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Angela Merkel annonce son retrait progressif de la vie politique

La retraite annoncée d'Angela Merkel secoue l'échiquier politique allemand

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Angela Merkel, chancelière depuis 13 ans, ne briguera plus aucun mandat après 2021; L'annonce de son retrait bouscule les équilibres politiques allemands. Au Royaume-Uni le dernier budget avant le Brexit multiplie les cadeaux fiscaux. Tigres et rhinocéros livrés aux trafiquants en Chine?

Angela Merkel annonce son retrait progressif de la vie politique
Angela Merkel annonce son retrait progressif de la vie politique Crédits : Ralf Hirschberger - Maxppp

Cette fois la page est bien en train de se tourner en Allemagne : Angela Merkel ne se représentera pas à la présidence de son parti la CDU. 

Celle qui dirige l'Allemagne depuis 2005 renoncera aussi à la Chancellerie, ainsi qu'à toute responsabilité politique, à l'issue de son mandat en 2021. "Le pouvoir d'Angela Merkel arrive à son terme", titre donc ce matin le quotidien Bild.

Dans les kiosques d'outre-Rhin également, le Suddeutsche Zeitung estime que c'est "le bon moment pour se dire au revoir". Ces adieux, ils vont durer deux ans, puisque la chancelière reste à la tête de la "Grosse Coalition" dont les partis ont été "punis" par les électeurs, dimanche dernier dans le Land de Hesse. Mais pour le quotidien du Sud allemand, Merkel a réussi son début de sortie : "Sa crédibilité de dirigeante, depuis 13 ans au pouvoir, a toujours été légitimée par une série de succès, électoraux et politiques ; elle a su comprendre à temps que cette vague porteuse était derrière elle", que l'avenir ne lui amènerait qu'une succession de déconvenues. Elle a "la classe de se retirer sans combattre", sans s'accrocher à la Chancellerie salue le SudDeutsche Zeitung

Ainsi donc Angela Merkel n'est pas éternelle, et c'est tout le paysage politique allemand qui tremble : ça "fermente dur" dans les partis politiques, observe la radio publique la Deutsche Welle . Les équilibres tanguent, les ambitions se révèlent soudain au grand jour, comme si elles avaient été contenues pendant 18 ans sous l'étrange magistère exercé par la Chancelière. 

C'est particulièrement vrai, et c'est logique à en croire Der Taggespiegel, à la CDU, la formation de Merkel qu'elle a déjà prévu de restructurer de fond en comble avant d'en lâcher les rênes. Mais les tiraillements sont intenses également chez les socio-démocrates, le SPD :  faut-il rester dans la Coalition d'une Angela Merkel désormais en contrat à durée déterminée?  Faut-il se repositionner plus à gauche, ou au centre, selon si ce sont les plus droitiers qui remporteront ou non la guerre de succession à la CDU ?

Ajoutez à cela les Verts, qui se voient déjà propulsés aux avants-postes par leurs deux derniers succès électoraux... La période qui s'ouvre s'annonce donc très chaotique et passionnante semblent nous dire les journaux allemands ce matin.  Ça inspire tout de même à la la Frankfurter Allgemeine Zeitung ce titre en forme d'injonction aux politiques: "On se calme!", implore la FAZ qui s'y perd tant les lignes politiques se sont mises à bouger, un peu dans tous les sens il faut bien le dire, depuis le discours d'Angela Merkel. 

C'est assez rare pour être souligné : le projet de budget britannique pour l'an prochain séduit presque tous les journaux outre-Manche. 

Il faut dire qu'il a été taillé sur mesure pour ça  par le gouvernement de Theresa May : le dernier budget avant le Brexit, c'est un peu Noël avant l'heure, nous disent les quotidiens britanniques, en tous cas en cette veille d'Halloween, c'est "friandises à volonté" pour les contribuables, s'amuse le Sun. "No tricks... just treats", voilà ce qu'on lit en Une du Tabloïd.

Car le ministre des Finances Philip Hammond l'a redit hier en détaillant son budget : avec la fin de l'adhésion à l'Union Européenne, sonne aussi "la fin de l'austérité" budgétaire. 100 millions de livres, soit 112 millions d'euros sont donc déversés sur ce budget 2019 pour arriver à tenir l'équation promise par May : refinancer enfin une système de santé public indigent, à hauteur de 20 milliards par an, sans augmenter les impôts. 

Car l'objectif politique est clair, selon le Guardian : ce budget doit redonner le sourire aux Britanniques en plein marasme et surtout en pleine incertitude sur ce qui les attend en mars prochain avec le Brexit. "Un budget pour soutenir Theresa May" dans la tourmente, c'est donc un budget qui "va bénéficier à 32 millions de travailleurs", s'enthousiasme le Daily Express, ou quand "la redistribution prend des allures de foire aux bonus et aux primes fiscales" selon le Daily Telegraph.  

Dans cette ambiance de réveillon de Noël, on lira tout de même le Financial Times qui annonce des "nuages" dans ce ciel fiscal dégagé. S'il vise bien à séduire les euro-sceptiques pour qu'ils soutiennent le gouvernement dans la négociation d'un "soft brexit', le budget présenté hier ne survivra pas à un Brexit sans accord avec Bruxelles, Il devra alors être rediscuté et revoté au Parlement. Et à ce  moment-là, noe également le Guardian, il ne faut pas se faire d'illusion, l'heure ne sera plus du tout aux gels d'impôts et à la générosité pour les services publics.  

La Chine fait dans la demi-mesure en matière de protection des espèces animales menacées. 

Pékin s'attire les foudres des organisations de défense de la Nature, parce que la Chine vient de revenir sur une loi vieille d'un quart de siècle: l'interdiction totale d'utiliser des produits à base de corne de rhinocéros ou d'os de tigre. Deux espèces en voie de disparition... et auxquelles la médecine traditionnelle chinoise prête toute sorte de vertus pas du tout avérées scientifiquement. 

Et c'est justement, nous dit le South China Morning Post, au prétexte de favoriser la recherche médicale, que l'interdiction est partiellement levée : les laboratoires et les médecins agréés pourront à nouveau se procurer et vendre des poudres d'os de tigre ou de corne de rhinocéros, mais seulement, précise la nouvelle loi, "si ces produits proviennent d'animaux élevés en captivité ou morts de causes naturelles". 

Sur le papier il y a donc des garde-fous clairs, reconnait CNN qui s'est aussi penché sur le sujet : mais la chaîne américaine cite le WWF qui s'alarme justement du fait qu'on crée une exception contestable à l'interdiction existante.  "On brouille le message, on complique le travail de ceux qui sont chargés de contrôler le commerce illicite, et l'on favorise donc ces trafics, alimentés par le braconnage". 

Les défenseurs des animaux pointent enfin une autre exception introduite par Pékin, les "échanges culturels" : il est donc à nouveau autorisé d'offrir ou de léguer des défenses de rhinocéros ou des os de tigre... du moment que ce sont des antiquités.

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