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La Justice américaine accuse le géant chinois Huawei d'espionnage industriel à grande échelle

6 min
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23 chefs d'accusations sont retenus contre Huawei, vaisseau amiral des télécoms chinois, accusé d'avoir volé des technologies américaines pour les livrer à l'Iran. L'ex-PDG de Starbucks Howard Schultz candidat à la présidentielle de 2020 aux Etats-Unis? La sécurité des musées russes en question.

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Logo Huawei (illustration) Crédits : Fred Dufour - AFP

Cette fois c'est sûr, les Etats-Unis ont bien déclaré la "guerre des télécoms" à la Chine.

Et c'est confirmé par le ministre de la Justice américain, Matthew Whitaker, qui dévoilait hier le dossier d'accusation contre la firme chinoise Huawei. 23 chefs d'inculpation en tout, qui sont détaillés par le site spécialisé C-Net : et l'on comprend tout de suite que ça va bien au-delà de ce que l'on savait déjà, sur le fait que le géant des télécoms chinois aurait contourné les sanctions américaines, pour faire affaire avec l'Iran. 

Huawei, plus gros fournisseur de matériel de télécommunication au monde, second fabricant mondial de smartphones, un "champion national" pour la Chine dont il tire toute l'économie à l'étranger, est donc accusé officiellement "de fraude financière, d'obstruction à la justice", mais surtout d'avoir volé quantité de secrets industriels à ses concurrents occidentaux : "de l'espionnage économique à très grande échelle".  

En 2012, accuse par exemple Matthew Whitaker cité par CBSNews, des ingénieurs de Huawei se seraient arrangés pour voler des informations sur un robot conçu par l'opérateur allemand T-Mobile pour tester ses téléphones portables. Les chinois voulaient construire un robot similaire, alors ils auraient sciemment violé le secret industriel, pris des photos du robot et auraient même dérobé une de ses pièces.  

C'est cette même histoire de robot qui retient l'attention du magazine spécialisé dans les nouvelles technologies Ars Technica parce qu'elle illustre le vol, au sens littéral du texte, de la technologie concurrente : "l'ingénieur chinois en cause aurait pénétré dans le laboratoire de T-Mobile, aurait tout simplement mis le bras articulé du robot dans le sac de son ordinateur portable, et serait reparti avec"... pour en livrer les secrets à Huawei qui se serait  empressé de les copier. 

Mais plus largement, nous explique Bloomberg, si les Américains veulent bannir Huawei de leur marché électronique, c'est par peur d'un espionnage encore plus grave : si les Chinois arrivaient à s'imposer sur la construction du réseau 5G aux Etats-Unis, ils pourraient potentiellement contrôler toutes les connections internet, les objets connectés, pourquoi pas aussi les caméras de vidéosurveillance qui fonctionnent pour la plupart grâce à des processeurs Huawei. Là, on ne parle plus d'espionnage industriel mais de surveillance à très grande échelle.

Voilà ce qui fait dire au Guardian ce matin, que "la suspicion n'en finit pas de monter chez les Occidentaux contre la Chine", et que "la guerre des télécoms ne fait que commencer".

Toujours aux Etats-Unis, la vie politique commence déjà à se polariser sur l'élection présidentielle de 2020.

C'est dans précisément 1 an 9 mois et 5 jours, mais déjà l'opposition à Donald Trump voit fleurir les candidatures. Une dizaine de postulants sont sur les rangs chez les Démocrates, et ils ne voient pas du tout  d'un bon œil le dernier concurrent en date: 

Ce challenger, c'est Howard Schultz, ancien PDG de la chaîne de cafés Starbucks démissionnaire il y a 7 mois, milliardaire et fier de l'être, nous dit le New York Times, car lui n'est pas un héritier comme Donald Trump : non, lui a conquis sa fortune en partant des milieux défavorisés où il à grandi. 

Howard Schultz, sur le papier, c'est donc une candidature à priori solide, pour faire obstacle à un second mandat de Trump. Mais ce qu'il dit depuis dimanche, c'est que s'il "réfléchit sérieusement" à se présenter, c'est hors du système bipartisan américain, sans passer par l'investiture démocrate, autrement dit comme candidat indépendant au centre.  Il dit vouloir représenter "l'Amérique des invisibles, la majorité silencieuse  oubliée par un système politique en échec, devenu fou à force de se diviser, Démocrates contre Républicains, sur des positions de plus en plus extrêmes". 

Howard Schultz, a dit à CBS dimanche dans sa première grande sortie médiatique, qu'il se donne "trois mois" pour réfléchir à sa candidature, pour tâter le terrain. Mais il n'aura peut-être pas besoin de tout ce temps, vu le déferlement de critiques qu'il essuie depuis deux jours : des dizaines d'élus Démocrates ou d'éditorialistes qui l'accusent de faire le jeu de Donald Trump. 

Voilà comment le formulait hier soir la chroniqueuse politique Ana Navarro, cette fois sur CNN :  

"Vous êtes libre de vous présenter en indépendant au centre, allez-y", lance-t'elle à Howard Schultz. "Si votre projet c'est de faire gagner TRump et derrière lui Poutine, alors oui, présentez-vous!"  

La critique est la même, sous la plume de Michelle Goldberg dans le New York Times, où l'idée d'une candidature Schultz est qualifiée "d'idiotie irresponsable". S'il se lance dans la course en solitaire, il affaiblira le candidat démocrate et renforcera Trump : "le risque est trop grand pour être pris", plaide Michelle Goldberg, qui rappelle que pour ces mêmes raisons, en 2016, l'ex-maire de New-York et lui aussi milliardaire Michael Bloomberg avait préféré renoncer à se présenter en indépendant entre Clinton et Trump. 

Vanity Fair cite d'ailleurs le conseil que Bloomberg donne à présent à Howard Schultz : "ta candidature c'est une horrible idée", écrit-il à l'ex-patron de starbucks.. ce que Vanity Fair sous-titre : "Howard, prend une chaise, respire... et shut the fuck up !", disons, "boucle-là", en bon français.   

L'actualité en Russie nous emmène au musée. 

Le plus célèbre à Moscou c'est la Galerie Tretiakov et il tient la Une, parce que dimanche soir un visiteur y a volé un tableau : les journaux moscovites ne se lassent pas de la vidéo de surveillance, où l'on voit le jeune homme regarder la peinture, la décrocher, et partir avec sous le bras, au beau milieu des autres visiteurs apparemment pas plus surpris que ça. 

Le voleur, nous dit le site d'info RBK, a réussi à sortir du musée, et à filer en voiture sans être inquiété. Et cette facilité déconcertante alimente depuis des dizaines de blagues sur les réseaux sociaux. 

Le tableau volé, c'est "un paysage de Crimée, la montagne Ai-Tengri", du peintre Arkhip Kouindji, estimé à minima à 160 000 euros. Le voleur, lui a finalement été arrêté lundi soir : c'est un homme de 31 ans, nous apprend la Gazeta, originaire lui-même de Crimée, ce qui ne manque pas d'amuser la radio américaine en langue russe Radio Svoboda, pour qui le tableau n'a peut-être "pas été volé, mais annexé" en référence à l'annexion de la péninsule ukrainienne de Crimée par la Russie il y a 4 ans. 

Plus prosaïquement, le voleur travaillait comme chauffeur pour une famille de riches moscovites ; c'est encore un peu maigre pour l'enquête, mais déjà les journaux évoquent, comme mobile,  le simple appât du gain, une dette à rembourser, ou bien une commande précise faite par un  collectionneur privé. 

Ce qui est sûr, conclut le média en ligne Lenta.ru, c'est que ça pose à nouveau la question de la sécurité des musées russes qui laisse franchement à désirer et permet à peu près tous les vols et trafics, même au grand jour. Le Kremlin, lui, refuse de généraliser ce qui s'est passé à la galerie Tretiakov, mais lance tout de même un grand audit sur le sujet. 

Chroniques

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