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Migrants détenus dans un centre libyen près de Tripoli

La révolte désespérée de 78 migrants dans le port libyen de Misrata s'achève dans la violence

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Des migrants secourus en Méditerranée par un cargo refusaient de débarquer en Libye d'où ils avaient fui vers l'Europe. La police libyenne les a finalement délogé de force mardi. Donald Trump accusé de "trahir les valeurs américaines" en refusant d'accuser MBS du meurtre de Jamal Khashoggi.

Migrants détenus dans un centre libyen près de Tripoli
Migrants détenus dans un centre libyen près de Tripoli Crédits : MAHMUD TURKIA - AFP

Dans le port de Misrata en Libye, la révolte de 78 migrants s'achève dans la violence. 

Violente intervention hier des forces de l'ordre libyennes pour déloger les "révoltés" non pas du Bounty mais du Nivin : c'est à lire, entre autres journaux ce matin, dans la Repubblica italienne.  

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Le Nivin, c'est un porte-container qui, le 8 novembre dernier, a secouru au large des côtes libyennes ces dizaines de personnes, dont une vingtaine de mineurs,  alors qu'il tentaient de rejoindre l'Italie à bord d'un bateau gonflable. Ils ont été accueillis à bord, c'est une obligation du droit maritime international, et ensuite, sur ordres des gardes-côtes libyens et comme c'est désormais la règle approuvée par l'Union européenne, c'est vers le port de Misrata, en Libye donc d'où ils étaient partis, que ces hommes, soudanais, érythréens, somaliens, pakistanais ont été ramenés pour y être débarqués. 

Et c'est là que débute leur "révolte" pacifique suivie depuis 10 jours par la presse internationale, aussi bien le Wall Street Journal que le libyen El Wasat: les 78 du Nivin ont refusé de descendre du bateau, expliquant qu'ils préféraient mourir à bord dans des conditions exécrables, plutôt que de revenir dans l'enfer libyen. Depuis Rome Il Fatto Quotidiano publie le témoignage vidéo de Christin, jeune erythréen.  

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Dans la cale du Nivin, Christin nous explique qu'il est en Libye depuis 2016, qu'il y a été vendu à trois reprises, qu'il a été battu, que son frère est mort dans ses bras en prison. Tant de choses qu'il a vues, alors dit-il, "comment descendre du bateau, revenir en Libye ? Si je débarque, ils pourront me tuer, ils pourront faire ce qu'ils veulent de moi. Alors je ne descendrai pas.". 

En refusant de débarquer, Christin et les autres ont tenté d'alerter la communauté internationale., dans un geste franchement désespéré.  Mais finalement, à la demande de l'armateur du bateau et de l'équipage, joint par Il Fato Quotidianno, qui constatait le blocage et se demandait comment tout cela allait finir, finalement, donc, les forces armées libyennes sont intervenues ce mardi pour déloger les migrants.  Des gaz lacrymogènes, des balles en caoutchouc ont été tirés ; 10 occupants du bateau ont été blessés et ont du être hospitalisés, les autres ont été placés en détention et leur sort, forcément, inquiète les ONG de la Méditerranée centrale, mais aussi les Nations Unies. 

Il faut dire, et c'est ce que fait l'agence italienne ANSA, que la justice de Libye compte les inculper pour "kidnapping, voire pour acte de piraterie".

Il y a un mois et demi, le journaliste saoudien Jamal Khashoggi était sauvagement assassiné et démembré dans les locaux du consulat d'Arabie Saoudite à Istanbul. Ce mardi Donald Trump a clos le dossier à sa manière.  

Il a livré ses propres conclusions, et, nous dit le New York Times,  ces conclusions "balayent d'un revers de main celles de la CIA" (qui établissait le fait que le prince héritier saoudien était bien au courant, sinon à l'origine, du projet d'assassinat de Khashoggi). 

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Mais, plus grave encore : en déclarant que Mohamed Bin Salmane a "peut-être fait tuer Khashoggi, mais peut-être pas", et que finalement le plus important c'est de préserver l'alliance américano-saoudienne, en portant ainsi la realpolitik à un tel niveau de franchise cynique, Donald Trump, selon l'édito du Washington Post, "calomnie tout autant la mémoire de Jamal Khashoggi" qu'il trahit les valeurs de l'Amérique" dans leur ensemble.  Un discours très moral, porté également par le New York Times, selon qui cette fois c'est clair : "Trump incarne bien les pires caricatures que le monde oppose souvent à l'Amérique : celles d'une puissance auto-centrée, obnubilée par l'argent et par ses propres intérêts à courte vue". En l’occurrence, le Président l'a dit lui-même face aux journalistes hier : il ne fallait surtout pas fâcher Riyad au risque de voir les cours du pétrole flamber et les ventes d'armes remises en cause. 

C'est pour cela, que le très pro-républicain Washington Examiner donne crédit à Trump d'avoir fait primer "la prudence" sur les grandes "valeurs" brandies par le Post et le Times. L'Examiner remarque, tout de même, que le Président a "repoussées à l'extrême les limites de la crédulité", pour ne pas voir les preuves de la culpabilité de  Mohammed Bin Salmane. Mais c'était paraît-il "le seul choix" qu'il avait, au nom de la sécurité des Etats-Unis et du Moyen-Orient.   

Les Etats-Unis qui montrent des signes de réconciliation avec la Chine dans le port de Hong-Kong.  

C'est le South China Morning Post qui nous raconte ces timides gestes réciproques d'apaisement, autour d'un navire de guerre américain : après six mois de très vives tensions diplomatique set commerciales, ce sont les chinois qui ont fait le premier pas, qui ont "tendu le rameau d'olivier" comme dit le quotidien de Hong-Kong ; ils ont accepté d'y laisser accoster le USS Ronald Reagan, porte-avion à propulsion nucléaire de la marine américaine, qui avait besoin d'une escale technique en Asie du Sud-Est. 

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Il faut rappeler, qu'il y a deux mois un autre bâtiment militaire US avait demandé à accoster à Hong-Kong et avait essuyé un refus retentissant. Mais cette fois, donc, Pékin a envoyé un signal de conciliation, analyse le South China Morning Post, et Washington y a répondu sur le même registre : une délégation de dignitaires chinois a été accueillie à bord de l'USS Ronald Reagan et s'est vu offrir une parade aérienne, avec catapultage et aterrissage d'avions de chasse sur le pont. Du grand spectacle réservé aux invités de marque. 

Voilà donc comment des grandes puissances fâchées tentent de se rabibocher ; la prochaine étape devrait être un dîner commun pour Xi Jin Ping et Donald Trump le 1er décembre après le sommet du G20 à Buenos Aires. Les délégations des deux pays en sont déjà à discuter du nombre de collaborateurs que chacune pourra amener autour de la table.

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