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Aung San Suu Kyi le 19 juin 2018 à Naypyidaw, la capitale birmane, lors d'une cérémonie pour son 73e anniversaire

De la Birmanie à l'Argentine, des visages de femmes en une de la presse internationale

5 min
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Trente ans après une date clé en Birmanie, il y a le visage d'Aung San Suu Kyi. L'ancienne opposante qui a pris la tête du pays est aujourd'hui très critiquée. Et il y a ces femmes argentines et sud américaines qui attendent de savoir si le Sénat va voter un projet de loi historique sur l'IVG.

Aung San Suu Kyi le 19 juin 2018 à Naypyidaw, la capitale birmane, lors d'une cérémonie pour son 73e anniversaire
Aung San Suu Kyi le 19 juin 2018 à Naypyidaw, la capitale birmane, lors d'une cérémonie pour son 73e anniversaire Crédits : Thet Aung - AFP

Le visage d'Aung San Suu Kyi d'abord. Il y a 30 ans, la lauréate du prix Nobel de la paix devenait la figure du soulèvement en faveur de la démocratie en Birmanie, rappelle ce matin Deutsche Welle.

Ce 8 août 1988, 2 millions de personnes se soulèvent contre le régime. La junte réagit par une répression brutale : des dizaines de milliers de personnes sont arrêtées, dont Aung San Suu Kyi, aujourd'hui à la tête du pays. Mais son visage a bien changé.  "Grattez la surface", propose The Washington Post, et il devient vite évident que les promesses de la démocratie ont été trahies. Et la responsabilité en revient à Aung San Suu Kyi et à son parti. Le journal américain rappelle le génocide en cours contre la minorité Rohingya dans l’état Rakhine. "On aurait pu s'attendre à ce qu'un champion mondialement reconnu des droits de l'homme prône les droits des sans-pouvoirs et des exclus. Mais au lieu de cela, elle a choisi de refuser aux Rohingyas leur identité même en tant que peuple", assure le journaliste du Washington Post, pour qui les Rohingyas ne sont qu'une partie émergée de l'iceberg. L'armée s'est redéployée, avec le soutien d'Aung San Suu Kyi, pour mener une guerre ethnique complète contre d'autres minorités dans les régions frontalières du nord et du sud est. En d'autres termes, la Birmanie est toujours une dictature militaire. La démocratie était un beau rêve. Aujourd’hui, il n'est qu'un simple vernis par rapport à une réalité cauchemardesque.

Des femmes encore dans la presse internationale, qui se battent pour le droit à l'avortement. Carolina Morales, 24 ans, vit en Argentine. Elle témoigne sur le site internet de la chaîne américaine CNN. A 18 ans, quand elle apprend qu'elle est enceinte, elle prend un médicament pour arrêter sa grossesse et se tait pendant des années. "Il y a 6 ans, dans le pays, personne n'en parlait", raconte la jeune femme aujourd'hui membre du mouvement de défense des droits à l'avortement en Argentine. "Après tant d'années, nous portons le combat là où il devrait être : au Sénat. L'Etat devrait protéger et être responsable des femmes vulnérables." Le Sénat argentin doit voter aujourd'hui un projet de loi qui légaliserait l'avortement dans le pays à prédominance catholique, patrie du pape François. Mais l'opposition est grande et le résultat du vote incertain. Selon La Nacion, journal argentin, 37 des 72 députés ont fait savoir qu'ils voteraient non. 

Un combat qui fait écho en Irlande, autre pays catholique conservateur qui a légalisé l'avortement en mai. The Irish Times raconte ce matin qu'un groupe de 60 parlementaires irlandais de presque tous les partis politiques a signé une lettre pour demander aux sénateurs argentins de voter en faveur du projet de loi. "Ce texte est une question de vies ou de morts pour les femmes et les filles en Argentine", estime dans les colonnes du journal irlandais la directrice d'Amnesty international en Argentine. Mais une partie du défi qui reste à relever est l'influence de l'église sur les questions gouvernementales. "Et cette influence reste forte", explique le Time, hebdomadaire américain. En Argentine, où il est né, le pape a lancé une campagne féroce contre le projet de loi. L'évêque de Buenos Aires a déclaré aux médias locaux que "ce serait la première loi des temps démocratiques à permettre l'élimination d'un être humain par un autre".  En Argentine, les chiffres officiels du ministère de la Santé indiquent que 500 000 avortements illégaux ou clandestins sont pratiqués chaque année. L'Amérique latine rappelle le Huffington Post Brésil est la deuxième région la plus dangereuse au monde pour mettre fin à une grossesse, après l'Afrique. Seuls 4 pays autorisent l'avortement, qu'elle qu'en soit la raison. Mais les choses changent, assure le journaliste du Time, citant des militants. "L'Argentine est entrée dans une nouvelle ère et même si cela ne passe pas, les progrès réalisés sont déjà une victoire". Et beaucoup espèrent un effet d'entraînement dans la région : au Chili, en Colombie, au Costa Rica, au Brésil qui va débattre du sujet vendredi et lundi. "Cette vague verte en Argentine nous pousse à défendre nos droits", assure Giovanna Gomez, une étudiante mexicaine de 18 ans. "C'est important parce que la plupart des gens ici ne parlent pas de sujets liés au sexe ou à la santé reproductive. C'est toujours considéré comme un tabou que vous ne pouvez pas toucher."  

Les femmes, les tabous, justement, la BBC nous parle ce matin des règles féminines. Dans les pages scientifiques de son site internet, la radio anglaise évoque les effets du cycle menstruel sur le cerveau des femmes et ses capacités. Des études ont montré que juste après les règles la prise de conscience de l'espace est augmentée. Trois semaines après, l'imagination, la perception, la mémoire sont dopées. Et le cerveau devient plus gros à certains moments. Alors, que se passe-t-il ? Un effet des hormones, explique la BBC, qui contrairement à ce que l'on pense fréquemment n'est pas que négatif et permet aussi de comprendre les différences homme-femme. Les femmes plus empathiques qui parlent plus tôt et sont plus à l'aise avec le langage. Un reste aussi d'évolution d'il y a quelques milliers d'années. Les mères avaient besoin de communiquer des informations vitales à leur enfant plus souvent, comme ne pas manger telle ou telle plante toxique par exemple. Et les études ont montré que les hormones étaient impliquées dans ces évolutions. Le cycle influence le cerveau des femmes et donc parfois pour le mieux.

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