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Photos de Ouighours emprisonnés placardées en signe de protestation à Hong-Kong

Chine : la réalité du calvaire des Ouïghours surgit dans les récits des exilés

5 min
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Les médias australiens et américains livrent les témoignages de membres de la minorité musulmane chinoise en exil, sur les internements de force et les tortures qu'ils subissent chez eux. La presse britannique doute des méthodes de Theresa May pour "vendre" son Brexil à travers le Royaume-Uni.

Photos de Ouighours emprisonnés placardées en signe de protestation à Hong-Kong
Photos de Ouighours emprisonnés placardées en signe de protestation à Hong-Kong Crédits : ALEX HOFFORD - Maxppp

Pour s'informer sur ce qui se passe en ce moment dans l'Ouest de la Chine, il vaut mieux lire la presse anglo-saxonne. 

Reportage dans l'édition australienne du Guardian, auprès des Ouïghours exilés : ces musulmans turcophones, originaires de la région du Xinjiang, vivent à distance les persécutions que subissent, chez eux, les membres de leur famille.  On les rencontre dans le secret des arrières-boutiques de Sydney, où ces émigrés parlent dans la crainte des espions de Pékin. Même à des milliers de kilomètres de chez eux, ils craignent des représailles, si l'on apprend qu'ils ont évoqué ces "camps de rééducation" où les Ouïghours sont internés de force par le régime chinois qui veut les "siniser" et les faire renoncer, de force, à l'Islam. 

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Dans le reportage du Guardian, on rencontre donc Arzu, Amir, ou Gul : autant de noms d'emprunts, et de Ouïghours vivant en Australie mais dont les proches restés au Xinjiang ont disparu, pendant de longs mois, avant de réapparaître sans pouvoir dire vraiment ce qu'ils ont subi.  Ils communiquent par code, expliquant qu'ils ont du passer du temps "à l’hôpital", ou "en formation", mais à Sydney, on sait bien que cela veut dire : qu'ils ont été eux aussi capturés et détenus dans ces camps où Pékin affirme leur offrir des cours de langue, de civilisation chinoise, et d'insertion professionnelle. 

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La réalité est beaucoup plus cruelle, mais c'est cette fois à Washington qu'elle se fait jour, dans le récit d'internement livré par une rescapée, Mirhigul Tursun, à la chaîne américaine CBSNews. Il n'y est pas question de rééducation mais bien de tortures : des mois de détentions dans des cellules bondées, les cheveux tondus de force, l'obligation de chanter des hymnes à la gloire du communisme, mais surtout les violences soi-disant médicales, et les séances d'électrocutions pour lui asséner l'idée qu'"être Ouïghour, c'est un crime",  un mal qu'il faudrait extirper de soi.   

Ces témoignages de Ouighours sont quasi-impossibles à recueillir sur place, dans l'extrême-Ouest de la Chine. 

Ces derniers mois, des journalistes de CNN ont vu leurs visas refusés, une autre de Buzzfeed a été expulsé du pays mani-militari, pour avoir enquêté sur le "nouvel archipel du goulag chinois". Vouloir rencontrer des Ouïghours en Chine, quand on est journaliste étranger, c'est leur faire courir à eux des risques majeurs, et risquer soi-même de se voir montrer la porte. 

Alors, c'est de l'extérieur que s'élèvent des voix pour dénoncer ce crime de masse :  dans The New Arab, on lit la tribune de 300 universitaires à travers le monde qui appellent la Communauté internationale à sanctionner Pékin pour que cesse sa politique d'internement.  

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Ce à quoi sur CNN l'ambassadeur de Chine aux Etats-Unis répond par la menace de représailles si des sanctions étaient réellement prises.  La conclusion, elle est à lire dans The Atlantic : dans trois jours, Donald Trump doit rencontrer le président chinois Xi Jinping  au G20 de Buenos Aires. Il y a deux mois, quand les relations entre les deux puissances étaient glaciales, l'administration Trump avait bien fait mine d'utiliser la cause ouighoure pour accentuer la pression sur Pékin. Mais les temps ont changé : désormais américains et chinois veulent acter leur réchauffement diplomatique. Il y a donc fort à craindre que les questions qui fâchent, celles des droits de l'Homme et en particulier de la minorité ouighoure. soit consciencieusement évités à Buenos Aires.

Dans la presse du Royaume-Uni, on commente abondamment l'étrange tournée dans laquelle s'est lancée Theresa May. 

La Première ministre britannique est "en campagne", comme le titre le Financial Times, elle se bat pour "vendre son accord sur le Brexit" et pour cela, elle a repris son bâton de pèlerin... ou plutôt son parapluie :  c'est sous cet indispensable accessoire de saison qu'on la voit, en photo de Une, dans The Independent, The Guardian et donc le Financial Times

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Cliché pris hier dans la première étape de cette campagne au Pays-de-Galles, en attendant celle de ce mercredi en Ecosse. Theresa May a donc quinze jours pour convaincre à travers le Royaume, nous explique à son tour le Daily Mail qui donne à la chef du gouvernement des nouvelles plutôt encourageantes : selon son sondage exclusif, 52% des britanniques soutiennent l'accord négocié par May à Bruxelles, ou en tous cas ils pensent que c'est "le meilleur plan sur la table". On pourrait objecter qu'il n'y en a pas vraiment d'autre... 

Mais le soucis, pour Theresa May, c'est que ce n'est pas la population qui votera le 11 décembre pour valider l'accord, ce sont les membres du Parlement. Et eux, d'après les derniers calculs du Times, sont une majorité à vouloir voter contre. Les irlandais du DUP, les travaillistes, mais aussi environ 80 conservateurs partisans d'un Brexit plus dur sont pressentis pour faire barrage à l'accord. Theresa May bataille donc, pour les faire changer d'avis, et certains lui prêtent des méthodes franchement clientélistes : toujours selon The Times, un ancien ministre conservateur se serait vu promettre un siège à vie à la chambre des Lords s'il accepte de voter "Yes" à l'accord. 

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Mais le principal argument de May se résume ainsi selon le Daily Telegraph : "c'est mon Brexit, ou le chaos". Sauf que la Première ministre est accusée par le quotidien de ne pas jouer franc-jeu, en refusant de publier les conclusions d'experts sur les conséquences de son accord en matière de politique douanière ou d'immigration. 

Ce même Telegraph, enfin, publie un parti-pris signé de l'un de ses grands chroniqueurs politiques. Pour Philipp Johnston la chose est entendue dès les premières lignes : "il est temps pour le gouvernement d'agir en homme", écrit-il (et je vous laisse apprécier la condescendance mysogyne du propos) ; il est temps, donc, de "dire à Theresa May qu'elle a fait de son mieux, mais que la partie 'arrête là pour elle".

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