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Enterrement à Managua le 16 juillet 2018 de l'étudiant Gerald Velazquez, tué près d'une église lors d'émeutes avec la police. En 3 mois, les violences ont fait plus de 280 morts et 2 000 blessés

Nicaragua : la presse et le monde tenus à bonne distance de l'offensive à Masaya

5 min
À retrouver dans l'émission

Le Nicaragua vit depuis trois mois au rythme de la contestation populaire qui exige la démission du président Daniel Ortega. Au rythme également d'une répression meurtrière, qui vient de culminer dans la ville de Masaya. Nous parlerons aussi du traité JEFTA et d'une pénurie de ninjas, au Japon.

Enterrement à Managua le 16 juillet 2018 de l'étudiant Gerald Velazquez, tué près d'une église lors d'émeutes avec la police. En 3 mois, les violences ont fait plus de 280 morts et 2 000 blessés
Enterrement à Managua le 16 juillet 2018 de l'étudiant Gerald Velazquez, tué près d'une église lors d'émeutes avec la police. En 3 mois, les violences ont fait plus de 280 morts et 2 000 blessés Crédits : INTI OCON - AFP

Masaya se trouve à 37 kilomètres de la capitale Managua, mais depuis hier l'armée et les paramilitaires envoyés par le président Ortega  bloquent la route au kilomètre 14, nous expliquent les reporters du journal nicaraguayen "El Confidencial". La presse et le monde sont tenus à bonne distance de cette offensive, par laquelle les hommes d'Ortega ont juré de nettoyer les quartiers insurgés "à n'importe quel prix". 

Les reportages publiés ce matin s'appuient donc sur les témoignages d'habitants qui racontent l'arrivée des groupes paramilitaires armés de Kalachnikov, de M16, mais aussi de pelles mécaniques pour lever une à une les barricades de fortune. Les tirs à balle réelle, les deux morts, une femme et un policier, les dizaines de blessés. 

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Tout cela, donc, pour mater Monimbo, le quartier indigène de Masaya, celui qui menait la contestation depuis avril et résistait encore aux tentatives de mise au pas. Jusqu'à hier soir, donc. 

Notre correspondante au Mexique, Emmanuelle Steels, a pu s’entretenir avec un prêtre de Masaya, considéré par le pouvoir comme l'un des leaders de la révolte populaire, qui a assisté à ces événements, hier soir :

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1 min
Témoignage d'un prêtre depuis Masaya

Daniel Ortega, l'ancien guérillero au pouvoir, l'avait annoncé, et c'est le quotidien espagnol "El País" qui nous le rappelle : il fallait que tout foyer de rébellion soit écrasé avant demain jeudi, jour où le Nicaragua doit célébrer les 39 ans de la révolution sandiniste. L'anniversaire coïncide donc avec un pic sanglant, dans la répression qui a fait près de 300 morts en trois mois. En fin de semaine dernière, c'est la révolte estudiantine, à l'Université Nationale de Managua, qui a été matée, et aujourd'hui Masaya. 

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Mais qu'on ne s'y trompe pas, déclare l'historienne et ancienne guérillera sandiniste, elle aussi, Dora Maria Telliez, dans une longue interview au Confidencial de Managua : ce qui se déroule là-bas n'est pas une guerre civile, mais une guerre menée par le clan Ortega et celui de sa femme Rosario Murillo contre le peuple nicaraguayen. Un groupe mafieux, criminel, armé, qui fait mener sa contre-offensive par des para-militaires aux comportements d'armée d'occupation, passant les rues au peigne fin et tirant que tout ce qui bouge. C'est exactement ce qui vient de se passer à Masaya, nous dit Dora Maria Telliez. Elle dit aussi ne plus espérer grand chose du dialogue national mené avec la médiation de l'Eglise catholique et paralysé depuis 15 jours. Rien non plus des appels au cessez-le-feu lancés par l'ONU.  

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Alors que peut-il se passer à présent dans le pays le plus pauvre d'Amérique centrale ? Il faut espérer une accalmie dans la répression avec ces cérémonies anniversaire demain de la Révolution de 1979. Pour l'historienne, la lutte civique et populaire doit se poursuivre. Tenir bon jusqu'aux élections prévues en mars prochain. D'ici là, Daniel Ortega ne pourra pas continuer à tuer autant de monde que ces derniers mois espère l'ancienne guérillera.  

Crédits : Visactu

Pendant ce temps, l'Europe et le Japon s'affirment en champions du libre-échange, à rebours des barrières douanières érigées par Donald Trump à travers le monde. Et l'on ne peut s'empêcher de penser, avec le quotidien communiste italien Il Manifesto, que sans les élans protectionnistes de Trump, cet accord de libre-échange signé hier entre Bruxelles et Tokyo aurait été beaucoup plus contesté à travers l'Union européenne. Mais puisqu'il s'agit d'affirmer notre dissidence, notre contre-offensive, face au repli commercial américain, alors on ne semble pas près de revivre les débats qui avaient entouré le CETA, passé avec le Canada l'an passé, ou le TAFTA, l'éternellement repoussé projet de traité commercial avec les Etats-Unis. Le JEFTA, petit nom de ce nouveau traité euro-japonais, c'est bien mieux que le TAFTA, nous affirme le magazine allemand du milieu des affaires, le WirtschaftsWoche, traduit par Courrier International. Il cite l"'économiste de la London School of Economics Hosuk Lee-Makiyama : "Le Japon est un marché très intéressant pour les entreprises européennes" qui vont grâce à l'accord pouvoir concourir sur les marchés publics nippons.  "L'économie japonaise, c'est un environnement stable, profitable et dénué d'interventions arbitraires de la part de l'Etat". Un rêve libéral, donc, qui nous assure-t'on va plus bénéficier à l'Europe que le TAFTA, car nos deux économies sont plus complémentaires : en gros, les Japonais sont en demande de vins, de fromages et de produits de luxe. Et nous allons en échange leur ouvrir grand notre marché automobile.    

Reste à savoir si cet accord de libre-échange aura un quelconque effet sur l'autre grande inquiétude au Japon : la pénurie de ninja ! A lire dans le New York Post. Le berceau de cette caste de combattants traditionnels, espions et mercenaires, la ville d'Iga, près de Kyoto, n'arrive plus à recruter des personnes suffisamment entraînées aux arts martiaux pour son festival de printemps. Etre ninja pour les touristes peut pourtant rapporter plus de 80 000 euros par an, nous explique un reportage de la radio américaine NPR, sans compter que le chômage est important dans la région. Mais pour être un vrai ninja assermenté, il faut avoir accompli une formation longue et éprouvante. Et puis, la population d'Iga, petite bourgade rurale, n'en finit pas de diminuer, comme celle de tout le Japon d'ailleurs. Les apprentis ninjas ne courent pas les rues, et pourtant la demande explose : l'archipel voit son activité liée au tourisme augmenter de 20%. Il faut donc avoir des spectacles à leur offrir, des choses à leur vendre. L'Etat japonais subventionne même des formations de ninja. Rien n'y fait pour le moment. La presse internationale ce matin ne dit pas si avec le JEFTA nous allons bientôt  pouvoir exporter vers le Japon des ninjas made in Europe.

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