossible. 

Autant vous dire que la presse à Bogota est pour le moins sceptique face à cette tentative de justifier du terrorisme.  Mais elle se concentre déjà sur un autre aspect de l'affaire, qui nous emmène jusqu'à La Havane. La Radio Caracol nous explique tout ça : on l'a dit, le dialogue entre Duque et l'ELN était suspendu bien avant l'attentat de vendredi. Mais des négociateurs de la guérilla se trouvent toujours à Cuba, où ils attendent depuis des mois une possible reprise des pourparlers. Cette fois c'est sûr, ils ne reprendront pas,  or l'ancien accord conclu entre Bogota et L'ELN, prévoit un retour en Colombie des négociateurs dans deux semaines.  

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Depuis jeudi, Ivan Duque dit qu'il est hors de question de laisser des terroristes revenir libres sur le sol national. Entre les deux camps, note El Nuevo Siglo, c'est l'Etat Cubain qui se retrouve position délicate d'arbitre. Pour le moment La Havane joue les équilibristes, appelant Bogota à respecter ses engagements, tout en excluant que des actes terroristes puissent être fomentés depuis son territoire.  

Aux Etats-Unis, la pré-campagne démocrate pour la présidentielle de 2020 prend un tour très féminin.  

Dernière candidate entrée hier dans la course à la primaire, Kamala Harris, la sénatrice de Californie, qui fait figure de prétendante très sérieuse à l'investiture. Mais en lisant The New York Times on comprend qu'elle est loin d'être la seule : déjà 8 candidats de premier plan se sont déclarées (pour une investiture on le rappelle qui n'interviendra pas avant l'été 2020). 

Mieux, sur ces huit, quatre sont des femmes, et une cinquième devrait se lancer très prochainement.  "Que la meilleure l'emporte", déclare déjà la chroniqueuse Michelle Goldberg dans le même New York Times : elle note ce paradoxe qui veut que Donald TRump l'a emporté en 2016 face à Hillary Clinton, que le sexisme affiché du Républicain a clairement joué dans la défaite de la démocrate. "Mais ce n'est pas pour autant une raison pour ne pas miser, en 2020 encore, sur une candidature féminine", affime Goldberg : car entre-temps il y a eu le raz-de-marée #MeToo, et les excès de la présidence Trump finissent par fatiguer son électorat autant  qu'ils remobilisent ses détractrices. 

Dans le Boston Globe, Liz Goodwin évoque le financement de cette campagne qui débute : les groupes d'influence pro-féministes financent traditionnellement la candidate qui correspond le mieux à leurs idées... mais cette fois-ci ils se retrouvent face à une abondance de choix. 

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On ne peut pas en dire autant côté Républicain... ça c'est le site d'info politique The Hill qui le remarque : il évoque le combat d'Elise Stepanik, élue new-yorkaise au Congrès, qui vient de lancer une campagne en interne au Parti pour faire émerger des candidatures féminines. Depuis l'élection de Trump, allez savoir pourquoi, les Républicains font face à "une crise des vocations féminines".

Chroniques

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