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Dix piétons ont été tués, quinze autres blessés par une camionnette qui a délibérément foncé sur la foule dans le centre de Toronto

Attaque à Toronto, démission en Arménie et disparition d'un leader au Yemen

5 min
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Au Canada, les motifs du tueur au camion de Toronto restent obscurs ; Jour de liesse en Arménie après la démission surprise du Premier Ministre Serge Sarkissian ; Au Yemen, l'un des principaux leaders de la rébellion Houthi a été tué dans un bombardement aérien.

Dix piétons ont été tués, quinze autres blessés par une camionnette qui a délibérément foncé sur la foule dans le centre de Toronto
Dix piétons ont été tués, quinze autres blessés par une camionnette qui a délibérément foncé sur la foule dans le centre de Toronto Crédits : Lars Hagberg - AFP

Difficile d'y échapper : l'attaque au camion de Toronto hier, qui a fait 10 morts et 15 blessés fait l'ouverture ou la Une de la très grande majorité des médias ce matin. Pour  le New York Times ce "carnage" rappelle les attaques mortelles similaires "par des soutiens de l'Etat Islamique qui ont ébranlé Nice, Berlin, Barcelone Londres et New-York... Pourtant lundi soir le ministre canadien de la sécurité publique Ralph Goodale annonçait que cette attaque là n'était pas pareille"... qu'elle n'avait pas de lien avec des questions de sécurité nationale, précise la chaîne canadienne CBC Le conducteur de la camionnette de location a été arrêté une demi heure après les faits. Un policier de Toronto pu le mettre en joue puis lui passer les menottes sans tirer le moindre coup de feu, arrestation filmée par plusieurs passants, des images que l'on retrouve ce matin sur pratiquement tous les sites d'information... L'homme a été identifié comme un résident de Richmond Hill dans l'Ontario, Alek Minassian, 25 ans et ses motivations restent obscures. La chaîne CBC a pu retrouver sur les réseaux sociaux une page ou un même Alek Minassian faisait l'apologie d'un autre responsable d'une tuerie de masse en Californie il y a 4 ans: un étudiant qui en tuant six personnes entendait se venger de ses déconvenues amoureuses. Sur Facebook, Alek Minassian annonçait que la révolution des "célibataires involontaires" venait de débuter...  

En Arménie, journée de liesse dans la capitale, Erevan,  après la démission surprise du premier ministre. Serge Sarkissian a en effet jeté l'éponge, après 11 jours de manifestations demandant son départ de la tête de l'exécutif. L'ancien Président arménien, qui ne pouvait plus se représenter à ce poste au terme de deux mandats, avait en effet réussi à se faire nommer Premier Ministre la semaine dernière, une fonction dont les pouvoirs avaient été considérablement renforcés et depuis lors, la rue réclamait son départ ; et c'est par un communiqué que Serge Sarkissian a annoncé finalement sa démission hier. "citoyens d'Arménie, vous avez gagné" a lancé à la foule Nikol Pashinyan l'un des leaders des manifestations une heure après cette annonce raconte le site d'information arménien Hetq.am. "Pashinyan, qui avait été arrêté la veille et relâché quelque temps avant l'annonce de la démission de Sarkissian, est retourné Place de la République, l'épicentre de ces manifestations sous des tonnerres d'applaudissements  ; il demande des négociations avec le gouvernement intérimaire qui expédiera les affaires courantes et l'organisation d'élections anticipées ; "la révolution de velours que nous avons entamé n'est pas terminée" a encore lancé le leader d'opposition, raconte Hetq. "Ces manifestations pacifiques ont  sérieusement agité l'ancienne république soviétique de 3 millions d'habitants, un allié de la Russie dans cette région volatile du Caucase, gangrenée par le conflit persistant entre l'Arménie et l'Azerbaijan autour du Nagorno-Karabakh souligne Radio Free Europe / Radio Liberty,... Des manifestations qui "ont été un exemple assez rare d'événement entraînant un changement politique majeur dans l'ancienne Union Soviétique", poursuit la chaîne américaine. La Russie en effet dispose encore d'une importante présence militaire sur le territoire arménien et regardait les événements d'Erevan avec une certaine appréhension ; On connait aussi les préventions d'un Vladimir Poutine vis à vis des "révolutions de couleur" dans les anciennes républiques soviétiques mais pour le moment remarque encore Radio Free Europe, la porte-parole du ministère des affaires étrangères russe a fait montre d'une certaine modération, se contentant d'un message général de solidarité avec l'Arménie suite à la démission de Sarkissian. 

Enfin dans le Golfe, au Yémen, c'est l'annonce de la mort d'un des principaux leaders des Houthis qui fait les gros titres de la presse.  L'information n'a été confirmée qu'hier : le leader politique des Houthis Saleh al Sammad a été tué jeudi dernier dans un raid aérien de la coalition emmenée par l'Arabie Saoudite. C'est le leader militaire du mouvement yéménite Ansarullah, Abdelmalel Al Houthi qui a confirmé "la mort en martyr du président du Conseil politique suprême du Yémen", explique la chaîne iranienne Press Tv, proche des Houthis... un "crime qui ne restera pas sans réponse" a promis le chef militaire des Houthis. De son côté la chaîne saoudienne Al Arabiya a diffusé des images de l'opération : le ciblage, précis, d'un véhicule, en pleine ville par un avion probablement saoudien...

Saleh al Sammad "est le plus important des chefs Houthis à avoir été tué depuis que la coalition, appuyée par l'Occident est intervenue au Yémen en 2015" rappelle la BBC ; il présidait le Conseil politique suprême, "qui assumait les fonctions d'administration dans les zones du pays contrôlées par les rebelles, incluant la formation d'un gouvernement, la nomination de gouverneurs et la rédaction de décrets gouvernementaux"... Pour Press TV Saleh al Sammad n'était ni plus ni moins que le "chef de l'Etat de facto" du Yemen. Rajih Badi, un porte parole du gouvernement yéménite en exil, soutenu par l'Arabie Saoudite a qualifié sur Al Arabiya cette disparition de "coup dur" pour les Houthis ; compte tenu du background politique de Saleh al Sammad et surtout de sa capacité à nouer des alliances. Sur Twitter, l'analyste Peter Salisbury remarque que cette disparition "conforte la position des éléments les plus intransigeants et les plus militaristes" dans le camp houthi...    A vrai dire, en tuant Saleh al Sammad, la coalition emmenée par l'Arabie Saoudite s'est privé là d'un des seuls interlocuteurs d'une possible négociation de paix, laquelle apparaît de plus en plus compromise.

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