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La chancelière allemande Angela Merkel (CDU) et son ministre des Affaires étrangères Horst Seehofer (CSU)

Quand la presse voit tout en noir

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Pourtant, selon le sondage Forsa, En Allemagne, les trois quarts des électeurs bavarois ne pensent pas que l'immigration est le dossier le plus important dont les autorités doivent se charger. Et pourtant, cela pourrait conduire à un éclatement de la coalition au pouvoir depuis seulement trois mois.

La chancelière allemande Angela Merkel (CDU) et son ministre des Affaires étrangères Horst Seehofer (CSU)
La chancelière allemande Angela Merkel (CDU) et son ministre des Affaires étrangères Horst Seehofer (CSU) Crédits : KAY NIETFELD / DPA - AFP

En Allemagne le pays serait-il dirigé par un trou noir ? Selon la SÜDDEUTSCHE ZEITUNG, le bilan des cent premiers jours de la chancelière pourrait, à la rigueur, être estampillé passable, si toutefois la guerre déclarée par l'aile bavaroise des conservateurs ne venait pas tout obscurcir. De sorte qu’un «trou noir», comme l'appelle le journal, rend désormais toute action de la part du gouvernement invisible. En cause, cette querelle autour de la politique migratoire. 

Sauf qu'à en croire un sondage FORSA publié hier, il apparaît que cette querelle n'en est pas une véritablement, puisque 66% des sondés jugent qu'il y a des choses plus importantes aujourd'hui à régler que la question des réfugiés. Mais plus encore, il ressort que la tactique adoptée par la CSU, en durcissant son discours sur l'immigration pour tenter de prévenir la fuite d'une partie de son électorat vers l'extrême-droite, s'avère infructueuse. Dans les intentions de vote pour les élections régionales en Bavière à l'automne prochain, la CSU n'est plus créditée, en effet, que de 40% des suffrages, soit son pire résultat depuis que le parti existe. Quand le RHEINISCHE POST titre ce matin : la dureté vis à vis de la politique d'asile ne paie pas, son confrère DER TAGESSPIEGEL estime que cette manœuvre politicienne pourrait même, à terme, se révéler dangereuse pour la CSU. Toujours selon ce sondage, le ministre-président de Bavière et patron de la CSU, Markus Söder, ne serait plus crédité que de 38% d'opinion favorable, là où la satisfaction à l'égard de la politique de la chancelière Angela Merkel atteint les 43%.

Direction la Grande-Bretagne, à présent, où les manœuvres politiques, là encore, ne trompent personne. Hier soir, à l'issue d'un âpre débat, les députés britanniques ont approuvé la construction d'une troisième piste à l'aéroport londonien d'Heathrow.  Et pour cause, puisque le gouvernement avait imposé aux députés du Parti conservateur, profondément divisé sur la question, de soutenir le projet. Une consigne controversé qui avait, d'ailleurs, entraîné jeudi dernier la démission du secrétaire d'Etat au Commerce international. Et toute la presse britannique, ce matin, de moquer le ministre des Affaires étrangères Boris Johnson, opposant historique au projet et qui, sans doute pour éviter de broyer du noir, a brillé par son absence grâce à un déplacement en Afghanistan effectué avec l'assentiment de Theresa May. 

Et voilà comment THE INDEPENDENT ironise à sa Une, ce matin, avec ce jeu de mot : «Air Farce one». De son côté, THE FINANCIAL TIMES raille, lui aussi, le ministre qui en s'envolant pour Kaboul à préférer, dit-il, éviter les turbulences au-dessus d'Heathrow. Enfin quand THE DAILY TELEGRAPH juge Johnson «ridicule», THE GUARDIAN rapporte, lui, en première page  les cris qui ont fusé, hier, au cours des débats à la Chambre des Communes : «Où est Boris ?»

Le fabricant emblématique de motos made in USA «Harley Davidson», première victime des affrontements commerciaux entre Washington et Bruxelles. Hier, le constructeur a annoncé son intention de délocaliser une partie de sa production hors des Etats-Unis. Pourquoi ? Selon le fabricant de motos, les contre-mesures tarifaires mises en place par Bruxelles, pour contrer la décision de l'administration Trump d'imposer des prélèvements sur les importations d'acier et d'aluminium en provenance de l'UE, auront un impact financier de 100 millions de dollars par an. Et pour ne pas répercuter l'augmentation des droits de douane sur ses clients (au risque de faire plonger ses ventes européennes et de menacer la viabilité des concessionnaires), Harley Davidson préfère déplacer une partie de sa production destinée au marché européen. 

Donald Trump a aussitôt réagi dans un tweet en se disant «surpris» que, «de toutes les compagnies américaines», Harley-Davidson soit «la première à agiter le drapeau blanc».  D'où le titre de cet article à lire, ce matin, sur le site du journal INVESTOR'S BUSINESS DAILY : Quand Harley-Davidson donne son premier œil au beurre noir à la politique commerciale conflictuelle du président Donald Trump.

Enfin direction la Suisse, désormais, où un aigle noir fait polémique. L'affaire remonte à vendredi dernier, à l'occasion du match de pool entre la Suisse et la Serbie lors de la coupe du monde football. Parmi les nombreux incidents qui ont ponctué la rencontre, un étrange signe de la main réalisé par deux joueurs helvétiques pour célébrer leurs buts : deux mains dont les pouces se croisent pour esquisser la silhouette d’un aigle. Cet aigle bicéphale, précise LE TEMPS, symbolise l'oppression des Albanais par les Serbes. Un geste, notamment, répété des milliers de fois par les Albanais du Kosovo à l’époque yougoslave, lorsqu'il était interdit de brandir le drapeau de l’Albanie voisine (une bannière rouge frappée d’un aigle noir bicéphale). 

Quel rapport avec la confédération helvétique ? Pour bien comprendre les enjeux, le site croate TPORTAL repéré par le Courrier International rappelle que les joueurs originaires des Balkans dominent aujourd'hui dans l’équipe nationale suisse. Ils sont au nombre de six. Et c’est cette forte présence de joueurs aux racines balkaniques (en particuliers kosovares) dans l’effectif suisse qui explique les tensions qui ont plombé le match contre la Serbie.

Toujours est-il que cette affaire a déchaîné les passions. Beaucoup ont fait le procès en «suissitude» des deux buteurs, mettant en doute leur identité suisse après ce geste litigieux. Etait-ce là un message politique assumé, prémédité et belliqueux ? Non, a tranché hier la FIFA. La commission de discipline n’a pas ouvert la boîte de Pandore. Les deux joueurs ont seulement écopé d’une amende et d’un avertissement. Ou dit autrement, résume LE COURRIER, pas de suspension mais une simple tape sur les doigts. Et c'est ainsi, précise à son tour LA TRIBUNE DE GENEVE,que la Suisse pourra affronter demain, au grand complet, le Costa Rica avec une place pour les 8èmes de finale dans le viseur. 

Par Thomas CLUZEL

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