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Affiche postée sur la fenêtre d'un local d'Oxfam

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Après Haïti et le Tchad, le scandale entourant l'ONG Oxfam s'étend avec des accusations de viols contre certains de ses employés. De quoi mettre en cause le fonctionnement même de ce type d'organisation.

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Affiche postée sur la fenêtre d'un local d'Oxfam Crédits : ANDY BUCHANAN - AFP

Et le scandale des travailleurs humanitaires, tout d'abord, continue de faire les gros titres de la presse britannique. Nouvelle révélation du TIMES, ce matin : l'ex directeur d'Oxfam en Haïti, mis en cause pour avoir fait appel à des prostituées, a été embauché au sein de l'association caritative alors même qu'il avait été expulsé, deux ans plus tôt, d'une autre agence humanitaire britannique pour des faits similaires. D'autre part, interrogée hier sur la chaîne britannique CHANNEL 4, une ancienne cadre d'Oxfam a, elle, dénoncé l'existence d'une «culture de l'abus sexuel». Selon elle, une enquête interne de l'organisation menée dans trois pays entre 2013 et 2014 révélait, déjà, que plus de 10% des personnels déployés avaient été victimes ou témoins d'agressions sexuelles. Or lorsqu'elle a tenté d'alerter sa hiérarchie, dit-elle, le rapport a tout simplement été enterré. Enfin, ultime coup dur pour l'ONG britannique, hier, l'actuel président d'Oxfam International et ancien ministre des Finances au Guatemala, a été arrêté dans le cadre d'un scandale de corruption.

Et puis toujours à la Une de la presse outre-Manche, ce matin, l'histoire d'une vaste escroquerie. Dans les colonnes du SUN et du DAILY MAIL, un réfugié irakien raconte comment il a planifié des centaines de fausses plaintes à l'encontre de soldats britanniques. L'homme admet, d'ailleurs, avoir lui-même porté devant la justice sa propre allégation mensongère. Dans une série d'aveux déconcertants, il détaille comment ses clients ont produit de faux documents pour étayer leurs demandes d'indemnisation, avec généralement la complicité de médecins et de fonctionnaires irakiens. Toutes ces réclamations étaient ensuite envoyées à un cabinet d'avocats britanniques. «C'était comme une usine de fabrication de plaintes, et peu importe si celles-ci étaient vraies ou fausses. Tout ce qui importait était de gagner de l'argent», dit-il. Au total, le ministère britannique de la Défense aura dépensé 13 millions de livres sterling pour le règlement d'environ 300 plaintes. 

Autre scandale, à la Une cette fois-ci de la presse israélienne. Hier, la police a recommandé à la justice d’inculper le Premier ministre pour corruption, fraude et abus de confiance, écrit THE TIMES OF ISRAEL, lequel compile sur son site les réactions indignées de la classe politique, à l'instar du leader du parti travailliste d'opposition pour qui «l’ère Netanyahou est terminée». De quoi est-il aujourd'hui soupçonné ? La première affaire a trait à des cadeaux (pour un montant d'environ 300 000 dollars) qu'il aurait reçus d'un homme d'affaires australien et d'un producteur hollywoodien. Et puis l'autre affaire est liée à des conversations que Netanyahou aurait eues avec le patron du journal Yedioth Ahronoth, plus grand tirage de la presse israélienne et généralement assez critique envers le gouvernement. Les deux hommes auraient discuté des moyens de freiner l'expansion d'un quotidien gratuit, Israel Hayom, publié par un milliardaire américain. Objectif pour Yedioth Ahronoth : limiter la concurrence, en échange toutefois d'une couverture plus favorable de l'action du Premier ministre. Quoi qu'il en soit, la question qui se pose désormais est de savoir si Israël verra, effectivement, son deuxième dirigeant consécutif inculpé ?, s’interroge BLOOMBERG. Réponse : rien n'est moins sûr. Pourquoi ? Tout d'abord parce que Benjamin Netanyahou, lors d’une intervention télévisée hier soir, a de nouveau clamé son innocence et exclu de démissionner. Et puis surtout la décision de mettre officiellement le Premier ministre en examen dépend, à présent, du procureur général, lequel pourrait mettre plusieurs semaines voire plusieurs mois avant de trancher. Sans compter, rappelle pour sa part THE NEW YORK TIMES, que ledit procureur reste redevable au premier ministre de l'avoir promu à ce poste. Et d'ailleurs, il est lui-même accusé d'avoir traîné les pieds pour retarder l'enquête.

Direction, à présent, les Etats-Unis où décidément la politique ne ressortira pas, non plus, grandie ce matin. Hier, l'avocat personnel du président américain a déclaré qu'il avait versé 130.000 dollars de sa poche à une actrice de cinéma porno (connue sous le nom de Stormy Daniels), laquelle avait affirmé avoir eu une relation sexuelle avec le magnat de l'immobilier en 2006. Michael Cohen a précisé qu'il n'avait pas été remboursé par le président américain de la somme versée. Il assure, par ailleurs, que le paiement était légal et ne correspondait en rien à une contribution de campagne. En revanche, selon THE NEW YORK TIMES, il a refusé de répondre à plusieurs questions et notamment celle de savoir pourquoi il avait effectué ce versement. Tout en rappelant que Donald Trump avait toujours nié cette relation, il s'est contenté de déclarer sur CNN : «Ce n'est pas parce que quelque chose n'est pas vrai que cela ne peut pas vous causer de tort ou de dommage. Je protégerai toujours M. Trump».

Enfin, ultime coup de théâtre ce matin et ça se passe aux Pays-Bas.Hier, le ministre néerlandais des Affaires étrangères (en poste depuis seulement quatre mois) a démissionné, après avoir admis devant les députés qu'il avait menti sur sa présence au cours d'une rencontre avec le président russe, Vladimir Poutine, en 2006. «Je n'aurais vraiment pas dû faire ça. Je suis désolé. Je ne vois pas d'autre option, aujourd'hui, que de présenter ma démission à Sa Majesté le roi», a-t-il déclaré, manifestement ému. L'histoire s'est même terminée dans les pleurs, raconte ce matin le NRC, le chef du gouvernement lui-même, essuyant quelques larmes derrière ses lunettes, avant prendre le bras de son ministre, lequel ne pouvait plus parler, au bout de quelques phrases seulement. Aussitôt après cette démission, une motion de défiance a été déposée contre le Premier ministre, motion largement rejetée. Toujours est-il que c'est là le premier scandale qui secoue la fragile coalition à quatre partis, formée à l'issue de négociations laborieuses en octobre dernier, et à cinq semaines seulement d'élections municipales. 

Par Thomas CLUZEL

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