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Réfugiés vénézuéliens dans la région brésilienne de Roraïma

L'exode des Vénézuéliens pousse le Brésil à mobiliser son armée à la frontière

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Le président brésilien Michel Temer ordonne que les pouvoirs de police soient confiés à l'armée dans la région de Roraïma, à la frontière avec le Venezuela, où affluent chaque jour des centaines de réfugiés. Retour également sur la démission de Nicolas Hulot vue par la presse européenne.

Réfugiés vénézuéliens dans la région brésilienne de Roraïma
Réfugiés vénézuéliens dans la région brésilienne de Roraïma Crédits : Mauro Pimentel - AFP

Ce matin encore l'actualité internationale se concentre à une frontière, traversée chaque jour par des centaines de réfugiés. 

C'est au Brésil que nous débutons cette revue de presse, avec beaucoup d'articles sur la décision du président Michel Temer de mobiliser l'armée dans l'extrême-nord du pays, pour faire face à l'afflux d'exilés vénézuéliens. 

Le quotidien O Globo, à Brasilia, nous rappelle que depuis un an ils sont déjà 127 000 à avoir fui le voisin du Nord et sa crise tout autant politique qu'économique et sociale. Ils sont nombreux à s'installer dans cette région brésilienne de Roraïma, l'une des plus pauvres du pays et qui a bien du mal à faire face. Le gouvernement fédéral reprend donc la main en donnant les pouvoirs de police aux militaires. Car le problème est au moins autant sécuritaire, qu'humanitaire : O Globo nous raconte que des Brésiliens ont récemment mis le feu à des cabanes bâties à la va-vite par des migrants sur les trottoirs de Pacaraïma.

Les conditions de vie des exilés sont très précaires, et la presse vénézuélienne ne se prive pas pour le rappeler, à ceux qui seraient tenter de partir à leur tour. Cela donne un long et saisissant reportage lu dans le Diario Panorama : où l'on croise des Vénézuéliens qui ont tout perdu, à commencer par leur dignité. Une femme rencontrée était auxiliaire médicale dans son pays, la voilà devenue sans abri à Boa Vista, ville brésilienne où les Vénézuéliens représenteraient déjà près de 10% de la population. 

Dans El Universal, à Caracas, on préfère évoquer ces 89 concitoyens qui eux sont déjà rentrés, depuis le Pérou, à bord d'un avion affrété par le gouvernement de Nicolas Maduro. "Ils n'ont pas trouvé là-bas les opportunités qu'ils cherchaient à l'étranger, alors ils ont demandé à bénéficier du plan de retour vers la mère Patrie" s'est empressé de commenter, le ministère des Affaires étrangères du Venezuela cité par l'article.  

La démission de Nicolas Hulot en France fait largement réagir la presse européenne 

Dans les colonnes du Temps de Lausanne, Richard Werly met l'accent sur ce nouvel échec de l'écologie politique, cette "fatalité française". Les écolos français, nous dit l'éditorialiste suisse, ne sont jamais arrivés à dompter "l'équation, brute, dure, du pouvoir : la verticalité de la 5e République, la puissance du lobby nucléaire, la caste des technocrates soucieux de leur carrière. [...] A la télévision, du temps d'Ushuaïa, Nicolas Hulot n'avait jamais échoué dans ses paris les plus fous. Mais la politique n'a rien à voir avec la télévision, il n'y suffit pas d'être convaincant".

"La démission de Nicolas Hulot est loin d'être une affaire exclusivement française" nous dit dans le Fato Quotidiano la co-présidente du Parti écologiste européen, l'italienne Monica Frassoni. Cette démission, selon elle, révèle la difficulté, pour les gouvernements européens, à mener cette lutte décisive de la transition écologique. La "déclaration de solitude et de faiblesse", de Hulot en France pourrait donc être reprise par tous les écologistes européens.

D'ailleurs, pour le site Politico, Emmanuel Macron "ne perd pas seulement l'un de ses ministres les plus populaires, il perd surtout un allié puissant dans sa volonté de bâtir une grande coalition centriste pour remporter les prochaines élections européennes". C'est en fait tout son positionnement "ni gauche ni droite" qui est remis en cause: ses réformes économiques libérales empêchent toute alliance avec des formations de gauche, et l'affaiblissement de sa politique écologique, devrait aussi dissuader des partis européens qui font de la question environnementale une priorité.  

Au Maroc c'est le calvaire subi par une jeune fille de 17 ans qui occupe les conversations, et les Unes des journaux. 

C'est "l'affaire Khadija", du nom de cette jeune Marocaine séquestrée, torturée, réduite en esclavage sexuel et tatouée de force, pendant des semaines, par un groupe d'hommes dans le centre du pays. L'horreur des faits a suscité une impressionnante vague de soutiens ces derniers jours dans l'opinion publique marocaine, et ce matin la presse du Royaume, à l'image du site H24, se félicite que 12 jeunes âgés de 18 à 24 ans soient sous les verrous, en détention préventive avant un procès prévu la semaine prochaine.

Mais l'écho de ce qu'a enduré Khadija est bien plus profond, comprend-on avec cette tribune publiée par l'hebdomadaire Tel Quel : elle est signée par l'écrivain Abdellah Taïa. "Une fois de plus, c'est le viol banalisé des femmes marocaines" qui apparaît au grand jour... Et "comme toujours ce sont les femmes qui paient le prix fort de tous les dysfonctionnements d'une société qui ne veut pas grandir". La tribune d'Abdellah Taïa appelle "à repenser le contrat social" qui unit hommes et femmes au Maroc. Il appelle le pouvoir politique à faire oeuvre d'éducation populaire, car dit-il enfin, "la chute d'un homme c'est la chute de tout un pays".  

Notre revue de presse se referme, pour aujourd'hui, avec la "scallop war", cette guerre de la coquille Saint-Jacques, qui agite la presse britannique. A lire, entre autres, dans le Guardian, et sur le site de la BBC, le récit d'une véritable bataille navale, hier matin en Baie de Seine, avec 35 bateaux de pêche français qui ont encerclé, éperonné, caillassé puis mis en fuite cinq vaisseaux anglais qu'ils accusaient de piller leur gisement de coquillages.

La BBC nous explique que la guerre couve depuis 15 ans, d'ordinaire résolue par des accords annuels, mais cette année la France aurait bloqué le deal. Il faut dire que l'on est en pleines négociations sur le Brexit, et c'est de là que pourrait venir la solution, disent certains pêcheurs normands : si les Britanniques quittent l'UE sans accord, leurs pêcheurs n'auront plus accès aux zones de pêches de la Baie de Seine. Et la guerre de la coquille Saint-Jacques ne sera plus qu'un mauvais souvenir.

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