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Le narcotrafiquant 'El Chapo' et son épouse pendant le procès à Brooklyn

Le narcotrafiquant 'El Chapo' reconnu coupable par la justice américaine

6 min
À retrouver dans l'émission

Après trois mois de procès à New-York et une condamnation sur 10 chefs d'accusation, 'El Chapo' et sa légende ambivalente continuent de passionner la presse mexicaine. Au Canada la ministre de la Justice démissionne sur fond d'affaire de corruption en Libye, Justin Trudeau fragilisé ?

Le narcotrafiquant 'El Chapo' et son épouse pendant le procès à Brooklyn
Le narcotrafiquant 'El Chapo' et son épouse pendant le procès à Brooklyn Crédits : Jane Rosenberg - Maxppp

Hier s'est achevé à New-York le procès-fleuve du narcotraficant mexicain 'El Chapo'.  

Joaquin Guzman Loera, de son vrai nom, a été reconnu coupable des 10 chefs d'accusations qui lui étaient reprochés : voilà donc le verdict dans ce procès qui aura duré trois mois et que la BBC en espagnol qualifie de "colossal".  

Alors bien sûr, les avocats de l'ex-chef du cartel de Sinaloa vont faire appel, ils le disent au journal mexicain Proceso, mais pour le Washington Post, la chose semble entendue : El Chapo, à 61 ans, va être condamné à la prison à perpétuité , "il finira sa vie dans une cellule conçue pour que toute tentative de suicide ou d'évasion y soit vouée à l'échec". 

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Il faut dire que la "légende d'El Chapo" doit beaucoup à ces évasions spectaculaires de prisons mexicaines : la dernière s'est faite sur une moto, à travers un tunnel creusé par des complices jusque dans sa cellule.  Et puisque l'on parle de légende, c'est peu dire, avec le Washington Post, que le procès 'El Chapo' a "passionné la presse mexicaine". Les récits de victimes, concurrents, journalistes ou enquêteurs  abattus pour avoir mis leur nez dans les affaires du cartel, les histoires de violences, de tortures, de viols et d'exactions en tous genre, bref tout ce grand déballage de preuves qu'a amené le procès a jeté un éclairage cru sur le fonctionnement du narco-trafic et a rempli, pendant trois mois, les journaux du Mexique.   

Car El Chapo est devenu, qu'on le veuille ou non , "un symbole national

"Le symbole cruel et douloureux de ces milliers de mexicains qui ont souffert entre les mains du crime organisé. En cela, le procès de Brooklyn a choqué le Mexique", résume le Washington Post

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Mais à Mexico le groupe de presse Sipse évoque une attitude plus ambivalente du public mexicain. Ses journalistes ont analysé hier, à l'annonce du verdict, les milliers de commentaires postés par les internautes au bas des articles de presse, américaine et mexicaine.  Alors bien sûr, une immense majorité se disait satisfaite que la culpabilité d'El Chapo' soit reconnue, mais on trouvait tout de même près d'un commentaire sur cinq, dans certains journaux mexicains, pour dire "leur tristesse" face au sort réservé à Guzman. 

C'est la preuve, selon Sipse, que "la narco-culture, forgée à coup de chansons, romans, films et série télé ces dernières décennies, véhicule toujours des valeurs qui attirent le grand public : une certaine forme d'ostentation, de luxe, de succès avec les femmes, de rébellion face aux autorités" : tout ce qu'El Chapo incarnait, n'en déplaise à ses victimes et à la justice. 

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Pour s'en convaincre, il suffit de lire ce matin encore les nombreux articles que les journaux de Mexico consacrent à l'épouse du parrain, la jeune et glamour Emma Coronel, et à ses larmes au moment du verdict hier.  A la sortie du tribunal de Brooklyn, elle a déclaré ceci : "Je ne devrai pas pleurer, il n'y a pas mort d'homme!" Les familles des centaines de victimes de son mari apprécieront...

Au Canada le Premier ministre Justin Trudeau est fragilisé par la démission de sa ministre de la Justice.  

C'est dans les colonnes du Globe and Mail que l'affaire a éclaté, et elle a donc coûté sa place dans le gouvernement fédéral à Jody Wilson-Raybould.  

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Il y a une semaine, le grand quotidien de Toronto révélait que le cabinet du premier ministre Trudeau aurait fait pression sur la ministre de la Justice pour qu'elle intercède auprès des procureurs et évite un procès pénal au très gros groupe de BTP québécois SNC-Lavalin.  La société d'ingénierie, plus de 50 000 salariés à travers le monde, est visée par une enquête de la police fédérale canadienne, qui l'accuse d'avoir copieusement arrosé pendant des années des responsables libyens proches de feu le Général Khadafi : on évoque en tout 32 millions d'euros de pots-de-vins, détaille le Globe and Mail

Dans cette affaire, le cabinet Trudeau aurait donc poussé la ministre Wilson-Raybould à favoriser un règlement à l'amiable, pour éviter un coûteux procès à SNC-Lavalin. Après les révélations dans la presse, la procureure générale a été d'abord rétrogradée ministre des Anciens combattants, puis elle a annoncé sa démission  ce mardi. 

Mais c'est bien Justin Trudeau qui se retrouve au cœur des accusations, dont il nie le bien-fondé. Evidemment, "l'opposition ne le croit pas", lit-on dans l'édito du Devoir, à Montréal. "Assez d'hypocrisie!", titre l'éditorialiste Jean-Robert Sansfaçon, et c'est sa manière de pointer les arrières-pensées politiciennes, dans cette affaire qui est instruite depuis 2015 mais qui ressort et vient écorner la popularité de Trudeau  alors que se profilent les élections fédérales d'octobre prochain. 

Le Devoir rappelle que protéger l'entreprise SNC-Lavalin, c'était sauver des milliers d'emplois, et que d'ailleurs la société, depuis 2015, a "entrepris un grand ménage dans ses pratiques et chez ses dirigeants".  Remettre cette affaire à la Une, selon Jean-Robert Sansfaçon, c'est aussi, pour les médias canadiens, jouer du "cliché selon lequel l'économie et la politique québécoise seraient gangrénées par la corruption". 

"A quand", se demande enfin l'éditorialiste de Montréal, "des enquêtes sur la corruption pratiquée en Amérique du Sud et en Afrique par les dizaines de sociétés minières qui profitent du laxisme des lois canadiennes ?"    

Autre continent, autres pratiques reprochées au Canada : une affaire de décharge sauvage d'ordures aux Philippines.  

C'est à lire dans le South China Morning Post : en tout 77 containers bourrés de centaines de tonnes d'ordures en décomposition, qui ont été acheminés en toute illégalité par des navires canadiens depuis Vancouver il y a plus de 5 ans.  

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Cinq années à pourrir au fond des ports philippins de Manille et de Subic : le South China Morning Post évoque la puanteur de ces déchets canadiens, que des organisations écologistes exhument de l'oubli général, pour forcer le gouvernement Trudeau à venir les récupérer.  

Ce que les Canadiens ont fait aux Philippines est "illégal et immoral", disent ces activistes, mais au détour de cette affaire on découvre que la pratique n'est pas isolée : jusqu'à récemment la Malaisie et la Chine en particulier étaient victimes de ces déchargements sauvages de tonnes d'ordures, débarquées de pays développés comme la Corée du Sud ou donc le Canada. 

 Mais les Philippines ne veulent plus être la poubelle de leurs riches voisins. Est-ce une coïncidence? Dans l'édition de ce mercredi du Philippine Star, on trouve un article qui nous explique que le président philippin Rodrigo Duterte a enfin décidé de lancer un programme pour nettoyer la baie de Manille :  l'objectif c'est que les eaux soient un jour assez propres pour que l'on puisse s'y baigner, et apparemment c'est loin d'être gagné.

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