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Les tensions diplomatiques entre Ankara et Washington font craindre une contagion de la crise monétaire

Les tensions diplomatiques entre la Turquie et les Etats-Unis préoccupent la presse internationale

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La monnaie turque qui chute et les tensions entre Ankara et Washington font craindre une contagion mondiale de la crise, notamment vers les pays émergents.

Les tensions diplomatiques entre Ankara et Washington font craindre une contagion de la crise monétaire
Les tensions diplomatiques entre Ankara et Washington font craindre une contagion de la crise monétaire Crédits : OLIVIER HOSLET/EPA/Newscom/MaxPPP - Maxppp

Les tensions diplomatiques entre la Turquie et les États-Unis continuent d'inquiéter la sphère économique et financière turque...et bien au-delà, assure La Libre Belgique. Au contraire du complot politique envisagé par le président turc Recep Tayyip Erdogan, c’est bien l’inquiétude de ces milieux d’affaires qui a fait dégringoler la livre turque.  

Et sur le grand bazar d'Istanbul, dans les bureaux de change, l'activité est frénétique note El Pais. Beaucoup de Turcs ont obéi au slogan du président de vendre les devises et les bijoux qu'ils avaient économisés pour lutter contre la dépréciation de la livre...de 40 % depuis le début de l'année. Le journal espagnol a rencontré Muhammad Sari, un électricien et employé municipal, arrivé avec ses économies en or. "A partir de maintenant, je mettrai tout l'argent que j'ai gardé chez moi dans les banques publiques pour aider l'Etat " assure-t-il. "Ce qu'ils font à la Turquie aujourd'hui,  ils peuvent le faire à d'autres pays demain. Et vous devez lutter contre ces attaques..."  Alors l'effet de ces campagnes n'est pas considérable, explique le quotidien, compte tenu de l'immensité du marché. "Mais il a une grande importance symbolique" assure dans ses colonnes un professeur de l'université d'Isik, tout en reconnaissant que le pays a besoin de réformes structurelles.  

La vague de panique parmi les citoyens pourrait miner les appels nationalistes de M Erdogan, indique de son côté le New York Times. "Ma pension ne suffit pas", se plaint une habitante d'un vieux quartier d'Istanbul dans les pages du quotidien américain, regrettant les prix pratiqués sur le marché des fruits et légumes, juste à côté de chez elle. Les prix ont grimpé en flèche sur les produits importés, effrayant les acheteurs et les vendeurs. Pour les analystes, la forte dépréciation de la livre qui entraîne une inflation galopante, se traduit par une réduction immédiate des salaires pour les classes pauvres et les classes moyennes.

Pendant ce temps, explique encore le New York Times, le président turc prononce plusieurs discours par jour qualifiant la crise économique de lutte nationale et accusant les puissances étrangères. Hier, il a appelé les Turcs à boycotter les produits électroniques américains. Ce qui inquiète un vendeur sur l'une des marchés les plus fréquentés du centre-ville d'istanbul. Vide ce matin là, à 11 h 30. "Le marché est très lent, explique le propriétaire, 63 ans. Il désigne au journaliste un téléphone sur son bureau. "l'année dernière ce téléphone se vendait 28 livres...maintenant il est à 85.

Les touristes étrangers semblent être les seuls à profiter de la chute de la livre, constate encore le quotidien américain, décrivant des files de touristes de Dubai, d'Arabie Saoudite et d'Iran, alignés devant les boutiques de luxe.   

Et une possible de la crise turque inquiète la presse internationale ce matin. La débâcle turque fait plonger la roupie indienne, titre Le Temps en Suisse. La monnaie indienne est tombée à son plus bas niveau historique hier : 70 roupies contre un dollar. La crise financière s'est étendue à grande vitesse aux autres économies émergentes constate le quotidien helvète, qui a interviewé  Stéphanie de Torquat, stratège dans une banque de Genève. Elle explique : "Les pays les plus vulnérables seront ceux qui ont un déficit courant élevé et qui dépendent des investissements étrangers. Ils devront payer cher pour emprunter en dollars, l'inflation va s'aggraver et ils entreront dans un cercle vicieux." L'Afrique du Sud par exemple est particulièrement exposée. Et  le site internet indien Quartz s'inquiète. La roupie indienne, qui est déjà la plus mauvaise monnaie d'Asie, pourrait encore baisser... jusqu'à 72 roupies pour un dollar si les inquiétudes mondiales, y compris les mesures protectionnistes américaines contre la Turquie et la Chine, persistent. Les Etats-Unis et la Chine, en même temps, se livrent à un bras de fer commercial, multipliant les droits sur les produits respectifs et suscitant les craintes d'une guerre commercial mondiale. Et pour le site d'information ce sont les économies émergentes comme l'Inde qui reçoivent les coups. En attendant, ce matin, l'Inde se veut conquérante...et part à la conquête de l'espace, annoncent les journaux du pays. The Hindu rapporte ce matin le cinquième et dernier discours du Premier ministre Narendra Modi sur l'indépendance. L'Inde célèbre  aujourd'hui le 72e anniversaire de son indépendance. Dans un discours d'une heure, Narendra Modi a dressé le bilan de 4 ans au pouvoir, et annoncé un plan ambitieux en matière de technologie spatiale : une première mission habitée. Le Premier ministre, cité par The Hindustan Time  : "Un astronaute indien, que ce soit un homme ou une femme, participera à une odyssée spatiale d'ici 2022...ou avant".

Mais jusqu'à présent, rappelle The Economic Times, seules la Russie, les Etats-Unis et la Chine ont pu mener des missions spatiales indépendantes. Alors l'Inde peut-elle vraiment mettre un homme dans l'espace d'ici 2022 ? s'interroge le principal quotidien économique indien. La date limite de Modi est peut-être serrée, mais les scientifiques de l'ISRO pensent que c'est possible. La première agence spatiale indienne s'est déjà taillée une place dans le secteur des satellites commerciaux. Une mission spatiale humaine est la prochaine grande étape et elle est déjà au travail. Pour l'instant, le gouvernement n'a pas encore approuvé le projet qui pourrait coûter plus de 2 milliards de dollars.

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