LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Vladimir Poutine et Petro Porochenko critiqués d'une même voix lors d'une manifestation à Kiev en mars 2018

Confrontation entre Russie et Ukraine : le moment choisi

6 min
À retrouver dans l'émission

Les éditorialistes s'interrogent sur le timing du coup de chaud militaire en Mer d'Azov entre Moscou et Kiev. La première tournée diplomatique du prince saoudien MBS enchaîne les polémiques sur son infréquentabilité. Débat sur le culte voué par les démocrates américains à "Notorious RBG".

Vladimir Poutine et Petro Porochenko critiqués d'une même voix lors d'une manifestation à Kiev en mars 2018
Vladimir Poutine et Petro Porochenko critiqués d'une même voix lors d'une manifestation à Kiev en mars 2018 Crédits : Genya SAVILOV - AFP

Retour sur l'affrontement militaire entre la Russie et l'Ukraine en Mer d'Azov. Les éditorialistes tentent d'expliquer pourquoi ce regain de tension est arrivé précisément ce dimanche.  

Ce qui est sûr, à lire la presse russe comme occidentale, c'est que cette confrontation dans le détroit de Kertch, par sa nature, n'a surpris personne. Dans les pages "opinion" du Washington Post, Anne Applebaum le dit clairement :  on se doutaitt que la Russie allait un jour remettre un coup de pression sur les Ukrainiens, mais pourquoi maintenant? 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

A bien y regarder, le moment semble choisi, analyse Applebaum : les Ukrainiens se préparent à démarrer une campagne présidentielle, dans laquelle le chef de l'Etat Petro Porochenko va entrer très affaibli ; les Occidentaux, eux ont d'autres sujets de préoccupation, entre la Grande-Bretagne et l'UE empêtrées dans le désastreux Brexit et l'administration Trump en plein passage à vide. L'échec patent de la réunion du Conseil de Sécurité de l'ONU hier soir illustre bien le fait que le Kremlin n'a rien à craindre de ce côté-là. 

Mais pour l'éditorialiste du Washington Post, le coup de chaud à Kertch est aussi un message adressé à la population russe : on la sait ces derniers mois réticentes, vis-à-vis de Vladimir Poutine et de sa réforme des retraites, l'impopularité du président grimpe avec la déception de ne pas voir arriver la reprise économique. Rien de tel,  pour oublier tout ça, qu'une petite "escapade militaire" contre l'Ukraine.  

Et l'on ne lira pas autre chose sur le site d'info russe indépendant Republic.ru : d'abord à travers cette interview passionnante de la psycho-sociologue Anastasia Nikolskaya qui a étudié les "changements de fond", à l'oeuvre dans le rapport collectif des citoyens russes à la politique. "La romance entre le peuple et le gouvernement s'est brisée, à présent tout le monde cherche vers qui se tourner"résume Republic.ru qui enfonce le clou avec une analyse de la situation à Kertch signée du journaliste d'opposition Oleg Kashin.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

"Ce qui se passe en Mer d'Azov n'est pas une guerre", écrit-t-il : lui aussi renvoie le timing de l'affrontement de dimanche à de basses considérations politiques, russes et ukrainiennes.  Vladimir Poutine et Petro Poroshenko le savent bien, analyse Kashin, "la Mer d'Azov n'intéresse qu'eux, elle ne présente aucun enjeu international... alors comme dans les ruines de l'aéroport de Donestk, dans l'Est séparatiste de l'Ukraine, ils peuvent s'y empêtrer à loisir dans un conflit interminable, le monde continuera de regarder ailleurs".

La première tournée diplomatique du saoudien Mohamed Bin Salmane devait être l'occasion de donner une vraie stature internationale au prince héritier : elle menace de tourner au fiasco. 

Sur fond, bien sûr, d'affaire Jamal Khashoggi, le prince MBS enchaîne les pays visités et les polémiques déclenchées par sa présence. Ça a commencé le week-end dernier dans les tribunes grand prix de Formule 1 d'Abou Dhabi : l'héritier de la couronne saoudienne a été pris en photo en train de saluer l'ex-roi d'Espagne Juan Carlos, et c'était parti pour la première polémique sur son infréquentabilité. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

La presse espagnole en parle encore trois jours plus tard, à l'image de La Razon de Madrid qui cite les tentatives de déminage de la famille royale : "les salutations entre Bin Salmane et Juan Carlos furent purement protocolaires, sans aucune transcendance internationale". 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Là où la personne de MBS transcende vraiment les frontières, c'est bien sur le rejet qu'il suscite désormais : aujourd'hui, nous dit MondAfrique, c'est en Tunisie que le prince est attendu. Devancé, même, par les critiques du Syndicat des journalistes tunisiens, et de la société civile qui l'ont rebaptisé "Monsieur scie électrique", comme celle qui a permis à Istanbul de démembrer et de faire disparaître le corps du journaliste Jamal Khashoggi. 

La tournée de Mohamed Bin Salmane doit culminer avec sa participation au sommet du G20 en fin de semaine à Buenos Aires. Mais là aussi la consécration de sa stature diplomatique pourrait être chahutée. On s'en convaincra en lisant The Guardian, à Londres, aussi bien que Clarin, en Argentine : tous deux signalent cette procédure lancée lundi par l'ONG Human Rights Watch auprès d'un juge argentin, pour faire inculper MBS de "crimes de guerre et tortures" à son arrivée à Buenos Aires. La démarche a bien peu de chance d'aboutir, mais elle remet le jeune prince face à ses fantômes : celui de Jamal Khashoggi mais aussi ceux des dizaines de milliers de morts de la guerre au Yémen.

Aux Etats-Unis les démocrates saluent le retour à la Cour suprême de la juge Ruth Bader Ginsburg.  

Il faut dire qu'à 85 ans, RBG comme on la surnomme a fait une sacré frayeur à son camp : elle s'est cassée trois côtes après une mauvaise chute,  nous rappelle le site The Hill, mais elle a bien repris son siège à la Cour hier.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Car on ne plaisante pas avec la santé de Ruth Bader Ginsburg : si elle venait à décéder avant la fin du mandat de Donald Trump, ce dernier pourrait nommer un nouveau juge conservateur et faire basculer ainsi la majorité à la Cour suprême. De la vie de RBG dépendent donc, à croire le camp progressiste, les droits des minorités, des femmes, zet plus largement la Démocratie. Une sorte de rempart humain, chancelant mais toujours vaillant, face aux valeurs incarnées par Donald Trump. 

Et puis, par son histoire personnelle, par ses infatigables combats féministes, Ruth Bader Ginsburg est devenue un porte-étendard des droits civiques. Un documentaire de CNN sorti récemment la présentait comme une vraie rock-star, voire une super-héroïne.  

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

 "Notorious RBG" va aussi avoir à Noël sur grand écran son biopic, de son vivant, c'est assez exceptionnel. Et c'est justement ce culte de la personnalité démesuré, devenu fou, que tempère le site d'info marqué à gauche MotherJones. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Il est bien beau de vouloir voir la juge de 85 ans comme une icône inoxydable qui a déjà survécu à deux cancers... elle n'en reste pas moins une "simple mortelle", comme nous tous... capable d'erreurs : en particulier, nous dit MotherJones, quand elle a refusé de quitter ses fonctions de son plein gré en 2011 ou en 2016, quand Barack Obama pouvait encore choisir son remplaçant ou sa remplaçante. Le Panthéon démocrate y aurait peut-être perdu une "sainte" ultra-médiatique, mais ça aurait permis à l'Amérique de ne pas dépendre de la santé d'une vieille dame de 85 ans pour préserver son Etat de droit.

Chroniques
7H40
44 min
L'Invité(e) des Matins
Ukraine, Russie : va-t-on vers une nouvelle escalade militaire ?
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......