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Des manifestations d'opposition se sont déroulées dès mardi 22 janvier à Caracas.

L'opposition vénézuélienne repart à l'assaut de Nicolas Maduro, soutenue par la Maison Blanche

6 min
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Le vice-président américain Mike Pence a adressé mardi un message de soutien à l'opposition vénézuélienne qui mobilise ses partisans en ce 23 janvier. Suspense de façade en Algérie autour d'une candidature Bouteflika à présidentielle du 18 avril. Une idée pour sortir du shutdown aux Etats-Unis.

Des manifestations d'opposition se sont déroulées dès mardi 22 janvier à Caracas.
Des manifestations d'opposition se sont déroulées dès mardi 22 janvier à Caracas. Crédits : Miguel Gutierrez - Maxppp

Le Venezuela devrait connaître ce mercredi 23 janvier une journée de forte mobilisation politique. 

Comme nous l'explique la chaîne de télévision d'Etat VTV, "le peuple va descendre dans la rue comme un seul homme, pour défendre les acquis de la Révolution bolivarienne".  Une "grande marche" à l'appel du Parti socialiste Uni, celui du Président Nicolas Maduro, contre "l'ingérence des gouvernements de droite dans les affaires du Venezuela". C'est à peu près tout ce qu'il y a de notable, dans l'agenda du jour des médias officiels.

Et pourtant, au même moment, une statue de l'ex-président Hugo Chavez brûle, à San Felix dans le Delta de l'Orénoque. Mais ça, pour l'apprendre, il faut lire El Nacional, le grand journal de l'opposition que l'on trouve désormais uniquement en ligne.   

Les images du monument en flamme sont frappantes, surtout avec la bande-son, concert de klaxon, de casseroles et de cris de libération. On croirait assister à une sorte de Mardi gras politique où l'on brûlerait l'hiver chaviste.  Et c'est finalement bien ça, que semble annoncer cette manifestation : ce mercredi 23 janvier n'en déplaise aux médias d'Etat, c'est avant tout la date choisie par l'opposition vénézuélienne pour tenter un nouveau coup de force contre Maduro et son régime accusé d'avoir précipité le pays dans une crise économique et démocratique sans fond. 

Et la droite veut croire au "grand Jour" qu'elle n'a pas réussi à faire advenir depuis des années, car le contexte semble avoir changé.  El Nuevo Herald nous rappelle qu'hier des militaires se sont soulevés contre Maduro, et en faveur de l'Assemblée Nationale dominée par l'opposition. Le coup d'Etat a fait long feu, 27 putschistes présumés ont été arrêtés,  mais c'est une première fissure, veulent croire les anti-chavistes, dans le piédestal de Nicolas Maduro.  

Le camp présidentiel, lui, contre-attaque et accuse, comme à chaque fois, les Etats-Unis d'être derrière ces tentatives de le renverser. Sauf que cette fois, il a une bonne raison pour le faire:

c'est une massage vidéo adressé ce mardi par Mike Pence, vice-président américain, au peuple démocratique du Vénézuela pour lui dire que l'Amérique de Donald Trump le soutient, dans sa lutte d'aujourd'hui contre un Nicolas Maduro qualifié "d'usurpateur au pouvoir". 

"Nous sommes avec vous jusqu'à ce que la démocratie triomphe au Vénézuela, jusqu'à la Libertad. Vayan con Dios !" dit Mike Pence. L réponse de la vice-présidente Delcy Rodriguez n'a pas tardé, en trois mots avec là aussi un vrai effort linguistique : "Yankee, Go Home".

En Algérie, on connait depuis vendredi la date de la prochaine élection présidentielle. 

Ce sera le 18 avril, ça fait au moins une chose de sûre, dans une campagne qui "se conjugue encore à l'incertitude", selon l'éditorial du quotidien Liberté. "Gare au leurre", écrit le journal, à destination des 61 hommes politiques algériens qui ont retiré un dossier de candidature depuis vendredi.  

"A part le général Ali Ghédiri, qui est crédité par les médias des qualités à même d'en faire un sérieux candidat alternatif, tous les autres seront réduits au rôle de figurants" prédit Liberté, annonçant comme quasi-inéluctable "le scénario d'un cinquième mandat".  Ce scénario, qui est dans toutes les têtes et dans tous les articles de presse consacrés à cette campagne présidentielle, c'est celui d'une candidature du président Abdelaziz Bouteflika, 81 ans, pour un 5e mandat consécutif. 

Pour Liberté comme pour les autres, c'est clair, "sa candidature signifie sa victoire automatique", mais cette candidature n'est toujours pas officielle. Elle fait pourtant déjà bondir à peu près tous les autres candidats potentiels. Le HuffPost Maghreb cite le mouvement Mouwatana, "Citoyenneté et Démocratie", qui appelle d'ores et déjà au boycott de la présidentielle en cas de candidature de Bouteflika. "Pas question de crédibiliser un scrutin dont l'issue ne fera aucun doute, comme tous les précédents.". Pour Mouwatana cette issue, semble déjà claire : "le pouvoir va tenter de se maintenir par un cinquième mandat aussi scandaleux que dangereux pour le pays". 

En attendant, l'entourage du vieux président malade entretient toujours un semblant de suspens sur sa candidature, et pourtant El Watan s'insurge contre ces médias officiels qui ne parlent que de ça, de l'éventualité d'un 5e mandat d'Abdelaziz Bouteflika, et ne donnent aucune place aux voix de l'opposition. 

Tout est résumé dans une caricature signé Madjid Makedhi, où l'on voit une meute de journalistes, photographes et cameramen agglutinés autour d'un portrait du président posé sur son fauteuil roulant, pendant que, dans un coin du dessin, personne n'écoute le candidat d'opposition qui s'époumone à la tribune.   

Aux Etats-Unis le shutdown dure depuis un mois et un jour, et les espoirs de déblocage sont bien minces. 

Demain pourtant le Sénat américain votera deux propositions de textes, l'une démocrate, l'autre républicaine, pour relancer le financement des services publics non-essentiels. Mais ni le New York Times ni le Washington Post ne se font d'illusion sur le résultat : aucune des solutions ne sera approuvée à la majorité nécessaire de 60 sénateurs. Ces tentatives croisées ne devraient "servir à rien, sinon à permettre aux deux camps de dire qu'ils ont tendu la main et que c'est la faute des autres qui ne l'ont pas saisie". 

Alors quand, nous dit CNN, de plus en plus de fonctionnaires, sans salaire depuis 32 jours, sont obligés de se tourner vers les banques alimentaires pour nourrir leur famille, un élu républicain de l'Arizona fait une proposition : pour financer le projet de Mur frontalier voulu mordicus par Donald Trump, il suffit de taxer... les consommateurs de vidéos pornographiques en ligne.  L'idée est lumineuse, enfin selon son concepteur, interrogé par The Arizona Mirror : on vote une loi qui impose aux fabricants de smartphones, tablettes ou ordinateurs, d'installer un verrou informatique empêchant toute connexion à un site pornographique. Et s'il veut déverrouiller, l'utilisateur doit payer une taxe de 20 dollars... avec laquelle on finance la construction du mur de Trump.  

Bon, cet amendement-là non plus n'a aucune chance d'être voté, nous confirme ViceNews qui relaie l'info ; mais au moins nous voilà rassurés : même dans les milieux ultra-conservateurs du far west, les esprits les plus brillants du pays sont mobilisés pour trouver une issue au shutdown.

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