LE DIRECT
L'un des deux navires gaziers russes à avoir inauguré la "route arctique de la Soie" entre Russie et Chine en août 2018

Fonte des glaces dans l’Arctique et réchauffement des relations commerciales entre Chine et Russie

5 min
À retrouver dans l'émission

Russie et Chine se félicitent de leur alliance pour développer le transport maritime rendu possible dans l' Océan Arctique par le réchauffement climatique. Egalement au sommaire, l'attente de "l'ouragan-monstre" Florence aux Etats-Unis, et Alexey Navalny provoqué en duel par un général russe.

L'un des deux navires gaziers russes à avoir inauguré la "route arctique de la Soie" entre Russie et Chine en août 2018
L'un des deux navires gaziers russes à avoir inauguré la "route arctique de la Soie" entre Russie et Chine en août 2018 Crédits : AFP

Pour la Chine, le réchauffement climatique est aussi une formidable opportunité pour polluer plus, dans l'Arctique. Et elle a trouvé en la matière un allié de poids avec la Russie. 

Ce matin le South China Morning Post nous alerte, sur ce grand projet qui lie donc chinois et russes dans le Grand Nord : on en a peu parlé, mais cet été pour la première fois de l'Histoire, deux navires russes ont relié le port de Sabetta, dans la péninsule de Yamal en Sibérie, à celui de Rudong dans la province du Jiang-Su. Dans leurs cuves, ils transportaient des milliers de mètres cubes de gaz naturel liquéfié issu des gisements sibériens. Et, nous explique le chercheur Donald Gasper, basé à Hong Kong, cette grande première, les deux ports reliés en seulement 19 jours au lieu de 35 par le Canal de Suez, n'aurait pas été possible sans la fonte des glaces arctiques et donc le réchauffement climatique. 

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Pékin appelle cela "la route nord de la Soie", un vieux projet, décrié par les défenseurs de l'environnement du monde entier mais bel et bien devenu réalité. En atteste une autre première, elle aussi assez peu médiatisée la semaine dernière, mais évoquée tout de même par l'agence officielle chinoise Xin Hua, et reprise, entre autres, par l'Asia Times : un porte-conteneur a inauguré la fameuse "route des glaces"... depuis la Chine jusqu'au port français de Rouen : le "Tia'nen" transportait des éoliennes, et il aura mis 12 jours de moins que par les routes traditionnelles. 

Itinéraire du Tian'en, de Chine vers le port de Rouen à travers la nouvelle route maritime Arctique
Itinéraire du Tian'en, de Chine vers le port de Rouen à travers la nouvelle route maritime Arctique Crédits : Asia Times

Aucun des articles asiatiques qui évoquent ces prouesses ne pose la question des conséquences environnementales : on sait pourtant que les porte-conteneurs sont extrêmement polluants, et que la conséquence de l'ouverture de cette voie maritime arctique, c'est l'expansion sans limite des capacités d'exportation et donc de production des champs gaziers russes en Sibérie. 

Dernier point, soulevé par Donald Gasper dans le South China Morning Post : pour Moscou, se tourner vers l'industrie chinoise, c'est une manière inespérée de contourner la guerre commerciale et les sanctions économiques imposées par l'Amérique et l'Europe. Ou quand géopolitique et préservation de l'environnement ne font décidément pas bon ménage.

Aux Etats-Unis, les médias sont accaparés par l'attente de "l'ouragan-monstre", baptisé Florence, et qui doit frapper jeudi matin la côte Sud-Est.

Florence, décrite dans les journaux américains en effet comme un "monstre" lancé à pleine vitesse sur les deux Caroline, les deux Etats sudistes qui devraient subir en premier ses assauts.  

En Caroline du Nord, le Charlotte Observer est déjà en édition spéciale pour suivre l'avancée des évacuations, qui concernent plus d'un million et demi d'habitants. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Reportages, sur les embouteillages à perte de vue, pour ceux qui fuient vers l'intérieur des terres : les évacués se rassureront peut-être, en apprenant qu'ils peuvent trouver un refuge gratuitement grâce à une opération commerciale lancée par AirBnB. Reportages aussi sur les rayons des supermarchés, vidés en quelques heures hier, par ceux qui ont décidé d'ignorer les messages alarmistes des autorités, et de rester chez eux.  

Dans la ville de Raleigh, toujours en Caroline du Nord, le News and Observer détaille les consignes de survie pour ceux qui veulent à tout prix "rester et prier", "stay and pray" comme certains ont tagué sur les façades de leurs maison.

Enfin, avec un peu plus de recul, Bloomberg a choisi de nous expliquer pourquoi le réchauffement climatique, encore lui, pourrait rendre plus monstrueuses encore les destructions causées par Florence : l'ouragan bute contre un front de hautes pressions atmosphériques causées par un océan dont l'eau est inhabituellement chaude; et cela, combiné avec un jet-stream affaibli, là encore par la hausse générale des températures, va pousser Florence à ne pas frapper de plein fouet la côte mais à s'attarder sur une zone plus vaste, avec donc la crainte d'inondations d'autant plus étendues et dévastatrices.  

Nous partons enfin en Russie, où les journaux se remémorent le décès du grand Pouchkine, deux jours après la blessure qui lui avait été infligée par le Français Georges D'Anthès au cours d'un duel... 

C'était en 1837, une histoire de femme et d'honneur bafoué. Mais le duel à la russe, en version 2018, c'est beaucoup moins romanesque. Car oui, hier, un général, le chef de la Garde Russe, Viktor Zolotov, a provoqué en duel, dans une vidéo, le plus médiatique des opposants à Vladimir Poutine, Alexeï Navalny.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Le général Zolotov reproche d'abord à Navalny d'être un ennemi de la Nation, un "scélérat", pour l'avoir accusé fin août de corruption autour d'achats de nourriture par sa Garde Nationale. Et le grand militaire termine en provoquant l'opposant, selon la tradition des officiers russes, à l'affronter à mains nues, "sur un ring, un tatami, ou il voudra", dit-il, avant de conclure en lui jurant d'en faire, je cite, "de la viande hachée bien juteuse".  

Alors depuis, dans la presse russe, les avis divergent, sur la grandeur de cette démarche. Le journal économique Vzgliad se félicite que Navalny l'insolent reçoive ainsi "un message du monde réel", une mise au point, dont la virilité et la brutalité ravissent apparemment l'auteur de l'article. "A force de déverser sa boue sur le Kremlin, il fallait bien que quelqu'un le remette à sa place", lit-on en substance.  

La presse d'opposition, elle, préfère traiter la chose par l'ironie. Novaya Gazeta se demande si Zolotov, ancien garde du corps personnel de Vladimir Poutine, aura la classe, pour avoir son duel, d'aller jusqu'à sortir lui-même son adversaire de prison, pour le conduire sur la plaine à la nuit tombante: une manière de rappeler que Navalny est en ce moment derrière les barreaux. 

Enfin, le site Meduza.io interroge un historien spécialiste de la tradition des duels en Russie, lequel nous explique que les règles du genre n'ont pas du tout été respectées : au XIXe siècle, un officier du rang du général Zolotov ne se serait jamais rabaissé au point de provoquer lui-même en duel un simple civil. Et de s’interroger sur cette Russie moderne où un général croit pouvoir répondre honneur bafoué et virilité démonstrative, là où on l'accuse de corruption et de détournement de fonds publics.

Chroniques

7H40
44 min

L'Invité(e) des Matins

Alaa El Aswany : Egypte, chronique d’une révolution ratée
L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......