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Certains touristes viennent de loin pour s'immortaliser dans les décombres

Indonésie : le tsunami à l'ère du selfie

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Toute la région de l'est de Sumatra et de l'ouest de Java vit, depuis samedi et le tsunami, au ryhtme des secours qui s'activent pour aider les rescapés. Les médias du monde entier sont sur place pour en témoigner, tout comme les curieux qui se pressent pour se mettre en scène au milieu du drame.

Certains touristes viennent de loin pour s'immortaliser dans les décombres
Certains touristes viennent de loin pour s'immortaliser dans les décombres Crédits : Sonny TUMBELAKA - AFP

Dans la presse internationale ce matin, il est beaucoup question de l'Indonésie. Les médias montrent depuis samedi les paysages ravagés par le Tsunami et les secours à l'oeuvre sur le terrain. Mais sur les réseaux sociaux du monde entier, ce sont d'autres scènes qui sont mises en avant.

Avec un constat qu'il est bon de rappeler. Un théâtre de désolation, le lieu d'une catastrophe humaine, peut hélas devenir le point de rendez-vous de ceux qui recherchent la gloire virale des réseaux sociaux. Le Guardian détaille des scènes à peine croyables. La jeune Valentina, 18 ans, habitante du centre de l’île de Java, se trouvait en vacances à Jakarta au moment où le Tsunami a frappé les côtes indonésiennes. Elle n'a pas hésité, explique t-elle, à faire 3 heures de transport pour se rendre dans la région de Banten, dévastée par les flots. 

De son passage là-bas, elle en a tiré des séances de selfies. Séances, elles-mêmes documentées par des photojournalistes sur place. On la voit par exemple le bras levé, son téléphone à la main face à elle, en train de prendre la pose. Et derrière elle, un bâtiment détruit au milieu d'une zone inondée, près duquel une petit pelleteuse se tient prête à intervenir. Elle dit vouloir simplement être témoin du désastre et de la façon dont les gens sont touchés. Mais son sourire et son choix de pose très travaillé, montrent plutôt son désir d'être le sujet de ses clichés et non le témoin.  

Beaucoup de témoins comme Valentina se pressent dans les régions ravagées par le Tsunami avec le même désir de mise en scène. Parfois, note le Guardian, on tombe sur des profils différents. Solihat et ses trois amis, par exemple, font partie d'une organisation musulmane d'une des grandes villes de la région qui a récolté des dons de vêtements pour ceux qui ont tout perdu sur place. Faire ces selfies et les poster sur Facebook, explique t-elle, est une façon de prouver qu'elles sont bien sur place à apporter de l'aide aux sinistrés. Mais là encore, la mise en scène qu'impose l'exercice, paraît bien superficielle et déplacée dans de telles circonstances. 

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De mise en scène sur les réseaux sociaux, il en est aussi question dans le Jakarta Post et le New York Post. A travers le récit d'un rescapé bien particulier : celui du chanteur de Seventeen, ce groupe pop indonésien qui était sur scène au moment du drame. Tous les membres ont été emportés par les vagues, on peut le voir dans la vidéo qui circule dans les médias du monde entier. Ifan est le seul a avoir survécu et il le dit à travers des photos et des vidéos Instagram depuis samedi à mesure que les corps des autres membres sont retrouvés. Il n'a même pas pu aller aux funérailles de ses amis, raconte t-il, puisqu'il recherchait sa femme, elle aussi emporté par l'eau alors qu'elle se trouvait derrière la scène. Et le voila qui fini par poster une photo de lui à côté du cercueil blanc de sa chère et tendre. Il y a encore quelques jours, c'est leur amour, eux deux dans les bras l'un de l'autre, qui était mis en scène. 

Des témoignages des rescapés sont aussi dans la presse. Témoignages qui permettent de comprendre l'état d'esprit des indonésiens aujourd'hui.

Walid est pêcheur, il était à l'eau, nous dit le Jakarta Post, quand le volcan Anakra-katau a craché lave et fumée samedi. Pour ceux qui comme lui vivent sur la côte Ouest de Java, ce n'était rien qui sortait de l'ordinaire. Des éruptions, il y en a tous les jours depuis six mois, parfois près de 100 fois par jour. 

Samedi, Walid et ses collègues, sans s'inquiéter, pensaient qu'il ne s'agissait que des toux habituelles du volcan. Le niveau de l'eau pendant 1h a baissé sans qu'il ne comprenne pourquoi. Ce n'est qu'en rentrant au port de son village, balayé par les eaux, qu'il a compris ce qu'il s'était passé. Preuve que toute la population a été prise par surprise. 

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On comprend d'autant mieux la peur qui l'anime aujourd'hui... Peur que cela recommence, c'est le risque selon les experts.  Peur, au point de créer des paniques, comme l'explique le Süeddeutsche Zeitung. Hier, des centaines d'habitant de l'Est de Sumatra se sont mises à courir partout, leurs enfants dans les bras. Le tout encadré tant bien que mal par la police et les secours pour les guider vers les montagnes. Aucune vague n'est venue. Tout est parti d'une rumeur.

Changement complet de sujet maintenant, puisque la presse s'interroge aussi sur la situation politique aux Etats-Unis. Il n'est pas là question de Donald Trump, mais d'écologie.

Avec la montée en puissance d'une proposition concrète dans le débat politique depuis maintenant 1 mois. La nécessité d'un Green New Deal, un programme comme celui de Franklin Delano Roosevelt, lancé en 1933, pour réguler l'économie et réparer les effets de la Grande dépression. Avec cette fois-ci, un cadre de transformation écologique de la société. Particularité de ce projet : il est actuellement porté par un mouvement de jeunes particulièrement actif, nous raconte le New Yorker. Le mouvement Sunrise, qui a été lancé il y a 1 an et milite pour une transition juste vers une société et une économie vertes.  

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Leur méthode : du lobbying citoyen en direction des parlementaires avec parfois des opérations coups de poing, comme par exemple un sit-in à 200 personnes dans le bureau d'une importante membre démocrate de la Chambre des représentants. Pas question de parler des ours polaires qui meurent et des icebergs qui fondent, détaille l'article, il faut parler du changement climatique qui a un impact sur le quotidien des américains, sur l'emploi, sur la pauvreté, et même sur la question des races. Il faut donc influer directement sur les politiques, sur le Parti Démocrate, qui ne propose absolument rien en matière d'écologie. 

Et du soutien politique, ils en bénéficient... Le média en ligne Vox détaille les forces à l'oeuvre derrière tout ça. L'aile gauche du parti Démocrate. Ceux qui ont porté Bernie Sanders sur le devant du paysage politique. Ou plus récemment, qui ont aidé à faire émerger la nouvelle effigie à gauche depuis les élections de mid-terms, Alexandria Ocasio-Cortez. 

La toute jeune élue soutien l'initiative Sunrise.
La toute jeune élue soutien l'initiative Sunrise. Crédits : Brendan Smialowski - AFP

Élue à 29 ans cette année grâce à ses positions sur l'écologie et la justice sociale et promise à un bel avenir. Elle même soutien le mouvement Sunrise. Et drôle d'écho à l'actualité française. On reconnait les membres de ce mouvement à la couleur de leur logo, décliné sur leurs t-shirts et leurs pancartes. Jaunes.

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