LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Illustration de l'ADN

Quand la réalité dépasse la fiction

5 min
À retrouver dans l'émission

Le séquençage du génome offre, aujourd’hui, des perspectives à la médecine prédictive. Mais les tests génétiques soulèvent de nombreuses questions.

Illustration de l'ADN
Illustration de l'ADN Crédits : LAGUNA DESIGN / SCIENCE PHOTO LIBR / NSP / SCIENCE PHOTO LIBRARY

Tout savoir de votre génome, est-ce tentant ou effrayant ? En Californie existe une entreprise qui, pour 200 dollars, vous propose à partir d’un simple échantillon de salive de séquencer votre génome. Objectif : obtenir des renseignements sur vos origines et, plus encore, être informé des probabilités de risque pour certaines maladies. Une pratique qui, grâce à des tests simples et de plus en plus abordables, devrait rapidement être appelée à se démocratiser. Et d’ailleurs, nul besoin pour cela de traverser l’Atlantique puisqu’en Suisse, nous raconte LE TEMPS, vient de s’ouvrir le plus important centre de séquençage à haut débit d’Europe. Avec, là encore, des perspectives fascinantes pour la médecine. Concrètement, en croisant les informations génétiques du plus grand nombre, on imagine que les scientifiques pourront mieux faire progresser les traitements. Ce qui suppose deux choses : tout d'abord, de généraliser ces tests génétique et ensuite, pour convaincre le plus grand nombre d’y participer, de garantir la protection des données. En clair, garantir que les résultats n’appartiennent qu’à la personne concernée. Or, dans moins d’une semaine, le parlement suisse traitera d’une révision de la loi sur l’analyse génétique, qui pourrait bien vous dégoûter pour toujours d’en savoir plus sur votre ADN. Pour quiconque voudrait contracter une assurance vie ou invalidité, la commission veut en effet rendre obligatoire la transmission à l’assureur de tout profil génétique réalisé préalablement. Evidemment, difficile de faire pire pour l’image des tests génétiques. Si ce projet de loi l’emporte, cela signifie que de très nombreuses personnes renonceront probablement à tout séquençage, de peur qu’il ne révèle des informations qui conduiront les assureurs à les discriminer. Avec du même coup des conséquences catastrophiques pour la recherche, qui manquera ainsi de volontaires et verra la taille de ses échantillons limitée. L’enjeu est colossal pour la Suisse. Or avez-vous entendu la communauté scientifique sonner l’alarme ?, interroge la journaliste. Non ! Et d’en conclure : mesdames et messieurs les chercheurs: j’ai déjà un peu peur de connaître mon génome, mais si demain, vous ne voulez pas que je sois totalement terrifiée à l’idée qu’il sera utilisé contre moi, il vaudrait mieux vous mobiliser rapidement.

Génétique, toujours et encore. Ou quand les progrès scientifiques repoussent, décidément, les limites en matière de législation juridique.C'est tout le sens du scandale de «L'usine à bébés», ainsi que la presse a surnommé cette affaire qui met aujourd'hui en lumière les zones grises du marché de la procréation médicalement assistée. Hier, ultime rebondissement de cette histoire hors-norme, qui passionne la presse internationale depuis qu'elle a été révélée pour la première fois en 2014, un millionnaire Japonais a remporté le droit de garde de treize de ses enfants, nés de mères porteuses en Thaïlande. Ainsi que le rapporte THE BANGKOK POST, le tribunal pour enfants a tout simplement invoqué «le bonheur» des bambins, pour justifier sa décision d’accorder à Mitsutoki Shigeta l’intégralité des droits parentaux. Par ailleurs, les juges ont fait valoir que le père biologique des 13 enfants n’avait «pas d’antécédent de mauvais comportements». En revanche, ils n'ont pas jugé utile de se prononcer sur la santé mentale de cet homme, qui a pourtant décidé de se lancer dans une entreprise de procréation, pour le moins, pléthorique. Jugez plutôt : Quand THE WASHINGTON POST précise que ce riche héritier avait déjà obtenu la garde de quatre autres enfants, nés par maternité de substitution en Thaïlande, la chaîne CNN assure qu’il aurait eu également deux autres enfants par l'intermédiaire de mères porteuses en Inde. Quoi qu'il en soit, Mitsutoki Shigeta va donc pouvoir ramener ses 13 enfants au Japon, où il a déjà mis en place toute la logistique, en engageant des nourrices pour s’occuper d'eux. 

Quand la réalité dépasse la fiction, avec cette fois-ci non plus un scénario de film d'anticipation mais d'espionnage. Au Royaume-Uni, l’affaire lancée par les révélations du SUN sur des rencontres entre Jeremy Corbyn et un espion tchécoslovaque, dans les années 1980, ne cesse de prendre de l’ampleur. Cette semaine, elle a même pris un tournant politique après que la Première ministre conservatrice Theresa May a demandé à son adversaire travailliste «d’être ouvert et transparent» sur ses accointances passées. Selon le tabloïd britannique, Jeremy Corbyn aurait briefé un espion tchécoslovaque basé à Londres, en pleine guerre froide. Une information confirmée, depuis, par le chef du Labour lui-même, qui nie cependant toute transmission d’informations sensibles. D’autant qu'il soutient n’avoir à aucun moment soupçonné être en présence d’un agent secret. D'où ce commentaire ironique du site d'information THE CANARY : c’est quand même étrange, car généralement les espions, comme chacun sait, se présentent comme tel. Toujours est-il qu'aux yeux de la presse conservatrice, ces démentis sont aujourd'hui insuffisants. Ce matin encore, THE TIMES l'assure en première page : Corbyn voulait faire de Londres la dernière capitale de l’ère soviétique à l'ouest de Pyongyang. De son côté, la presse de gauche relativise. Même si ces rencontres ne doivent pas être considérées comme anecdotiques, admet THE GUARDIAN, elles ne signifient pas, pour autant, que Jeremy Corby est inapte à briguer le poste de Premier ministre trente ans plus tard.

Enfin on termine avec une vidéo devenue virale sur le Net russe.En l'espace de quelques jours, ce clip a déjà été visionnée plus de trois millions de fois, signe que les Russes l’ont trouvée à leur goût, écrit le journal MOSKOVSKI KOMSOMOLETS, cité par le Courrier International. Alors que trouve-t-on dans cette vidéo ? A l’approche de la présidentielle du 18 mars prochain, on y voit un père de famille, qui n’a pas l’intention d’aller voter, faire un cauchemar. Réveillé le jour du scrutin par des coups à la porte, des militaires (dont un à la peau noire) viennent le recruter dans l’armée. Il tombe, ensuite, nez à nez avec son fils, affublé d’un costume d'une organisation de jeunesse en ex-URSS. Enfin dans sa cuisine, l’homme découvre un jeune gay, qui lui annonce avec aplomb que désormais chaque famille doit héberger un homosexuel. En clair, ce clip joue sur toutes les phobies des Russes : la conscription obligatoire, le retour de l’idéologie communiste, le racisme et enfin les homosexuels. D'où ce commentaire de la radio SVOBODA : le pouvoir cherche aujourd'hui à booster le taux de participation à la présidentielle de mars par des moyens inhabituels pour une campagne électorale, à savoir la grossièreté et l’homophobie. Et pourquoi ? Parce que le taux de participation est, en réalité, la seule inconnue du scrutin.

Par Thomas CLUZEL

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......