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Portraits muraux du roi Salman et de son fils le prince héritier qui viennent de commander un vaste remaniement, essentiellement militaire

Valse des généraux en Arabie Saoudite

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À retrouver dans l'émission

En Arabie Saoudite spectaculaire remaniement de ministres et surtout de chefs militaires ; Aux Etats-Unis Donald Trump s'en prend aux policiers de Floride ; et en Europe c'est le meurtre du journaliste d'investigation Jan Kuciak qui retiennent l'intérêt des médias

Portraits muraux du roi Salman et de son fils le prince héritier qui viennent de commander un vaste remaniement, essentiellement militaire
Portraits muraux du roi Salman et de son fils le prince héritier qui viennent de commander un vaste remaniement, essentiellement militaire Crédits : FAYEZ NURELDINE - AFP

Un remaniement particulièrement large a été annoncé tard hier soir en Arabie Saoudite : pas moins d'une trentaine de personnes, ministres, gouverneurs ou conseillers au plus haut niveau, civil et militaires ont été, soit démis de leurs fonction soit promus par décret royal énumère la Saudi Gazette. Parmi les promus on remarque la présence d'une femme au sein de la nouvelle équipe gouvernementale : le Dr. Tamader Bint Yousef Al-Rammah qui devient vice-ministre du travail et du développement social.

Mais c'est chez les militaires saoudiens que le coup de torchon est le plus violent. Le chef d'Etat major des armées, celui de l'armée de terre, de l'armée de l'air ont tous été remplacés cette nuit et ce sur proposition du prince héritier Mohamed Bin Salman, le fils du roi qui tient également le portefeuille de la défense. Sur la chaîne d'Etat Saoudienne, l'analyste Ahmed Al Towayan remarque que le remaniement permet d'apporter du sang frais au gouvernement ainsi que de promouvoir quelques jeunes commandants aux postes militaires les plus élevés. Mais sur la chaîne américaine CNBC, en revanche, plusieurs analystes expliquent le remaniement militaire de part "la frustration de Ryad face au peu d'avancées de la campagne saoudienne au Yemen, conduite depuis trois ans contre les Houthis soutenus par l'Iran et dont le prince héritier est considéré comme le principal artisan".  Une campagne qui  "jusqu'à présent est un échec" remarque le rédacteur en chef des affaires arabes de la BBC Sebastian Usher, un échec nanti de "conséquences humanitaires désastreuses pour le Yemen et qui a aussi vidé les coffres de l'Arabie Saoudite en pleine période d'austérité". Reste à savoir si un simple remaniement de chefs militaire - aussi large soit-il - permettra de renverser la vapeur et de reprendre l'avantage sur le terrain...     

Aux Etats-Unis Donald Trump s'en prend aux policiers qui sont - ou plutôt qui ne sont pas - intervenus lors du massacre de l'école de Parkland en Floride il y a deux semaines...  Dans un débat avec les gouverneurs, invités à la Maison Blanche et retransmis à la télévision hier, Donald Trump a poursuivi ses attaques verbales contre les adjoints du shérif du comté de Broward qui ne sont pas intervenus dans l'école alors que les tirs se poursuivaient, qualifiant la conduite de ces adjoints de "honteuse" et "répugnante". Le chef de l'Etat américain est même allé plus loin, expliquant qu'"à la place des adjoints, il se se serait lui même précipité dans l'école pour venir en aide aux élèves, et ce même s'il n'était pas armé" note le New York Times qui fait de cette bravade trumpienne son principal titre de Une. L'un des adjoints du shérif, mis en cause pour n'être pas intervenu dans l'école, et démissionnaire, s'est défendu hier  de toute "lâcheté" (c'est le terme utilisé à son endroit par Donald Trump) rapporte aussi la BBC ; l'ex policier expliquant qu'il n'était pas entré dans l'école tout simplement parce qu'il croyait que les coups de feu provenaient de l'extérieur du bâtiment.

Le rôle du bureau du shérif du comté est de toutes manières devenu sujet de polémique, note pour sa part The Washington Post, tout simplement parce que de multiples signalements lui avaient été fourni quant au tireur de Parkland, avant le massacre ; comme quoi l'adolescent était déséquilibré, qu'il était armé et qu'il représentait un risque certain pour les établissements scolaires, or ni le bureau du Shériff, ni le FBI ne sont intervenus sur la base de ces signalements.   

Enfin, en Europe, c'est l'assassinat du journaliste d'investigation Jan Kuciak en Slovaquie qui agite les éditorialistes. Les corps du journaliste, âgé de 27 ans, et de sa compagne ont été découverts dimanche dans leur appartement de Velka Maca près de la capitale slovaque Bratislava, tués par balle et les premiers éléments de l'enquête indiquent bien qu'il s'agit d'un meurtre prémédité qui pourrait être lié à son activité de journaliste d'investigation, relève la Deutsche Welle. Jan Kuciak qui travaillait pour le portail d'information Aktuality.sk, propriété du groupe  helvético-allemand Ringier-Springer, s'était spécialisé dans les enquêtes touchant de près les oligarques liés à certains membres du gouvernement, notamment le ministre de l'intérieur Robert Kalinak, note la correspondante à Bratislava du New York Times et ses articles les plus récents s'étaient concentrés sur un oligarque en particulier Marian Kocner... qui avait d'ailleurs publiquement menacé le journaliste. "En septembre Jan Kuciak avait d'ailleurs porté plainte contre cet homme d'affaire qui l'avait menacé", relève pour sa part le principal quotidien de Bratislava Dennik SME et le journaliste "se lamentait sur sa page Facebook que l'enquête n'avait toujours pas commencé cinq mois après son dépôt de plainte", relève encore le journal.

Cet assassinat en rappelle un autre, remarque pour sa part la lettre The Brief du site européen Euractiv.com  ; Celui de la journaliste d'investigation maltaise Daphne Caruana Galizia il y a quatre mois, tuée dans l'explosion d'une bombe dans sa voiture. Galizia était l'unique journaliste maltaise a avoir travaillé sur le scandale des Panama Papers et c'est elle qui avait "sorti" les noms de plusieurs ministres détenteurs de comptes offshore basé au Panama... "Tous les deux, Caruana Galizia et Jan Kuciak enquêtaient autour de la collusion entre les hommes politiques au plus haut niveau et le Big Business", remarque encore The Brief ; "tous les deux avaient reçu des menaces... Et tous les deux ont été réduit au silence par des assassinats spectaculaires qui ont pour but également d'envoyer un message simple : ne vous en prenez pas à la mafia... Bien sûr il est inacceptable qu'un journaliste soit tué pour avoir fait son métier ; bien sûr des enquêtes sur ces meurtres sont nécessaires". Mais surtout, poursuit la lettre en ligne, " le meurtre de ces journalistes prouve que certains pays européens sont véritablement gangrenés par la mafia. Et il serait peut-être temps de se poser la question de savoir si cette mafia n'est pas devenue une menace systémique en Europe".

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