LE DIRECT

Indignation face à la séparation de familles de clandestins à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique

5 min
À retrouver dans l'émission

Revue de presse très américaine ce matin : la séparation des familles de clandestins à la frontière entre les Etats-Unis et le Mexique et la détention de plus de 2300 enfants continue à bouleverser outre Atlantique.

Et ce sont les employés de Microsoft qui entrent dans la danse avec une lettre ouverte à leur directeur général publiée dans le New York Times. Ils sont plus d'une centaine à demander au géant de la Silicon Valley d'interrompre sa collaboration avec l'agence américaine chargée de l'immigration.  "Nous croyons que Microsoft doit avoir une position éthique et placer les enfants et leur famille au dessus des profits", écrivent-ils. Les employés de la firme pointent le contrat de près de 20 millions de dollars passé entre Microsoft et les services américains qui permet de collecter et d'analyser les données des immigrants. "Nous refusons d'être complices, ajoutent-ils, et estimons que ceux qui créent des technologies performantes ont la responsabilité de s'assurer que ce qu'ils conçoivent est utilisé pour faire le bien et non blesser".  Le New York Times rapporte que, ces derniers jours, plusieurs entreprises de la Silicon Valley, - Google, Apple Facebook...- voient se multiplier les mails internes demandant aux employés de donner aux ONG qui soutiennent les migrants. En 4 jours, plus de 7 millions de dollars ont ainsi été récoltés sur Facebook pour financer l'assistance juridique des familes séparées. C'est la somme la plus élevée jamais récoltée sur cette plate forme.  

Tim Cook, le patron d'Apple s'est lui exprimé dans les colonnes de l'Irish Times, en marge d'un événement en Irlande. "Voir les images des enfants, entendre leurs cris est tout simplement inhumain et doit cesser", explique-t-il. Un appel relayé par Mark Zuckerberg de Facebook, tandis que le journal rappelle que les patrons d'Air BnB, Twilio et Box ont aussi vivement condamné la politique de Donald Trump. La rébellion peut réussir, estime la BBC. 

Récemment, Google a dû mettre un terme à son contart avec le ministère américain de la défense. Il permettait de développer des software pour rendre les frappes de drones plus efficaces. Plusieurs employés de Google avaient démisionné, des milliers d'autres signé une pétition contre cette collaboration craignant de voir l'intelligence artificielle utilisée pour tuer des gens.   Et les protestations se multplient à Hollywood également. 

C'est à la Une aussi de la presse américaine. Le co-créateur de la série à succès Modern Family annonce son intention de cesser sa collaboration avec Fox News, la chaîne préférée du président américain. "Le soutien 23h par jour de la chaîne au lobby des armes, aux théories du complot et aux mensonges du président américain est de plus en plus lourd à avaler", explique Steve Levitan. Le New York Times rappelle notamment que la présentatrice de Fox News Laura Ingraham a parlé de "colonies de vacances" à propos des centres dans lesquels sont enfermés les enfants séparés de leurs familles. "Pendant des années, écrit le quotidien de New York, la famille Murdoch a réussi à maintenir une séparation entre sa chaîne de télé et ses maisons de production. Mais cette barrière se désagrège." Plusieurs autres producteurs à succès de la 21st Century Fox disent ouvertement leur malaise face au traitement réservé aux enfants de migrants...  

Tandis qu'il devient aussi plus difficile pour certains membres de l'administration Trump de dîner en ville... C'est le Guardian de Londres, notamment, qui s'en fait l'écho. La ministre à la sécurité intérieure, Kirjsten Nielsen, qui incarne cette politique de tolérance zéro, avait en effet eu la mauvaise d'aller dîner dans un restaurant... mexicain... Elle s'y est retrouvée prise à partie par une foule de manifestants. La vidéo fait le tour des réseaux sociaux. On voit la ministre baisser la tête sous les huées et les interpellations : "Comment osez-vous manger mexicain alors que vous déportez et emprisonnez des dizaines de milliers de personnes qui viennent chercher refuge aux Etats-Unis !"  Les invectives ont gagné jusqu'aux allées du Congrès où Donald Trump s'est rendu hier pour presser les élus d'adopter de nouvelles lois sur l'immigration. Mais il est reparti sans aucun progrès, constate le Washington Post. Deux lois sont en concurrence. On ignore toujours laquelle le président souhaite endosser. Toujours est-il, remarque le journal, que de plus en plus d'élus républicains critiquent ouvertement la séparation des familles et appellent le président à y mettre un terme. Les sondages montrent qu'une forte majorité de la population dénonce cette politique de tolérance zéro et ils s'inquiètent pour les élections de mi mandat. C'est justement ce qu'estime El Universal, au Mexique. Pour le quotidien, les séparations de familles qui continuent à faire les gros titres dans le pays, pourraient bien influencer le scrutin de novembre prochain et favoriser les démocrates alors que les républicains se divisent. 

Le journal espagnol El Pais a envoyé un reporter à Tijuana. Il a rencontré Rafael, Georgina et leurs trois enfants qui attendent de passer la frontière. "Nous allons prendre le risque d'aller aux Etats-Unis, expliquent-ils, nous ne pouvons pas revenir en arrière".  Il faut plus que Donald Trump pour faire peur à Rafael Castillo, écrit El Pais. Le 2 mai dernier, à l'heure du repas, il avait terminé sa journée de travail dans un champ de Michoacan où il ramasse les citrons et allait rentrer chez lui lorsqu'il a reçu un appel. "Ils viennent de tuer tes frères". Deux frères criblés de balles sous les yeux de leurs parents. Des hommes armés l'attendaient lui aussi chez lui. Une amie a acheté des billets d'avion pour Tijuana pour toute la famille. Rentrer au village, commente le père de famille, ce serait nous jeter dans les bras des assassins. 2017, rappelons-le, fut la plus violente de ces 20 dernières années au Mexique.

L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......