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Narendra Modi et François Hollande en janvier 2016 pour la signature du contrat de vente des 36 Rafale.

En Inde, François Hollande s'invite malgré lui dans l'affaire des Rafale

5 min
À retrouver dans l'émission

Les médias indiens citent Mediapart et François Hollande sur les soupçons de corruption qui visent le Premier ministre Modi en marge de l'achat d'avions Rafale. Aux Etats-Unis, le n°2 de la Justice, Rod Rosenstein, est sur la sellette. Au Brésil, une enquête révèle les dessous des cafés Starbucks.

Narendra Modi et François Hollande en janvier 2016 pour la signature du contrat de vente des 36 Rafale.
Narendra Modi et François Hollande en janvier 2016 pour la signature du contrat de vente des 36 Rafale. Crédits : MONEY SHARMA - AFP

Dans les médias indiens ces derniers jours on entend des noms qui pourraient sembler familiers à nos oreilles françaises. 

J'en veux pour preuve cet extrait de la chaîne India Today, reportage diffusé ce lundi : 

 Interview d'Edwy Plenel sur la chaîne indienne India Today
Interview d'Edwy Plenel sur la chaîne indienne India Today Crédits : (capture d'écran)

La journaliste nous annonce donc qu'elle se trouve à Paris, dans les bureaux de Mediapart, avec Edwy Plenel, suite à son interview de François Hollande à propos de la vente d'avions de combat Rafale à l'Inde en 2016. Tout cela vous rappelle sans doute quelque chose : nous évoquions déjà jeudi dernier ces accusations de corruption contre le Premier ministre Indien Narendra Modi.  

En pleine campagne électorale, le dossier menace de plus en plus clairement le chef du parti au pouvoir, le BJP, et Mediapart, donc, a conforté ses accusateurs en citant nul autre que François Hollande. Au cœur de cette affaire, nous rappelle ce matin le Free Press Journal, il y a la société indienne Reliance, dirigée par Anil Ambani, un proche de Narendra Modi, qui a été préférée, au dernier moment, à l'entreprise aéronautique publique HAL pour construite les fameux avions. 

Dans le Times of India, le chef du parti d'opposition du Congrès, Rahul Ghandi, revient sur ces derniers développements en provenance de France :

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Selon Ghandi, "ce que Hollande a dit à Médiapart, c'est que c'est le gouvernement indien qui avait proposé Reliance comme unique interlocuteur pour négocier. La France n'a pas eu le choix que d'accepter l'intermédiaire imposé par l'Inde. Ce qu'il dit donc, c'est que notre Premier ministre est un voyou !" Et Rahul Ghandi d'appeler à la démission de Narendra Modi. 

Alors, India Today se demande si François Hollande ne chercherait pas à "se dédouaner" de toute responsabilité dans cette affaire, alors qu'il "avait la possibilité de contester la décision indienne, en tant qu'actionnaire public de Dassault". L'ex-président français chercherait-il aussi à faire oublier ces autres révélations de Mediapart, selon lesquelles l'homme d'affaires Anil Ambadi a également, quelques jours avant la signature du contrat, décidé de financer à hauteur d'1,6 Millions d'euros un film produit par Julie Gayet ?     

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Le National Herald, en tous cas, remarque que ce dossier des 36 Rafale indiens "coche toutes les cases du parfait schéma de corruption dans le cadre d'une vente d'arme". Voilà qui devrait trouver un écho, nous dit le journal de Lucknow, en Afrique du Sud, où le chef du gouvernement Jacob Zuma a du quitter le pouvoir, lui aussi, accusé d'avoir touché des pots-de-vin en marge de  d'armes françaises à Thalès.

A New-York, Donald TRump s'exprimera ce soir à la tribune de l'Assemblée Générale des Nations unies, mais à en croire les journaux américains il aura d'autres soucis en tête. 

Difficile de se concentrer sur la diplomatie au moment où "la Maison Blanche est aux prises avec une double crise", résume le Washington Post qui cite les deux noms au cœur de la tourmente : celui de Brett Kavanaugh, d'abord, le juge conservateur nommé par Trump à la Cour Suprême mais accusé "d'inconduite sexuelle" par une ancienne camarade de lycée. L'accusatrice et le juge seront confrontés jeudi devant le Sénat, et l'effet de cette affaire est potentiellement dévastateur, pour l'image du président qui soutient coûte que coûte "son" magistrat.

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Mais l'autre affaire, à la Une également du New York Times, est celle qui concerne Rod Rosenstein : lui aussi est magistrat, il est même vice-ministre de la Justice, et à ce titre il dirige le procureur Mueller en charge de l'enquête russe qui implique directement, et dangereusement, Donald Trump. 

Vendredi, le Times a révélé que Rosenstein aurait, l'an dernier, caché sur lui un micro, pour enregistrer ses conversations avec le Président et pouvoir ainsi révéler de l'intérieur "le chaos" qui règne à la Maison Blanche. En fait, il confessait secrètement vouloir amasser des preuves qui permettrait d'invoquer le 25e amendement de la Constitution américaine, la hantise de Donald Trump, celui qui permet de révoquer un président jugé "inapte" à l'exercice ses pouvoirs. 

Une fois ces desseins révélés, nous dit le Washington Post, Rod Rosenstein s'attendait, toute la journée de lundi, à se faire renvoyer de la Maison Blanche. Mais au lieu de ça, il a eu le Président au téléphone, qui l'a convoqué dans son bureau jeudi, à son retour de l'Assemblée Générale de l'ONU. 

Ce sursis, accordé au n°2 de la Justice américaine a d'abord surpris tous les commentateurs politiques à Washington, et puis pas tant que ça, finalement : c'est Vanity Fair qui analyse pour nous la stratégie choisie par Donald Trump : garder Rosenstein au chaud, pour "l'atomiser publiquement"  jeudi, et faire diversion ainsi avec la confrontation, au Sénat de Brett Kavanaugh et de son accusatrice. 

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Enfin, la chaîne CNN se demande, que deviendra l'enquête russe quand Rosenstein quand Rosenstein aura été limogé ? Car le vice-ministre faisait jusque-là office de paratonnerre, encaissant les foudres présidentielles quand celui-ci accusait le procureur Mueller de mener une "chasse aux sorcières" contre lui. Le départ de Rosenstein pourrait aussi entraîner celui de Jeff Sessions, le ministre de la Justice, lui aussi régulièrement étrillé par l'irascible Président.  

Du Brésil aux Etats-Unis, une enquête qui pourrait nous passer le goût du café

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A lire sur le site d'investigation alternatif américain TruthOut : les dessous de ces labels, "équitable", "responsable", etc, que mettent en avant les grands vendeurs de cappucino et autres latte comme Starbucks. 

Cela se passe au Brésil, sur une plantation qui travaille pour le géant du café globalisé. Une descente d'inspecteurs du travail brésilien dernièrement a révélé des conditions de travail relevant franchement de l'esclavage, pour les ouvriers récoltants. Des journées de onze heures sans pause ; des cabanes insalubres et sans eau courante pour tout logement ; des dimanches et congés jamais payés ; des salaires concédés au lance-pierre, en fonction des quantités de café récolté. "Nous devions même payer pour être payés", raconte un travailleur qui explique que l'employeur leur facturait 20 dollars le trajet en bus jusqu'à la ville où ils devaient encaisser leur chèque. 

Le tout, donc, dissimulé sous ces labels que brandit Starbucks dans ses boutiques. La société américaine explique qu'elle n'est pas responsable, qu'elle s'est fait abuser par un sous-traitant malveillant. Mais le cas n'est pas isolé au Brésil, nous dit aussi TruthOut, qui a en fait traduit et publié l'enquête de la journaliste de l'agence Reporters Brasil Daniela Penha. C'est toute la procédure de certification et de contrôle qui est remise en cause dans le monde merveilleux du frappucino.

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