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George Pell condamné pour abus sexuels à Melbourne

George Pell, n°3 du Vatican, condamné pour abus sexuels

8 min
À retrouver dans l'émission

Après son discours critiqué sur les scandales pédophiles dans l'Eglise, le pape François est directement fragilisé par la condamnation de l'australien George Pell. Le chef de la diplomatie iranienne Javad Zarif démissionne. La télé russe détaille une possible crise des missiles avec les Etats-Unis.

George Pell condamné pour abus sexuels à Melbourne
George Pell condamné pour abus sexuels à Melbourne Crédits : Asanka Brendon Ratnayake - AFP

Un hasard du calendrier judiciaire australien replonge le Pape François au plus profond des scandales de pédophilie dans l'Eglise.  Jamais "l'abomination", selon les propres mots du pape, n'avait éclaboussé un dignitaire si haut placé dans la hiérarchie vaticane : cette fois, nous dit le Corriere della Serra, c'est le N°3, le trésorier du Vatican, le cardinal australien George Pell, qui est condamné, reconnu coupable d'abus sexuel sur deux enfants de chœur, à la Cathédrale de Melbourne dans les années 90. A 77 ans, il risque une peine de 50 années de prison, l'audience qui fixera cette peine débute mercredi à Melbourne.

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Jusqu'à tout récemment, George Pell était l'un des plus proches conseillers du pape François. Les fins connaisseurs des coulisses vaticanes, comme le Corriere della Serra, avaient bien noté, mi-décembre, qu'il avait été exclu du C9, le premier cercle : c'était bien à cause de cette condamnation, prononcée en Australie le 11 décembre, mais à l'époque on ne pouvait pas le dire.   

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C'est ABC News (le média australien qui a fait éclater le scandale) qui nous explique pourquoi la condamnation n'a pas été révélée dès le 11 décembre : en fait, George Pell était poursuivi dans deux procès distincts pour pédophilie ; le premier avait donc été jugé, et le prélat condamné, en décembre, mais la Justice australienne avait interdit de communiquer sur cette condamnation tant que la deuxième affaire ne serait pas jugée. Elle s'est achevée lundi avec un non-lieu ; dès lors la première condamnation pouvait être rendue publique, et depuis donc, elle secoue toute l'Eglise catholique.

Dans The Guardian, la spécialiste des questions religieuses Harriet Sherwood, n'y va pas de main morte pour décrire une Eglise "imperméable au changement" malgré les grands discours, le "plus jamais ça", les "remords" exprimés par le Pape il y a deux jours encore.  "D'autres horreurs sont à venir", prévient Sherwood, qui nous explique comment la condamnation de George Pell, à retardement, met à sac toute l'opération de reconquête de l'opinion internationale lancée la semaine dernière par François. Les "abominations pédophiles", cette fois, concernent son plus proche entourage, et le fait que Pell ait été maintenu dans ses fonctions même après sa condamnation en décembre semble inexcusable.  

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"L'ironie, écrit Tom Wright dans le quotidien The Age de Melbourne, atteint son comble quand on sait que le cardinal Pell, à la fin des années 90, (au moment même où il commettait les crimes pour lesquels il vient d'être condamné), s'était fait connaître des Australiens en portant le premier une vraie réponse publique", une promesse, déjà, de nettoyer les écuries d'Augias, face aux premières accusations de pédophilie qui frappaient son clergé.

Un autre homme puissant qui tombe, c'est le désormais ex-ministre des Affaires étrangères iranien Javad Zarif. 

Mohammad Javad Zarif était devenu, au fil des années dernières, le visage de la diplomatie iranienne  dans sa phase de réchauffement avec l'Occident : il avait incarné, côté iranien, les négociations de l'accord sur le programme nucléaire et la levée des sanctions internationales en 2015. 

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Mais hier, lira-t'on sur le site d'info moyen-oriental Al Monitor, Javad Zarif a annoncé sur son compte Instagram qu'il démissionne.  Annonce pour le moins inattendue et soudaine qui est intervenue, impossible de ne pas le noter, le jour même où le président syrien Bachar El Assad effectuait sa première visite à Téhéran depuis le début de la guerre en Syrie.  

Les photos officielles de la rencontre, de l'accolade entre Assad et l'ayatollah Khameneï, s'étalent en Une du Tehran Times ce matin, et jamais Javad Zarif n'y apparaît : cette absence, pour Al Monitor, illustre bien l'éviction de celui qui a porté la diplomatie iranienne pendant des années, et qui voyait ces dernières semaines son influence décliner inéluctablement. 

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Impossible, écrit The Middle East Eye, de connaître pour le moment les vraies raisons de cette disgrâce, tant le système politique iranien est complexe et opaque. Mais sur le plan international, Zarif est assurément victime du volte-face de la politique américaine en Iran : après que Donald Trump a balayé l'accord de 2015 et rétabli les sanctions contre Téhéran, le diplomate, comme principal artisan de cet accord, a été vertement critiqué quand les Iraniens se sont rendus compte que l'embellie économique qu'on leur avait promis ne viendrait pas. 

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Quoi qu'il en soit, qu'on lise ce matin Haaretz en Israël ou bien le Washington Post, on comprend vite que l'éviction de Zarif est une mauvaise nouvelle pour l'Iran et le Monde :  le signe d'une perte d'influence des modérés dont il était proche, au profit des plus conservateurs partisans d'un durcissement diplomatique face à l'Occident.  

Car Zarif, écrit Jason Rezaian dans le Washington Post, avait beau être "hypocrite, condescendant et exceller dans le double langage", il incarnait un "canal de communication efficace entre l'Iran et l'Amérique", lui qui avait fait ses études dans les universités américaines et une bonne partie de sa carrière diplomatique à l'ONU à New-York. "Ce qui est préoccupant avec son départ, conclut donc Rezaian, c'est le silence qui va s'installer entre eux et nous".

Si vous avez regardé la télévision publique russe dimanche soir, vous n'ignorez plus rien du scénario de la prochaine apocalyspe nucléaire.  

On essaye de garder la tête froide mais ce n'est pas évident, c'est vrai, pour ces millions de téléspectateurs russes qui étaient il y a deux jours devant l'émission-phare de la chaîne publique Rossiya24, présentée par le très célèbre et très poutinien  Dmitri Kiseliov: 

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Par zèle journalistique, dirons-nous, il s'est 'amusé' à pointer, sur une carte des Etats-Unis, tous les centre de décisions américains qui pourraient être frappés par les futurs missiles hypersoniques Zircon qu'a présenté jeudi dernier Vladimir Poutine.  Le Pentagone, la résidence présidentielle de Camp David, des bases militaires, sont donc pointées en tant que lieux névralgiques de la dissuasion nucléaire US.

Et voilà donc une mise en scène très visuelle des menaces exprimées à demi-mot par Poutine, qui fait beaucoup réagir les médias aux Etats-Unis mais aussi en Russie.  Même le sérieux quotidien Gazeta relaye les calculs de Kiseliov et de son équipe selon qui le Kremlin peut pulvériser le Pentagone "en 1 minute et 20 secondes".  

"Aucun centre de décision ne sera à l'abri du feu russe", déclarait aussi l'émission de Rossiya24, mais le site d'info Meduza, lui, pointe les nombreuses inexactitudes de ce qu'il n'hésite pas à qualifier de propagande.  Car plusieurs des sites militaires américains présentés comme des cibles de choix sont en fait des bases fermées pour certaines depuis près de 20 ans : les renseignements russes, comme les méthodes du journaliste Kiseliov, s'amuse Meduza, semblent dater de l'époque de la guerre froide. 

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Plus largement, il y a eu tellement de critiques sur les réseaux sociaux russes, contre les erreurs grossières contenues par le reportage diffusé dimanche, que le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a du se désolidariser de Kiseliov. Mais le message, lui, est bien passé : la possibilité d'une nouvelle crise des missiles comme celle de Cuba en 1962 est installée dans l'esprit des téléspectateurs russes ; les Américains, eux  sont prévenus, au cas où ils voudraient déployer leurs propres fusées chez leurs partenaires européens, Roumanie, Pologne ou Géorgie.

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