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Capture d'écran de tweets

L'affaire Benalla vue par les médias étrangers

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Quel regard porte la presse étrangère sur l'affaire Benalla ? Comment la presse américaine aborde-t-elle les tensions entre Washington et Téhéran ? Comment évolue la situation au Nicaragua ? Voici quelques unes des questions auxquelles nous répondons aujourd'hui.

Capture d'écran de tweets
Capture d'écran de tweets

Dans la presse étrangère, il y a un nom qui revient beaucoup. Ce nom personne ne le connaissait il y a une semaine. Et depuis quelques jours il est internationalement célèbre. Depuis qu'il est devenu celui d'une affaire. Vous avez bien sûr reconnu Alexandre Benalla.  

Pour le journaliste américain Adam Nossiter, dans le New York Times, le président français n'a pas eu conscience du séisme. L'évaluation écrit-il que M. Macron a faite de l'affaire Benalla était erronnée. Elle consume le Parlement, menace l'avenir de collaborateurs, et fait dérailler pour le moment le programme réformiste présidentiel. Le refus d'Emmanuel Macron de répondre aux questions des journalistes à ce sujet souligne ce style de gestion monarchique moqué par ses détracteurs. 

Dans le quotidien britannique The Independent, on peut lire depuis quelques heures cette opinion de Nabila Ramdani. Elle attaque le pouvoir français sur ce qu'elle décrit comme des incohérences. Elle met en opposition d'un côté le traitement détendu à l'égard des sbires (sous-entendu Alexandre Benalla et Vincent Crase) et de l'autre côté les mesures très sécuritaires prises par le gouvernement, mesures qu'elle qualifie de réactionnaires.  

L'affaire fait également réagir chez nos voisins espagnols. Le journal El País revient sur les auditions d'hier et notamment celle du ministre de l'Intérieur Gérard Collomb. Un ministre qui a affirmé par exemple qu'il pensait que Benalla était un policier. Attitude étonnante, relève la journaliste Silvia Ayuso qui poursuit en ces termes : soit Gérard Collomb, dont la démission est demandée, estime qu'il n'a plus rien à perdre, soit, comme le disent des membres de l'opposition, il y a un accord pour désigner à l'unanimité un bouc émissaire assez haut à l'Elysée

On reste en Espagne justement la presse évoque le nouveau leader de la droite espagnole. Il s'appelle Pablo Casado, il a été désigné ce week-end successeur de Mariano Rajoy à la tête du PP, le parti populaire. Dans El País, toujours, Natalia Junquera note tout d'abord qu'il a obtenu un plus grand triomphe que prévu 57, 2%.  Avant de faire son portrait celui d'un homme qui défend des politiques conservatrices sur "la vie et la famille". Sa victoire écrit-elle anticipe un déplacement vers la droite : il a proposé des mesures telles que le retour à la loi sur l'avortement de 1985, qui restreint l'avortement à des cas bien précis. Une autre de ses propositions est d'interdire les partis indépendantistes. Dans El Independiente, Pablo Casado est décrit comme un chef qui s'adresse davantage aux tripes qu'à la tête. Après 14 ans de Marianisme, il a donc été préféré un ton plus émotionnel. C'est ce qu'observe Marta Garcia Aller.  

En Europe toujours, la Grèce fait face à de violents incendies de forêts aux alentours d'Athènes : au moins 24 morts et plus de 150 blessés, dont onze graves, selon un bilan encore provisoire. La presse grecque se souvient avec angoisse de ce qui s'était passé il y a 11 ans qui a constitué un traumatisme. 84 personnes avaient alors perdu la vie.  Le cauchemar de 2007 les incendies mortels reviennent en Grèce. C'est ce que l'on peut lire en une du site Greek reporter, relayé notamment par Courrier International. On apprend ainsi que les incendies d'aujourd'hui et ceux de l'époque partagent de nombreuses caractéristiques. Les vents forts se combinent avec des matériaux inflammables, et cela entrave le travail des pompiers mobilisés. 

A la une de la presse également, la guerre des tweets entre les Etats-Unis et l'Iran. Le président américain et le ministre iranien des Affaires étrangères se menacent mutuellement sur Twitter, ils se conseillent l'un l'autre de faire attention. Depuis quelques jours, Washington hausse  le ton fermement face à Téhéran. Pourquoi cela ? Sur le site de la NPR (la radio publique américaine), Michele Kelemen l'analyse comme ceci. Les responsables de l'administration américaine semblent essayer d'encourager les Iraniens à s'élever contre le gouvernement d'Hassan Rohani. Mais est-ce que ce n'est pas un jeu dangereux et incohérent. Par exemple l'article relève que parmi les groupes qui prônent le renversement du gouvernement iranien il y a le MEK ou organisation des moudjahidines du peuple iranien qui a été inscrit sur la liste des terroristes américains jusqu'en 2012. Quelle alternative existe à Hassan Rouhani ? C'est la question que se pose également Tom Rogan dans le Washington Examiner. Que se passera-t-il si le bloc Rohani tombe et que les partisans d'une ligne plus dure, s'emparent de tous les éléments du pouvoir ? Cette possibilité pourrait exiger que les États-Unis recourent à la force. écrit-il avant de jouer les Cassandre. Une tempête est en train d'arriver conclut-il. 

Et on termine ce tour d'horizon par la presse colombienne. Avec le quotidien combien El Espectador qui publie une interview de Alvaro Leiva. Il est le secrétaire de l'Association du Nicaragua pour les droits de l'Homme. Et il évoque la situation actuelle de son pays, avec ces manifestations durement réprimées par le pouvoir de Daniel Ortega. Nous avons compté, dit-il, 351 morts depuis le début du mouvement le 18 avril. C'est la pire crise de l'histoire du Nicaragua. Daniel Ortega a la possibilité de faire ce que le peuple exige, à savoir démissionner, et ce, afin d'éviter d'autres effusions de sang. A la question Qu'attendez-vous de la communauté internationale ? Il répond. Nous attendons avec impatience votre solidarité et votre soutien inconditionnel.  De nouvelles manifestations sont annoncées aujourd'hui. Daniel Ortega a de nouveau déclaré qu'il irait jusqu'au bout de son mandat, en 2021. 

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