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Georges Soros à Berlin en 2015

Georges Soros, bête noire de l'ultra-droite, cible d'une attaque à la bombe déjouée

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Une bombe artisanale a été découverte près d'un résidence du milliardaire et philanthrope Georges Soros, quelques jours après des accusations lancées contre lui par Donald Trump. Au Venezuela, enterrement en catimini pour la MUD, l'opposition antichaviste. Découverte sous-marine en Mer noire.

Georges Soros à Berlin en 2015
Georges Soros à Berlin en 2015 Crédits : Andreas Gebert - Maxppp

A la Une de la presse ce matin, peut-être l'homme le plus détesté au monde : le milliardaire et philanthrope américain Georges Soros. Une bombe artisanale a été découverte dans sa boîte aux lettres, hier matin, près de New York. 

Heureusement, précise d'emblée le New York Times, la bombe en question, un morceau de tuyau bourré de poudre, n'a pas explosé, mais "elle aurait pu faire beaucoup de dégâts et des victimes", selon le quotidien qui reconnait aussi que "l'acte n'a pas été revendiqué et que ses motivations, du coup, ne sont pas clairement établies". 

Mais tout de même, c'est l'occasion pour le magazine Forbes de nous rappeler à quel point Georges Soros est devenu, ces dernières années, la bête noire de l'ultra-droite à travers le monde. Une détestation partagée aussi bien par Viktor Orban en Hongrie (pays que Soros, issu d'une famille juive, a fui à la fin de la 2e guerre mondiale) que par Donald Trump, aux Etats-Unis donc où il vit, et où il a bâti sa fortune à Wall Street. Même la droite française et l'hebdo Valeurs Actuelles ont donné ces derniers mois dans les théories conspirationnistes qui collent à la peau du milliardaire.

Geroges Soros, à la tête de sa fondation philanthropique Open Society, financerait donc, en sous-main, une politique libérale en matière de moeurs (pro-IVG, pro-LGBT), socialisante en matière d'économie, engagée dans la défense des droit de l'homme et des migrants, accusée, en résumé, de saper les valeurs chrétiennes de l'Occident et d'ouvrir la voie à une islamisation de nos sociétés. 

Ça fait beaucoup pour un seul homme, semble reconnaître Forbes, mais selon cette fois The Daily Beast, c'est en fait tout récemment que le nom de Soros est revenu à la Une des journaux, ramené par Donald Trump en personne.  Le président l'a accusé successivement d'avoir financé les campagnes d'étudiants démocrates contre le juge Brett Kavanaugh, et d'être derrière la "caravane des migrants", partie du Honduras et donc nous parlions ici même hier. 

"Ces dix derniers jours Trump a utilisé le nom de Georges Soros pour la première fois de sa présidence", s'interrogeait sur Fox News l'ancien conseiller d'Hillary Clinton, le démocrate Philippe Reines, "et l'on retrouve une bombe artisanale dans sa boîte aux lettres, est-ce qu'on peut vraiment parler d'une simple coïncidence?

Ce matin The Hollywood Reporter ne répond pas, bien sûr, à cette question, mais rappelle que parmi les plus influents promoteurs de la doctrine anti-Soros, on retrouve l'ancien conseiller de Donald Trump, Steve Bannon, qui oeuvre aujourd'hui aux côtés des leaders d'extrême-droite en Europe. 

Enfin, avec le journal juif new-yorkais The Forward, difficile de ne pas évoquer les connotations antisémites de cet acharnement contre Georges Soros. Pour exemple, cette caricature diffusée la semaine dernière par les Républicains dans l'Etat de Floride où l'on voit le milliardaire en marionnettiste, derrière le candidat démocrate au poste de gouverneur Andrew Gillum.  

Caricature de Georges Soros en marionnettiste du démocrate Andrew Gillum
Caricature de Georges Soros en marionnettiste du démocrate Andrew Gillum

The Forward nous rappelle à quel point cette image du riche juif qui tire les ficelles reste associée à la propagande du 3e Reich, mais connait un regain de popularité parmi la droite américaine en cette fin de campagne des mid-terms. 

Au Vénézuela, après des années de crise économique et politique, le président chaviste Nicolas Maduro se retrouve sans opposition structurée face à lui.  

On savait la MUD, la "mesa de la unidad democratica", soit en français "la plate-forme d'unité démocratique", moribonde depuis des mois, fragilisée par des années de répression politique. Mais le journal vénézuélien El Nacional prononce aujourd'hui son avis de décès : "L'alliance d'opposition a cessé d'exister", lentement dissoute, lira-t-on, dans les divisions internes. Constamment "accusée d'être réactionnaire et sournoise, elle aura été incapable de définir une ligne claire et commune face au régime chaviste". 

Et c'est l'occasion pour El Pais, depuis Caracas, de faire le bilan de ces dix années durant lesquelles, qu'on le veuille ou non, la fragile alliance a "incarné les espoirs d'alternative à Chavez puis Maduro, les espoirs d'en finir avec la déliquescence économique du pays". L'antichavisme n'aura pas suffi à affermir l'unité du mouvement : dès 2016, la population vénézuélienne a compris que la MUD ne faisait pas le poids, face au régime, et c'est cela nous dit Alonso Moleiro dans El Pais, cette "frustration", qui a conduit à la radicalisation des manifestations dans les rues de Caracas.  

Aujourd'hui, dans un pays qui se vide progressivement sur les chemins de l'émigration, Nicolas Maduro se retrouve avec face à lui une opposition "balkanisée", éclatée en trois branches désordonnées.    

Il est aussi question de découvertes sous-marines dans la presse internationale ce mercredi.

Avec des images saisissantes que l'on retrouve en bonne place dans les médias d'à peu près tous les continents : The Guardian, pour ne citer que lui, enthousiasme donc pour cette équipe de chercheurs bulgares et britanniques qui a exploré pendant des mois les fonds de la Mer Noire. Il s'agissait d'en dresser une cartographie précise mais, c'est tout le charme de la sérendipité dans la recherche scientifique, les océanographes ont trouvé tout autre chose, à savoir, l'épave la plus ancienne jamais découverte dans un état de conservation aussi intacte. 

Il s'agit d'un navire marchand grec vieux de 2400 ans,  le genre qu'on voit sur les décors d'amphores antiques mais qu'on n'avait encore vu de nos yeux.  Car si celui-ci est aussi bien conservé , nous expliquent ses découvreurs, c'est parce qu'il a fait naufrage à une profondeur où il n'y a plus d'oxygène dans l'eau donc plus de bactéries vivantes pour dégrader les matières organiques, le bois en particulier.  

Carte du lieu où l'épave a été retrouvée en Mer Noire
Carte du lieu où l'épave a été retrouvée en Mer Noire

Sur les photos et vidéos de l'épave, on distingue les sculptures sur la poupe, les cordes mêmes sont toujours là. Le Daily Télégraph imagine donc que des trésors antiques se trouvent peut-être encore dans sa cale, puisque la coque ne s'est pas brisée avec le temps. 

Vous le voyez, il est encore autorisé de rêver avec l'actualité et nos journaux ce matin ne s'en privent pas!

Chroniques

7H40
47 min

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