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Luis Caputo en décembre 2016

L'Argentine donne des gages au FMI en limogeant son Banquier central

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En pleine renégociation de son prêt au FMI, l'Argentine a créé la surprise hier avec la démission de Luis Caputo, à la tête de la Banque centrale depuis moins de 4 mois. Au sommaire également, le "vote de défiance" des députés CSU-CDU contre Angela Merkel au Bundestag, et la prison pour Bill Cosby

Luis Caputo en décembre 2016
Luis Caputo en décembre 2016 Crédits : EITAN ABRAMOVICH - AFP

Le président de la Banque centrale d'Argentine a démissionné, hier, en pleine négociations avec le Fonds Monétaire International, et alors que le pays était paralysé par une grève générale. 

La nouvelle fait la Une de tous les journaux argentins. Il faut dire que personne n'attendait cette démission de Luis Caputo, décrite comme une "bombe" par la Nacion de Buenos Aires qui en révèle les coulisses. Derrière les "raisons personnelles" invoquées par ce très proche du président de droite Mauricio Macri, personne n'est dupe : le pouvoir argentin a dû limoger Caputo pour "rassurer le FMI". Car le pays renégocie en ce moment le prêt obtenu en juin auprès du Fonds, pour tenter d'en atténuer la facture sociale : des coupes dans les dépenses publiques et autres mesures d'austérité qui ont motivé hier une grève générale plutôt suivie par la population. 

D'ailleurs, dès que la démission de Luis Caputo a été officialisée, le Fonds Monétaire International a fait savoir que "la signature d'un accord n'avait jamais été aussi proche". Le Financial Times, qui titrait hier soir sur une "aggravation de la crise argentine", salue à présent lui aussi les efforts de Buenos Aires pour "restaurer la confiance". Il nous apprend également que le nouveau président de la Banque centrale argentine, Guido Sandléris, est un ancien collaborateur du FMI.  Christine Lagarde a déjà loué les "relations constructives" qu'elle entretient avec le successeur de Luis Caputo. 

Le départ de ce dernier est le gage d'une "plus grande indépendance de la banque centrale vis-à-vis du pouvoir politique", nous explique aussi le Financial Times, quand Caputo défendait l'interventionnisme de l'Etat sur les taux de change. 

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Dans son édito économique, enfin, Clarin s'interroge sur le "timing" choisi pour ce changement de banquier central. Il intervient au moment où le président Macri est à New York à l’Assemblée générale de l'ONU, et où la grève générale de 36 heures donne corps au rejet, par les syndicats et la population argentine, de la politique économique d'austérité. Le quotidien en veut pour preuve cette photo aérienne de la Place de la Constitution de Buenos Aires, hier : place déserte, alors qu'elle grouille habituellement de monde autour de sa gare routière.  "La grève a été fortement suivie", conclut Clarin, mais le gouvernement, trop occupé à rassurer le FMI et à obtenir son prêt, "n'a apparemment pas prévu de recevoir les représentants des syndicats".

En Allemagne, Angela Merkel est désavouée par les députés de sa propre majorité. 

Un véritable "vote de défiance" selon Der Spiegel adressé hier par les parlementaires CSU/CDU à la Chancelière : Angela Merkel avait fait campagne sans relâche pour faire réélire son ami Volker Kauder à la tête du groupe parlementaire de la majorité au Bundestag, mais une majorité de députés lui ont préféré un quasi-inconnu, Ralph Brinkhaus. Avant le vote, nous raconte Der Spiegel, l'optimisme de ce dernier faisait sourire, personne ne le prenait vraiment au sérieux, le vote devait être une simple formalité pour le sortant.  

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D'ailleurs, Die Zeit se demande : "Mais c'est qui, en fait, ce Ralph Brinkhaus ?"  Dans le même journal, l'analyse de ce vote-camouflet est sans appel : "Pour Angela Merkel, c'est désormais clair : le temps est venu pour elle de quitter le pouvoir". L'élection d'hier est un "séisme politique", lit-on également, avec tout de même cette nuance : le perdant, Volker Kauder, était un vieux briscard de la politique allemande clairement inféodé à la chancelière, mais sa réélection était aussi soutenue par Horst Seehofer, le leader de la CSU qui s'oppose très souvent ces derniers temps à Angela Merkel. Le vote de défiance, pour reprendre l'expression du Spiegel, s'adresse donc aux dirigeants des deux courants de la majorité. Leur perte d'autorité est exposée sur la place publique, conclut Die Welt, qui parle d'une "petite révolution", survenue hier au Bundestag.  

Une image, en Une de nombreux journaux à travers le Monde : c'est celle du comédien américain Bill Cosby, 81 ans, emmené menottes aux poignets après sa condamnation hier à de la prison ferme pour viol.  

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Bill Cosby, passé en quelques années de "papa préféré des Américains" à "prédateur sexuel violent", enregistré comme tel dans les fichiers de la Justice des Etats-Unis. Au-delà du récit de cette déchéance, retracé par la BBC, la presse nord-américaine semble avoir été marquée, lors des audiences d'appel, par le témoignage de la victime, Andrea Constand.  

En tout, elles sont une soixantaine de femmes à avoir porté plainte contre la star du petit écran, nous rappelle The Atlantic, mais seule la plainte pour viol de Constand a été rejugée hier. Et à lire son ultime déposition face au jury, retranscrite en intégralité par le New York Times, on comprend que, même avec Bill Cosby derrière les barreaux, pour une peine de 3 à 10 ans, l'histoire est loin d'être terminée. 

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C'est donc The Atlantic qui nous l'explique : le temps de la Justice, des procès, s'achève. Mais ce qui va rester, vivant, jamais éteint, ce sont les conséquences de ces violences sur leurs victimes. C'est là que les mots d'Andrea Constand résonnent particulièrement : pour comprendre cela, dit-elle, "vous auriez dû me connaître avant le viol, la jeune femme confiante et tournée vers un avenir prometteur que j'étais". Protégé par son impunité de mâle et de célébrité, "Bill Cosby a volé le bel esprit de ma jeunesse, et l'a mis en miettes. Je ne me suis mariée, je vis seule, et pour seuls compagnons fidèles, je n'ai que mes chiens." 

Cette histoire-là, condamnation ou pas, prison ou pas pour Bill Cosby, elle ne prendra jamais fin. "_On peut condamner un violeur, mais on ne peut pas effacer son geste et ses séquelle_s", déclarait pour sa part au tribunal la mère d'Andrea Constand. Et ce ne sont pas les paroles, citées par The Huffington Post, de l'agent de Bill Cosby qui vont aider à apaiser ces souffrances. Andrew Wyatt déclarait à la sortie du tribunal hier que son client était une nouvelle victime de cette "guerre des sexes", alimentée par "les médias dominants" dans la foulée du mouvement "metoo"...  Ce procès aura été "le plus sexiste, mais aussi le plus raciste de l'histoire des Etats-Unis" à entendre Wyatt, qui est allé jusqu'à comparer Cosby à Jésus-Christ, lui aussi "persécuté mais reconnu par Dieu dans son innocence."

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