LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Juillet 2013 : poignée de main entre Kim Jong-Un et le vice-secrétaire général du parti Baath syrien. La Corée-du Nord a fourni au régime les moyens de mettre en oeuvre un arsenal chimique

La Corée du Nord a permis à Bachar el Assad d'étoffer son arsenal chimique

5 min
À retrouver dans l'émission

Révélations dans la presse américaine quant aux collusions entre le régime de Pyongyang et celui de Bachar el Assad pour mettre en oeuvre des armes chimiques. Jared Kushner, gendre et haut conseiller de Donald Trump perd son habilitation "top-secret". Que peut encore faire l'Occident en Syrie ?

Juillet 2013 : poignée de main entre Kim Jong-Un et le vice-secrétaire général du parti Baath syrien. La Corée-du Nord a fourni au régime les moyens de mettre en oeuvre un arsenal chimique
Juillet 2013 : poignée de main entre Kim Jong-Un et le vice-secrétaire général du parti Baath syrien. La Corée-du Nord a fourni au régime les moyens de mettre en oeuvre un arsenal chimique Crédits : AFP PHOTO / KCNA VIA KNS - AFP

Révélations dans la presse américaine ce matin : une collusion entre le régime de Bachar el Assad et la Corée du Nord, pour produire des armes chimiques !  Le New York Times  et le Wall Street Journal ont en effet mis la main sur un lourd rapport rédigé par des enquêteurs des Nations Unies qui détaille les transferts physique de technologie opérés en Syrie par Pyong Yang. C'est en enquêtant sur le régime de sanction qui frappe la Corée du Nord, que la petite dizaine de spécialistes mandatés par les Nations Unies est tombée sur ces cargaisons, transportées par mer (et sur des bateaux chinois) depuis la Corée du Nord jusqu'aux ports syriens...   "Des preuves déterminantes de cette collusion ont été mises au jour en janvier 2017 lorsque deux navires transportant des tuiles spéciales résistantes aux acides et communément utilisées dans les usines qui produisent des armes chimiques ont été arraisonnés en mer alors qu'ils se dirigeaient vers Damas", écrit le New York Times citant le rapport onusien. "ces deux cargaisons faisaient partie d'un lot de cinq et toutes avaient été contractées par une société publique syrienne auprès de la Korea Mining Developpment Trading Corporation, une compagnie nord coréenne impliquée dans les exportations d'armement".   Les liens entre Corée du Nord et régime syrien sont anciens, rappelle encore le New York Times ;des officiers et ingénieurs nord-coréens ayant depuis longtemps participé en Syrie à l'élaboration du programme d'armement syrien, notamment de ses missiles. Mais force est de constater que ces liens se sont poursuivis durant la guerre civile et probablement pour mettre en oeuvre des armements chimiques entre 2011 et 2017, au moment même où Damas était censée se débarrasser de tout son potentiel offensif de cette nature. 

A Washington, c'est le gendre du président Jared Kushner qui se retrouve sur la sellette ; en effet il vient de perdre son habilitation top-secret ainsi en a décidé le chef de cabinet de la Maison Blanche John Kelly. Le gendre du président ne pourra plus avoir accès aux briefings du Renseignement américain, ce qui risque de limiter son champs d'action alors même que Jared kushner est impliqué dans certains des dossiers les plus importants de la politique extérieure américaine, relève le site en ligne POLITICO... Kushner, en effet, chapeaute notamment la possible relance du processus de paix entre Israël et les Palestiniens pour le compte de la Maison Blanche. Cette rétrogradation de Jared Kushner à un niveau d'habilitation simple est sans doute due aux complexes réseaux de relations personnelles et financière que le gendre de Donald Trump entretenait avec des puissances étrangères. Le Washington Post, citant plusieurs haut fonctionnaires du renseignement américain, révèle d'ailleurs dans son édition de ce mardi qu'au moins quatre pays : la Chine, le Mexique, Israël et les Emirats Arabes Unis  ont envisagé de manipuler Jared Kuchner compte tenu des faiblesses et de l'inexpérience du gendre du président... Qu'il ait ainsi été évalué par des services de renseignement étrangers comme un possible atout , pouvant prêter le flanc à diverses pressions ou manipulations, explique sans doute pourquoi le mari d'Ivanka Trump, présentement "haut conseiller" du président américain, n'est plus aujourd'hui habilité au top-secret.  

Enfin les éditorialistes se demandent aussi ce que l'Occident pourrait bien faire en Syrie pour mettre un terme au massacre...   Pas grand chose si l'on suit ce qu'en dit par exemple Nathalie Nougayrède dans les colonnes du Guardian ce matin. On se souviendra de la guerre syrienne comme de la "défaite morale de l'Europe", écrit l'éditorialiste. "La Syrie est la démonstration de notre impuissance absolue, poursuit-elle ; Elle est "le vortex dans lequel un ordre mondial basé sur des règles s'effiloche à toute vitesse et nous devrions nous en soucier parce que l'enjeu des Nations Unies a toujours été plus important en Europe qu'aux Etats-Unis... Quand les règles s'effondrent, comme ce qui s'est passé durant les années 30 avec l'explosion de la Société des Nations, nous savons très bien nous en Europe quel type de bêtes féroces peuvent dresser leurs têtes... Aujourd'hui la Syrie est l'endroit où les autocrates et les nouveaux dictateurs prévalent... Poutine, Recep Tayyip Erdogan et la théocratie militaire iranienne y tiennent le haut du pavé tandis qu'en face on ne peut pas dire que la personnalité d'un Donald Trump puisse faire office de flambeau particulièrement rassurant", se désole-t-elle...  

Pour David Ignatius, du Washington Post il ne s'agit plus en effet pour l'Occident que de faire valoir une sorte de "stratégie de la corde raide" en Syrie, compte tenu des enjeux poursuivis par des acteurs de plus en plus variés. S'agit-il surtout de contrer l'Iran sur le terrain syrien ? C'est manifestement aujourd'hui "l'une des priorité de l'administration américaine, comme d'ailleurs d'Israel" et pour sortir du chaos syrien, écrit encore David Ignatius, "les experts, aussi bien à Washington qu'à Tel Aviv soupèsent en ce moment même la possibilité d'un éventuel accord entre les alliés clefs des Etats-Unis en Syrie : Les Kurdes des Forces Démocratiques Syriennes et l'Etat syrien... Une telle  alliance entre les Kurdes et le gouvernement pourrait se révéler un bien meilleur rempart contre l'influence de l'Iran que par exemple une présence militaire américaine qui n'est de toute façon pas viable à terme". Un tel deal entre le régime actuel et les Kurdes pourrait même "constituer la colonne vertébrale d'une future Syrie, nouvelle et réformée", espère encore David Ignatius... Reste que sur le terrain syrien, les accords - y compris les plus minimaux comme un cesser le feu de quelques heures hier sur la Ghouta orientale par exemple - ne sont toujours pas à l'ordre du jour.

L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......