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Matteo Renzi, leader démissionnaire du Parti Démocrate italien

Ça va, ça vient

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En Italie, deux options s’offrent au Mouvement Cinq Etoiles pour former un gouvernement : une alliance avec le Parti démocrate ou avec la Ligue d’extrême-droite. Ces deux formations ont, déjà, rejeté un tel scénario. La démission annoncée de Matteo Renzi changera-t-elle la donne ?

Matteo Renzi, leader démissionnaire du Parti Démocrate italien
Matteo Renzi, leader démissionnaire du Parti Démocrate italien Crédits : SILVIA LORE / NURPHOTO

En Italie, ainsi que le relève le Courrier International, la presse n’en finit plus de s'amuser du vrai faux départ de Matteo Renzi. Après avoir pris acte de sa défaite lors des législatives, le secrétaire du Parti démocrate a en effet annoncé sa démission, tout en précisant que celle-ci ne serait effective qu’après la formation d’un gouvernement : c’est-à-dire (vu la confusion générale) Dieu sait quand, commente la version en ligne transalpine du HUFFINGTON POST. En d'autres termes, Renzi démissionne mais, en attendant, il reste, note à son tour IL TEMPO. Et ça n'est pas tout car, bien que sur le départ, Renzi a tenu également à indiquer, malgré tout, la ligne à suivre à ses petits camarades : pas d'alliances (en particulier avec le grand vainqueur du scrutin, le Mouvement 5 étoiles). Et c'est ainsi qu'hier plusieurs ténors du Parti démocrate ont commencé à sérieusement s'agacer de l'attitude intransigeante de leur chef démissionnaire. Certes, il n'y a rien d'étrange, a priori, à ce qu’un leader veuille garder la main sur son parti. Mais alors, pourquoi annoncer sa démission ? Toujours est-il que nous avons affaire, là, à une double première mondiale, s'amuse à son tour LA REPUBBLICA : une démission postdatée mais sans date ; et ce cas inédit d’un leader défait aux élections, qui annonce sa démission, tout en définissant la ligne politique pour la législature à venir. Et le journal de Rome d'en conclure que si Renzi dit baisser le rideau il n'en conserve pas moins précieusement la clef dans sa poche.

Autre forme de va-et-vient, ce matin, celui que Michel Temer a engagé avec la justice de son pays. Le président brésilien se retrouve à nouveau dans le collimateur de la justice. Là encore, grande première nationale pour un président en exercice, un juge a récemment décidé de lever le secret bancaire de Michel Temer. Cette décision concerne, d'ailleurs, également des membres du premier cercle présidentiel, relève l'hebdomadaire VEJA, et s'inscrit toujours et encore dans la vaste procédure anti-corruption baptisée «Lava Jato» (lavage express). Quoi qu'il en soit, si Michel Temer a déjà réchappé de peu à deux mises en examen, grâce à un vote du Congrès (lequel avait décidé de maintenir son immunité présidentielle), ces dernières révélations pourraient bien lui valoir une énième mise en accusation. 

Aux Etats-Unis, à présent, là on ne sait plus trop comment qualifier cette forme de va-et-vient. Et pour cause, l’homme a été embauché, puis viré, puis réembauché, puis reviré par Donald Trump, avant même d’être poursuivi par le président des Etats-Unis et de se voir réclamer, à présent, la coquette somme de 10 millions de dollars, pour n’avoir pas respecté un accord de confidentialité. Cet homme, précise LA PRESSE de Montréal, c'est Sam Nunberg, un avocat new-yorkais, devenu conseiller en communication au sein de l’équipe de campagne de Trump en 2015 avant d’être définitivement écarté. Invité en ce début de semaine sur plusieurs plateaux de télévision, l'homme a d'abord laissé entendre que le candidat républicain aurait «peut-être fait quelque chose pendant l’élection avec les Russes», mais qu’il n’en était «pas sûr». Et puis après avoir déclaré qu’il rejetait la citation à comparaître que lui avait adressée Robert Mueller, il a finalement déclaré qu’il allait coopérer avec le procureur spécial, laissant ainsi planer le doute sur sa sobriété, commente THE NEW YORK TIMES. Le quotidien qui écrit : dans cette affaire, tout a commencé par une citation à comparaître, et tout s’est terminé par un débat pour savoir si l’homme visé par cette convocation était fin saoul sur les plateaux de télévision.

Quand les portes n'en finissent plus de claquer aux Etats-Unis. Hier, c'était au tour du principal conseiller économique de Trump, Gary Cohn, d'annoncer sa démission, après la décision très controversée du président américain de taxer les importations d'acier et d'aluminium. Et même si Donald Trump a aussitôt contesté dans un tweet l'idée d'un fonctionnement chaotique de la Maison Blanche, assurant que la cascade de départs au sein de son équipe n'était que le «fonctionnement normal», pour autant, note ce matin THE WALL STREET JOURNAL, cette démission est bel et bien un coup dur pour son administration, laquelle aura probablement beaucoup de mal à s'en remettre. Ne serait-ce que sur la question de savoir : qui, désormais, pour prendre le poste ? Difficile d'imaginer qu'en dehors de l'actuelle brigade des pom-pom girls protectionnistes du président, quelqu'un osera se porter volontaire pour supporter la décision autodestructrice du président. Quoi qu'il en soit et comme on pouvait s'y attendre, la nouvelle a aussitôt provoqué une véritable tempête de feu sur les marchés financiers, relève à nouveau le quotidien économique. Hier, d’Asie aux Etats-Unis, en passant par l’Europe, les bourses mondiales ont fait le yoyo. Et puis surtout, cette nouvelle secousse démontre à quel point la pression monte, aujourd'hui, autour de Donald Trump, prévient pour sa part LE TEMPS. Après avoir brandi le spectre d’une guerre commerciale qu’il entrevoyait, sans doute, fraîche et joyeuse, le voilà à présent sommé d'abandonner son plan, aussi bien par les partenaires commerciaux des Etats-Unis que par nombre de dirigeants républicains, à l'instar de Paul Ryan (le président du Congrès), lequel est lui-même monté aux barricades. Ou quand avec sa guerre commerciale, Trump se tire une balle dans le pied. 

Enfin s'agissant, cette fois-ci, de ballon rond mais aussi de passements de jambes, en Grande-Bretagne toute la presse tabloïd, à l'instar du DAILY EXPRESS et du DAILY STAR,  titre ce matin sur les menaces proférées, hier, par Boris Johnson. S'agissant de l'exposition à une substance toxique inconnue de l'ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille Ioulia (toujours hospitalisés dans un état critique), le chef de la diplomatie a promis une réaction ferme de Londres s'il s'avère qu'ils ont été empoisonnés et que la responsabilité d'un Etat est établie. Boris Johnson a, notamment, évoqué la Coupe du monde de foot, en juin prochain en Russie, jugeant «difficilement imaginable» une participation anglaise normale si la responsabilité de Moscou est avérée. Reste qu'aussitôt après une source gouvernementale a précisé que Londres pourrait, dans ce cas, réduire sa délégation officielle, sans toutefois annuler sa participation au Mondial. 

Par Thomas CLUZEL

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