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Banderoles contre Donald Trump et ses discours de haine anti-migrants à Pittsburgh

Droit du sol : Donald Trump détourne la fin de campagne des mid-terms en un débat sur l'identité nationale

5 min
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Donald Trump veut en finir avec l'interprétation du 14e amendement de la Constitution américaine qui instaure le droit du sol pour les enfants de clandestins. Sa proposition est jugée inconstitutionnelle par de nombreux juristes. Au Sri Lanka la crise politique fait craindre un "bain de sang".

Banderoles contre Donald Trump et ses discours de haine anti-migrants à Pittsburgh
Banderoles contre Donald Trump et ses discours de haine anti-migrants à Pittsburgh Crédits : JARED WICKERHAM - Maxppp

Aux Etats-Unis, Donald Trump transforme la fin de campagne des élections de mi-mandat en une sorte de référendum sur l'identité nationale américaine.  

Pour le Washington Post ce matin ça ne fait aucun doute: à une semaine de ce scrutin crucial des midterms, Trump a décidé sciemment de faire dérailler la campagne, e l'axer à fond sur la thématique identitaire, avec un discours particulièrement violent contre l'immigration clandestine. 

Ça s'est confirmé hier avec cette annonce, comme une révélation : le président américain veut en finir avec le droit du sol, cette disposition, "ridicule" selon lui, mais inscrite dans la Constitution depuis 1868, qui fait de tout enfant né sur le sol américain un citoyen de plein droit, quels que soient son origine, sa race, sa religion ou le statut de ses parents. 

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A l'époque, nous rappelle USA Today, c'est le cas d'un enfant né de deux migrants chinois, qui avait présidé à la rédaction du 14e amendement de la Constitution américaine. C'est donc celui-ci, comprend-on aujourd'hui, qui est la cible de Trump dans le cadre d'un projet qu'il semble nourrir depuis bien plus longtemps qu'hier, avec par exemple son insistance à faire nommer à la Cour Suprême le juge très conservateur Brett Kavanaugh. 

Car "la remise en cause du droit du sol va à rebours de tout consensus juridique", note le New York Times. Quand Donald Trump explique que dans sa vision des choses, le 14e amendement ne doit pas s'appliquer à des enfants dont les parents sont entrés aux Etats-Unis de manière illégale, il repose une question qui a déjà été maintes fois tranchée, en un siècle et demi, et qui ne fait plus vraiment débat chez les constitutionnalistes. 

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Ce qui ne fait pas débat non plus, à lire la tribune publiée par deux éminents juristes dans le Washington Post, c'est le fait que la volonté affichée de Trump, de rayer le droit du sol pour les clandestins en signant un simple décret présidentiel, un "ordre exécutif", est franchement "inconstitutionnelle".  C'est ce qu'affirment les juristes Neal Katyal et Georges Conway, ce dernier étant, pour la petite histoire, le mari de  Kellyanne Conway, directrice de la communication de la Maison Blanche.  

Mais revenons sur le fond, avec donc la tribune du Washington Post, qui nous rappelle que les pères de la Constitution américaine ont conçu le 14e amendement avec, à l'esprit, un rejet farouche de la mentalité esclavagiste de l'époque qui créait des sous-citoyens en fonction de leur naissance.  Ils voulaient en finir avec cette injustice et ont donc fait en sorte, dans les mots choisis, d'empêcher toute exception à ce grand principe du droit du sol, celui-là même qui est jugé "ridicule et nocif", à présent par Donald Trump. 

Mais qu'on ne s'y trompe pas, nous dit le site The Hill, Trump prend cette position pour aller dans le sens de sa base électorale nationaliste qu'il sait pouvoir mobiliser facilement sur des questions identitaires, comme il l'avait fait en 2016.  Quitte, à une semaine des midterms, à dérouter complètement les candidats du Parti républicain, loin d'être tous sur la même ligne politique, et dont plusieurs ont fait savoir qu'ils ne suivraient pas leur Président sur ce coup-là.

Le Sri-Lanka se retrouve depuis vendredi au cœur d'une crise politique qui a tous les attributs d'un putsch. 

C'est l'Indian Express qui fait cette analyse, en nous rappelant ce qui s'est passé ce 26 octobre dans la capitale Colombo : "une opération secrètement préparée ; un gouvernement renversé alors que son chef est en déplacement loin de son Palais ; la nomination précipitée d'un successeur très contesté ; les partisans de ce dernier qui prennent le contrôle des médias officiels et de certaines institutions..." Tout cela a eu lieu, donc au Sri Lanka, avec la bénédiction du président Maithripala Sirisena pour chasser du pouvoir le premier ministre Ranil Wickremesinghe et mettre à sa place Mahinda Rajapaksa , lequel est loin d'être un inconnu : il a été le président du Sri Lanka de 2005 à 2015 en pleine guerre civile. Il est d'ailleurs accusé d'avoir fait tuer à l'époque des milliers de tamouls.   

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Dans les pages du Guardian, on lira que le retour de Rajapaksa, et la manière dont il a été orchestré, ont poussé hier encore des dizaines de milliers de Sri-lankais dans les rues de Colombo, pour soutenir le premier ministre limogé Wickremesinghe, retranché depuis vendredi dans la résidence officielle qu'il refuse de quitter. Dans les précédentes manifestations lundi, un homme a été tué par balles. Le président du Parlement national avait d'ailleurs prévenu, "si cette crise déborde sur la rue, il va y avoir un énorme bain de sang". Il faut ajouter au passage que le président Sirisena, qui semble bien être le premier responsable de toute cette crise à en croire le quotidien sri-lankais The Island, a fait bloquer l'accès au Parlement depuis le "coup" de vendredi. La foule des manifestants d'hier réclamait justement que les députés puissent se réunir, et dire quel premier ministre ils soutiennent majoritairement.  

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Mais ce qui inquiète aussi le Guardian, c'est qu'avec le retour au pouvoir du tortionnaire présumé Rajapaksa, la justice sri-lankaise abandonne les poursuites lancées contre les auteurs des atrocités de la guerre civile et des persécutions de défenseurs de droits de l'Homme commises sous sa présidence.  

Enfin Al Jazeera nous fait entendre la voix de la minorité tamoule, qui court selon la chaîne qatari un "risque imminent" avec le retour de Rajapaksa. Des tamouls, qui ne se faisaient pas d'illusion sur le fait que leur ennemi juré allait revenir au premier plan. Avec son retour, semble s'annoncer celui des tensions ethniques et des répressions politiques pour lesquelles la période d'apaisement et de réunion nationale, au Sri Lanka, n'aura apparemment pas duré plus de trois années.

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