LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Manifestation anti-pakistanaise à Calcutta

Pakistanais et Cachemiris victimes d'une vague de haine dans le Nord de l'Inde

6 min
À retrouver dans l'émission

L'Inde accuse le Pakistan d'avoir piloté un attentat qui a tué 40 soldats indiens au Cachemire. Depuis, les Pakistanais et Cachemiris du Nord de l'Inde se disent en danger. Le Gabon chasse Véolia et renationalise son eau et son électricité. Duels de concerts caritatifs entre Venezuéla et Colombie.

Manifestation anti-pakistanaise à Calcutta
Manifestation anti-pakistanaise à Calcutta Crédits : Debajyoti Chakraborty - AFP

Dans la presse indienne ce matin, l'inquiétante montée du sentiment anti-pakistanais. 

Nous sommes six jours après cet attentat au Cachemire qui a tué une quarantaine de soldats indiens, le plus meurtrier depuis trois décennies dans cette région convoitée de plus longue date encore par le Pakistan et l'Inde, et dans le Times of India ce matin on lit que les ressortissants pakistanais de la ville indienne de Bikaner, dans l'Etat du Rajasthan, "ont reçu l'ordre de quitter les lieux sous 48 heures".  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Bikaner, c'est une ville à plus de 500 kilomètres de la frontière cachemiri ; une région où l'immigration pakistanaise est très forte, depuis toujours : des dizaines de milliers de Pakistanais sans visa en règle sont donc concernés par cet ordre justifié, selon les autorités locales citées par le quotidien pakistanais The Nation par la nécessité de "préserver l'ordre public" alors que, nous dit-on, le racisme anti-pakistanais et anti-kahsmiri n'en finit pas de monter dans toute l'Inde du Nord. 

Carte du Cachemire
Carte du Cachemire Crédits : AFP

C'est même l'objet d'un  reportage saisissant du Washington Post : "Jamais nous ne nous sommes senti autant en insécurité", y témoignent des cachemiris, dont la plupart sont étudiants à l'université indienne de Dehradun. Ça a commencé dès les heures qui ont suivi jeudi dernier l'attentat de Pulwama : des rassemblements spontanés dans les rues s'en sont pris physiquement à ceux qu'ils qualifient de "traitres cachemiris" ; des appels au meurtre ont été lancés ; des propriétaires ont été menacés s'ils continuaient à héberger des étudiants venus du Cachemire.  

"Nous sommes mis sous pression pour refuser d'inscrire des étudiants cachemiris dans nos universités à la rentrée prochaine", déclarent dans le Kashmir Reader des responsables de campus à Dehradun. La crainte de véritables pogroms est dans tous les esprits,  à ce moment, nous dit le Washington Post, où "les Indiens cherchent des bouc-émissaires" au regain de tension dans la région. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Et il faut bien dire que leurs dirigeants ne font pas grand-chose pour calmer les esprits. En pleine campagne électrale, le Premier ministre nationaliste Narendra Modi mettrait plutôt de l'huile sur le feu, accusant le Pakistan d'avoir piloté les derniers attentats, et mettant donc les ressortissants pakistanais dans le même sac que les cachemiris dans l'esprit de l'indien de la rue. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

C'est ce qui fait écrire au Deccan Herald, dans son édito d'hier, qu'il faut d'urgence en finir avec cette "rhétorique de diabolisation des Cachemiris" Les habitants de cette région ne doivent pas être assimilés aux terroristes qui ont tué jeudi dernier à Pulwama. Faire cet amalgame, c'est "faire le jeu des terroristes, briser l'unité de la nation indienne. L'esprit de revanche est un esprit malade et il ne peut rien amener de bon à notre pays", plaide donc The Deccan Herald qui rappelle, tout de même, que les actes anti-cachemiris et anti-pakistanais de ces derniers jours sont l'oeuvre d'une minorité ultra-nationaliste, et qu'on a aussi vu de très nombreux cas où des Indiens ont ouvert leurs portes, offert un refuge à des victimes d'agressions et d'intimidations.

Le Gabon vient de parachever la renationalisation de son eau et de son électricité  

Cela faisait deux décennies que la société française Veolia détenait le monopole sur les réseaux gabonais, mais hier un accord à l'amiable a été conclu : "Veolia cède ses parts à l'Etat Gabonais", annonce donc Le Nouveau Gabon sur son site web. Cet arrangement, dont le montant n'a pas été dévoilé, "met fin à une année de contentieux" devant une cour internationale d'arbitrage, précise La Libreville qui nous rappelle  que tout était parti, il y a donc un an tout juste, de la réquisition par les autorités gabonaises de la SEEG, la société qui exploite les réseaux du pays, et qui était détenu à majorité par Veolia. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Cela faisait un moment déjà que l'entreprise française était "mal aimée" des Gabonais, reconnait Gabon Actu : bien avant la rupture unilatérale du contrat l'an dernier, les usagers se plaignaient de la mauvaise qualité du service, des pénuries permanentes d'eau et de courant dans de nombreux quartiers, des coupures trop fréquentes ailleurs. Le gouvernement de Libreville a même accusé Veolia d'avoir pollué des cours d'eau à cause de sites de pompage mal entretenus.  

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Bref, le contrat n'était apparemment plus respecté, la décision a été prise de renationaliser il y a donc un an, et c'est  désormais chose faite avec l'accord officialisé hier : "La SEEG repasse dans l'escarcelle de l'Etat", titre le Gabon Review, 22 ans après la privatisation qui avait permis à Veolia de prendre le monopole. Le site d'info estime que Libreville a du débourser au bas mot 45 millions d'euros pour redevenir maîitre de son réseau d'eau. 

En résumé, selon Gabon Actu, "Veolia a capitulé sur toute la ligne", et pour RFI "la société française quitte le Gabon, par la petite porte".

Le régime vénézuélien de Nicolas Maduro refuse toujours de laisser entrer l'aide humanitaire à la frontière colombienne, et il joue la surenchère... en musique.  

Pas sûr que la musique n'adoucisse les mœurs vendredi soir, de part et d'autre de la frontière entre Colombie et Venezuela : vendredi, on sera à la veille du 23 février, date ultimatum posée par le président autoproclamé du Venezuela Juan Guaido à son rival Nicolas Maduro pour qu'il ouvre la frontière à l'aide américaine, et en attendant une possible confrontation, samedi, sur le pont Bolivar qui matérialise le point de passage, la soirée précédente verra les rivalités s'exprimer, donc, en musique, avec duel de concerts et de décibels en perspective. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Du côté colombien, détaille le quotidien de Caracas El Universal  le méga-concert caritatif 'Venezuela Aid Live' est annoncé depuis plusieurs jours déjà par son organisateur, le milliardaire anglais Richard Branson, et il fait le plein de têtes d'affiches : des grands noms de la pop latina qui déplacent les foules en Amérique du Sud à chacune de leur apparitions. 

En face, de l'autre côté du pont Bolivar, côté vénézuélien, on ne pouvait pas rester silencieux face à un tel show : la chaîne d'Etat Tele-Sur annonçait donc hier l'organisation d'un grand concert intitulé "Bas les pattes du Venezuela", contre cette aide humanitaire accusée de masquer un coup d'Etat fomenté par les Américains et pour l'union de tous les Vénézuéliens derrière leur président élu Nicolas Maduro. 

Les festivités, précise Tele-Sur, s'étaleront sur deux journées, vendredi et samedi. Elles comprendront, en plus des concerts, des distributions de nourriture et des soins médicaux gratuits. Manière de montrer que la population vénézuélienne ne manque de rien et que son gouvernement s'occupe bien d'elle ; manière, peut-être aussi, de faire masser des foules acquise à au débouché du pont, samedi, où devraient se présenter les camions d'aide humanitaire. 

Le "choc des concerts" dont parle El Universal pourrait à ce moment-là se transformer en une confrontation beaucoup plus grave. En attendant, persifle le quotidien d'opposition, "aucun nom de chanteur-vedette n'a été annoncé" pour le moment au concert pro-Maduro.

Chroniques
7H40
32 min
L'Invité(e) des Matins
Le combat écologique peut-il encore passer par la politique ?
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......