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Accord sur le Brexit : Theresa May à l'heure du "jugement dernier" ?

5 min
À retrouver dans l'émission

La Première ministre britannique doit faire valider par ses ministres l'accord sur le Brexit trouvé avec les Européens. La presse outre-Manche y voit le "moment de vérité" pour Theresa May. A Rome la Repubblica dénonce l'abandon des migrants en Méditerranée aux mains des gardes-côtes libyens.

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Brexit, illustration Crédits : OLI SCARFF - Maxppp

Cette journée devrait être décisive pour l'épineux processus du Brexit, entamé il y a un peu plus de deux ans. 

difficile de l'ignorer en parcourant la prese britannique ce matin : à côté des photos de la famille royale réunie pour les 70 ans du Prince Charles, les grands titres rivalisent de dramatisation sur cette réunion du gouvernement à 14h, au cours de laquelle la Première ministre Theresa May va défendre face à son équipe l'accord technique conclu hier avec les négociateurs européens. 

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Et voici donc venue "l'heure de Vérité pour May", titrent de concert le Financial Times et le Daily Telegraph ; le "jour du jugement", même, pour le Daily Mail, quand le Daily Express nous explique que la chef du gouvernement livrera cet après-midi "le combat de sa vie", à moins que ce ne soit son "combat pour vivre". Car l'affaire est loin d'être gagnée d'avance, s'accordent à dire les quotidiens outre-Manche. 

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Pourtant cet accord technique "c'est le meilleur que le Royaume-Uni puisse espérer", selon l'Express ; à en croire le Guardian, Theresa May va dire à ses ministres "Voilà l'accord, il n'y en aura pas d'autre, alors soutenez-moi enfin!". Mais le quotidien, comme tous ses concurrents, anticipe déjà les critiques, les divisions, les accusations de "trahison" et les "règlements de comptes" qui vont surgir. Au moins quatre ministres, de l'avis général, pourraient quitter le gouvernement dès ce soir. 

Le moment, on l'a compris, est hautement dramatique, et d'ailleurs sur les antennes de la BBC, la spécialiste des questions européennes Katya Adler s'amuse du décalage, entre cette dramaturgie du "moment de vérité", du "dos au mur" entretenue par les médias britanniques, et le grand calme qui règne au même moment dans les cercles du pouvoir européen. Car en fait, on n'est peut-être pas tant que ça au pied du mur : dans l'accord technique conclu hier, les 27 ont pris soin de laisser aux britanniques une marge de manœuvre pour négocier sur les détails, tant que l'ensemble n'est pas remis en cause et que l'on signe bien un accord politique définitif avant le mois de Mars.  

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Du coup on ne peut s'empêcher de penser, avec Katya Adler, que la frénésie dramatique qui s'est emparé du royaume-Uni hier, est bel et bien entretenue  pour servir les intérêts de la Première ministre, l'aider à convaincre sous la pression.  Comme quoi, c'est au pied du mur qu'on voit le stratège politique.

A Palerme, les participants à la conférence internationale sur la Libye se sont séparés mardi soir sans réelle avancée sur la stabilisation politique du pays. 

Mais comme nous l'explique la Stampa à Rome, ça n'a pas empêché l'hôte de la conférence, le président du conseil italien Giuseppe Conte, de revendiquer "le succès" de ces deux jours de discussions. Ils se sont terminés, certes, avec la photo d'une poignée de mains entre les deux hommes forts de Libye, mais la Turquie a claqué la porte, et tout le monde s'est séparé sans engagements concret pour un arrêt des combats sur le terrain, et la tenue d'élections. 

Pourtant Giuseppe Conte a ce qu'il veut : il apparaît comme celui qui a repris la main sur le dossier libyen, contre son rival en la matière Emmanuel Macron, et il conforte au passage son allié libyen Fayez Al-Sarraj, aux commandes du fragile gouvernement reconnu par la communauté internationale. Et si les italiens ont tant besoin de Sarraj à la tête de la Libye, c'est pour gérer avec lui la question migratoire qui obsède tant l'exécutif transalpin.  

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A ce propos, la Reppublica publie une longue enquête sur les faux semblants italiens, et plus largement européens en matière d'aide aux migrants en Méditerranée :  les journalistes du quotidien ont écumé pendant des semaines la Zone maritime de recherche et de secours, la S.A.R. libyenne, qui a été mise en place cet été, et qui a permis aux pays membres de l'UE de confier officiellement aux garde-côtes libyens, préalablement formés et équipés, la responsabilité des opérations d'aide aux navires en difficulté au large de leurs côtes. 

Cette stratégie, c'est une "terrible farce", lit-on, une "fiction politique et militaire" qui, sous couvert de légalité internationale et de secours en mer, masque des opérations avant tout "policières" et "menées trop souvent avec une grande brutalité". La Repubblica raconte que le soi-disant Centre de coordination des secours libyen est quasi-inexistant, à peine joignable sur les ondes radio, par téléphone ou par mail. Et quand ses équipes vont sauver des naufragés, ils oublient des survivants dans l'eau, comme c'est arrivé l'été dernier à une jeune femme nommée Josefa, à en croire les témoignages de membres d'ONG chassées du secteur.  

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Conclusion ? Pour la Repubblica on ne peut plus faire mine de l'ignorer : avec les garde-côtes libyens, l'Europe s'est trouvé un faux-nez, un "alibi" qui lui permet de se laver les mains du sort de milliers de migrants africains.  

Nous sommes enfin à Los Angeles pour une cérémonie qui crée la polémique de part et d'autre de l'Atlantique.  

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C'était le week-end dernier dans le parc central de Los Angeles : le déboulonnage d'une statue de Christophe Colomb.  En lisant le Los Angeles Magazine, on comprend que c'était un combat de longue date d'élus municipaux et de militants des populations autochtones de Californie, les descendants d'amérindiens plus généralement, contre cet hommage rendu à Colomb, considéré comme le responsable du premier génocide de l'Histoire en "découvrant" l'Amérique en 1492. 

Autant vous dire qu'une telle lecture de l'histoire fait bondir El Pais, en Espagne, qui y voit une remise en cause particulièrement brutale et partiale de l'héritage espagnol aux Amériques. Le quotidien madrilène rappelle d'ailleurs, que Colomb peut difficilement être considéré comme génocidaire en Californie ou même en Amérique du Nord, pour la bonne raison qu'il n'y a jamais mis les pieds. 

C'est discutable bien entendu, tout autant que cette analyse du très conservateur magazine The New American, pour qui le déboulonnage de Los Angeles est le dernier fait d'arme d'une "nouvelle révolution culturelle" gauchiste,  à l'oeuvre aux Etats-Unis, et qui veut mettre à bas, bien plus qu'une simple statue, tout une civilisation, celle d'une Amérique blanche et européenne.

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