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En 2015, Nicolas Sarkozy (président de la République) et Brice Hortefeux (son ministre de l'intérieur)

A quand le dernier épisode ?

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Nicolas Sarkozy a été placé en garde à vue, mardi, dans l'enquête sur des soupçons de financement libyen de sa campagne présidentielle de 2007.

En 2015, Nicolas Sarkozy (président de la République) et Brice Hortefeux (son ministre de l'intérieur)
En 2015, Nicolas Sarkozy (président de la République) et Brice Hortefeux (son ministre de l'intérieur) Crédits : ERIC FEFERBERG - AFP

Le premier des feuilletons raconté, ce matin, dans la presse commence à dater, puisqu'il remonte à 2005. Cette année-là, Claude Guéant (ex bras droit de Nicolas Sarkozy) est soupçonné d'avoir perçu des versements en provenance de Tripoli, ainsi que semblent le confirmer les notes personnelles d'un homme d’affaires à la réputation sulfureuse, Alexandre Djouhri, arrêté à Londres en janvier dernier et dont la toute récente incarcération pourrait l’avoir amené à coopérer avec les juges. En réalité, ses fameuses notes ont été retrouvées à son domicile par la police suisse il y a, déjà, 3 ans. Sauf qu'après de longues années de blocages procéduriers, précise LE TEMPS, ces documents ne sont parvenus que voici quelques semaines sur le bureau des magistrats français. Et voilà donc, selon le journal de Lausanne, ce qui pourrait expliquer la convocation surprise, hier, de Nicolas Sarkozy par les policiers, chargés d'enquêter sur de prétendus financements libyens pour sa campagne présidentielle de 2012. 

Evidemment, sans présumer de la véracité des faits et sans nier au principal intéressé le droit à la présomption d'innocence, cette garde à vue, d'un ancien chef d'Etat, interroge la presse internationale. Tout d'abord et ainsi que l'écrit THE GUARDIAN, parce qu'il s’agit d’une enquête sur ce qui est potentiellement le plus grand scandale de financement politique en France depuis des décennies. Ensuite, relève LA VANGUARDIA, ce placement en garde à vue d'un ancien président jette une ombre sur l’image internationale de la France. En clair, il serait très grave de constater face à un tribunal qu’un chef d’État français est arrivé au pouvoir avec l’aide d’un dictateur africain, lui ayant versé des millions. 

On commence à se demander si le fait de réduire au silence le dictateur libyen n’aurait pas été une priorité pour Sarkozy.

Enfin, il y a un autre élément, tout aussi grave que le financement illégal d’une campagne électorale. Il concerne, cette fois-ci, la politique étrangère de la France et un fait : le renversement de Kadhafi. L’aide qu’aurait apporté le dictateur libyen à Sarkozy, une hypothèse qui devient plus vraisemblable aujourd’hui, conduit à mettre en doute, davantage encore, les motifs affichés de l’intervention militaire franco-britannique de 2011. A l'époque, rappelle toujours le quotidien espagnole, la décision de lancer cette opération avait fait l’objet de nombreuses réserves, et notamment en Italie : Silvio Berlusconi, autre personnage ayant des liens avec Kadhafi, avait prévenu des conséquences funestes que pouvait avoir une telle guerre. En vain. Et sept ans plus tard, on est donc en droit de se demander pourquoi la France (et la Grande-Bretagne) ont finalement agi de cette manière. Il est évident qu’il y avait des intérêts économiques en jeu, le pétrole au premier chef. Mais aujourd’hui, on commence à se demander si le fait de réduire au silence le dictateur libyen, en effaçant les traces de son aide, n’aurait pas été une priorité pour Sarkozy, qui faisait alors campagne pour sa réélection en 2012. D'où ce titre choisi, ce matin, par la correspondante du DAILY BEAST pour résumer le placement en garde à vue, hier, de Nicolas Sarkozy : la vengeance du fantôme de Kadhafi.

Le fils Kadhafi signe son retour dans la vie politique libyenne.

Sans compter que cette affaire vient nous rappeler, aussi, combien le renversement de Kadhafi, justement, a laissé place au chaos en Libye.Et à ce titre le Courrier International publie, ce matin, un article du quotidien de Beyrouth L'ORIENT LE JOUR sur un homme, qui en novembre 2011, était apparu sur une vidéo l’air amaigri, déguisé en chamelier et les doigts ensanglantés. Son nom : Seif Al-Islam Kadhafi. Un mois à peine après le lynchage à mort de son père, l'héritier du régime venait alors de se faire capturer par une milice armée en Libye. Or, libéré de prison en juin de l'année dernière, voilà que le fils du guide de la révolution signe aujourd’hui son retour dans la vie politique libyenne. Bien qu’il soit toujours condamné à mort par un tribunal à Tripoli et qu’il soit poursuivi par la CPI pour crime contre l’humanité, Seif Al-Islam entend être candidat à la prochaine élection présidentielle, prévue le 30 septembre prochain. Ses chances réelles demeurent pour le moins incertaines. Sa candidature dépendra de la future loi électorale, qui lui permettra ou non de se présenter. Il n’a, d'ailleurs, pour l’instant pas fait d’apparition publique. Reste que, même tapi dans l’ombre, le fils Kadhafi continue d’exercer une influence politique auprès de nombreuses tribus. 

Autre feuilleton à la Une de la presse, ce matin, l'affrontement entre le président américain et ses ex-maîtresses présumées. Hier, Karen McDougal (une ancienne-Playmate du magazine Playboy), qui prétend avoir eu une liaison avec Donald Trump, a porté plainte devant un tribunal de Los Angeles pour demander d'invalider la clause de confidentialité qu'elle a signée, en 2016, pour garder le silence. Elle devrait, d'ailleurs, être demain l'invitée de l'émission phare de la chaîne CNN "60 minutes". McDougal dit dans sa plainte avoir reçu 150 000 dollars pour son silence. Et elle précise que la moitié a été reversée à son avocat, qui était selon elle en collusion avec le camp Trump. Or depuis que cette liaison a été révélée dans la presse, elle dit faire l'objet de pressions et menaces pour ne pas parler.  

Et puis surtout, note THE NEW YORK TIMES, McDougal devient ainsi la deuxième femme, ce mois-ci, à porter plainte pour annuler un accord de confidentialité. Son cas fait écho à celui de Stormy Daniels, l'actrice porno qui soutient, elle aussi, avoir eu une liaison secrète avec le président. Enfin, ultime bataille judiciaire pour Donald Trump, relève toujours le quotidien américain, hier, un juge de Manhattan a autorisé la plainte de Summer Zervos, laquelle accuse le milliardaire de l'avoir harcelé sexuellement après son apparition dans son émission de télé-réalité en 2007. 

Enfin ultime feuilleton, ce matin, celui sur l'utilisation des données personnelles.Quand THE GUARDIAN s'interroge, ce matin, en Une : est-il temps de fermer votre compte Facebook ?, son confrère THE I somme, lui, Mark Zuckerberg de s'expliquer sur la fuite, à grande échelle, des données personnelles de 50 millions de ses abonnés, en direction d'une société impliquée dans la campagne de Trump. 

Et puis aux Pays-bas, là-bas, les Néerlandais doivent se prononcer, aujourd'hui, pour ou contre une loi de surveillance qui permettrait l'écoute massive de la population. Depuis le début de l'année, cette loi autorise les services secrets à conserver et à exploiter pendant trois ans les données de communication des citoyens, et ce, indépendamment de tout soupçon précis. La question de fond, écrit DE VOLKSKRANT est donc de savoir ce qui doit primer : la sécurité nationale ou la protection des données. Or tout le monde ou presque en est convaincu, assure le journal : cette loi sur le renseignement doit être renégociée.

Par Thomas CLUZEL

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