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En Belgique, choc au sommet (de l'OTAN) et lendemain de défaite en football

5 min
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Outre Quiévrain domine la déception bien sûr, au lendemain de la défaite en demi finale de la coupe du monde de football face à la France, déception donc, amertume, mais aussi fierté...

"Les diables rouges ont peut être perdu face à la France mais leur prestation générale pendant cette coupe du monde est saluée par la presse internationale, les journaux français en tête", se félicite ainsi Le Soir. 

La Libre Belgique donne rendez-vous aux Diables dans 4 ans, c'est le titre de son éditorial quand le quotidien sportif belge la Dernière Heure regrette : "Face à une France très bien organisée, les Belges n'ont pas su trouver la faille." Et d'épingler cette France qui a brisé le rêve de la Belgique, ces "cyniques Français". Une équipe souvent présentée dans les colonnes de la presse belge comme ayant pratiqué de l'anti football. "On n'a pas assisté à une rencontre flamboyante, écrit ainsi Le Soir. On a eu droit à un match tactique, fermé, cloisonné par une formation hexagonale pas forcément chatoyante mais très impressionnante d’organisation, de maîtrise et d’efficacité. Une équipe de France plus que jamais à l’image de son entraîneur, Didier Deschamps. L’homme qui a créé un collectif prêt à mettre le talent individuel au service de l’intérêt général et de la roublardise." 

Amer le capitaine Eden Hazard se lâche dans le quotidien flamand Nieuwsblad "Je préfère perdre avec cette Belgique que gagner avec cette France", lance-t-il.  

C'est bien de choc entre puissances qu'il sera question à Bruxelles à partir d'aujourd'hui...  Avec le sommet de l'OTAN qui s'ouvre dans un climat bien électrique. Juste avant d'embarquer à bord d'Air Force One pour ce sommet mais aussi une rencontre avec Poutine après quelques jours au Royaume Uni, le président américain s'est livré à une nouvelle sortie "Il y a l'Otan, le Royaume-Uni et il y a Poutine. Franchement, Poutine pourrait être le plus facile de tous". Avant de twitter rageusement contre ces pays européens qui ne payent pas assez pour leur défense, imposent des barrières douanières et attendent que les Etats Unis viennent gratuitement les protéger. Ça ne marche pas comme ça!".  

"Quelqu'un devrait dire à Trump, écrit l'éditorialiste du New York Times ce matin, que les Etats-Unis imposent eux aussi des barrières douanières élevées. En accusant les autres pays de nous dépouiller et de tricher, le président trompe le public sur un sujet compliqué".  Mais revenons au somment de l'OTAN, que Donald Trump aborde "plein de colère envers ses alliés" estime le New York Times. 

Le Washington Post reprend en titre les propos de Donald Tusk "Chère Amérique, considérez-mieux vos alliés. Après tout vous n'en avez pas tant que cela". Une grenade verbale lancée par le président du conseil européen au Président Trump, écrit le quotidien, à l'orée de cette semaine diplomatique cruciale.  Au cœur des échanges peu amènes entre alliés, le budget insuffisant que les pays européens consacrent à leur propre défense. "Tous le reconnaissent, ils doivent payer davantage et la facture de l'OTAN a toujours été l'objet d'âpres négociations entre les Etats-Unis et les Européens, rappelle le Christian Science Monitor mais quelque chose de plus fondamental se joue ici : ce qui est inquiétant c'est que le président américain ne semble pas considérer que l'Europe et l'Alliance construite avec les Européens, sont essentielles aux intérêts géopolitiques américains".  

C'est un point de vue qui s'exprime de plus en plus ouvertement aux Etats-Unis : l'OTAN est obsolète...  Obsolète car il n'y aurait plus de menace comparable à celle du temps de la guerre froide. Il a bien raison, tonne Fox News, la chaîne préférée de Donald Trump. L'OTAN date de 1949 et le président a compris une règle cardinale en géopolitique que les autres semblent avoir oubliée : aucune alliance ne dure éternellement.  La Russie d'aujourd'hui n'est pas la superpuissance menaçante qu'était l'Union soviétique. C'est la Chine qui présente le défi sécuritaire le plus important pour notre nation. La Russie, même si elle reste un adversaire dangereux, arrive bien loin derrière. Obsolète obsolète est l'Alliance atlantique sous sa forme actuelle, répète Fox News, c'est aux Européens d'en financer l'essentiel. 

The Hill remarque que l'Alliance est traversée d'analyses divergentes sur la Russie. Pour les pays Baltes, elle constitue une menace immédiate voire existentielle quand, dans les pays du sud, ce n'est absolument pas le cas, la Russie peut même y être considérée comme un partenaire pour stabiliser le Moyen Orient. La France et l'Allemagne, elles, lit-on dans The Hill, ne craignent pas pour leur intégrité territoriale ni même leur économie mais s'inquiètent pour l'ordre européen menacé par Poutine. Vladimir Poutine qui retrouvera donc Donald Trump à Helsinki la semaine prochaine  Croyez-le ou non, Trump a dit la vérité, titre de manière assez exceptionnelle le Washington Post. Quand il a dit que sa rencontre avec Poutine serait plus facile que celle avec ses alliés européens. Ceux-là, rappelle le Washington Post, il n'a cessé de les clouer au pilori lors de son meeting dans le Montana la semaine dernière. Poutine, il est bien ("he's fine"), s'est-il exclamé, mais les Européens nous tuent. Et le Washington Post de s'inquiéter : Trump a déjà appelé à réintégrer la Russie dans le G7, il lui a offert cette mésentente avec l'OTAN, que va-t-il lui donner cette fois? La reconnaissance de l'annexion de la Crimée? 

Politico opine, Donald Trump soigne la Russie mais maltraite vraiment l'Europe. Il n'a toujours pas nommé de représentant dans nombre d'institutions européennes, notamment à l'OSCE dont le rôle est crucial pour surveiller le conflit dans l'est de l'Ukraine. Même l'ambassadeur américain auprès de l'Union européenne n'a été confirmé par le Sénat qu'à la fin juin. Et il a dû se précipiter à son poste lundi juste avant l'arrivée de Donald Trump.

Marie-Pierre Vérot

Chroniques
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