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Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, à Yaoundé. L'opposant camerounais, arrêté lundi après des manifestations non autorisées, va faire l'objet d'une enquête.

Le sort de l'opposant camerounais Maurice Kamto en question

5 min
À retrouver dans l'émission

Arrêté lundi, accusé notamment d'incitation à l'insurrection, l'opposant camerounais Maurice Kamto doit comparaître ce vendredi. La question des libertés numériques en Afrique. La fin du procès du narcotrafiquant El Chapo. Encore mieux qu'une série télévisée raconte le Washington Post.

Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, à Yaoundé. L'opposant camerounais, arrêté lundi après des manifestations non autorisées, va faire l'objet d'une enquête.
Le leader du Mouvement pour la renaissance du Cameroun (MRC), Maurice Kamto, à Yaoundé. L'opposant camerounais, arrêté lundi après des manifestations non autorisées, va faire l'objet d'une enquête. Crédits : Reinnier Kaze - AFP

Direction le Cameroun, au lendemain de l'interdiction des manifestations contre la réélection de Paul Biya, 85 ans, à la tête du pays depuis 1982. Cela fait un peu plus de 36 ans et il n'entend pas céder à la rue qui, depuis fin octobre et l'annonce des résultats de la présidentielle, se mobilise pour contester un scrutin marqué par les violences. Ce vendredi et samedi, le parti de Maurice Kamto, l'ancien ministre de la justice de Paul Biya devenu son principal opposant, avait prévu de défiler dans la capitale. Mais le préfet a pris les devants  pour interdire, je cite, "les marches de revendication, de protestation et de désapprobation projetées à Yaoundé". 

Maurice Kamto est détenu depuis lundi par les forces d'élite de la police, sous le coup de 8 chefs d'accusation dont rébellion, incitation à l'insurrection, ou encore hostilité à la patrie et association de malfaiteurs. Plus de 200 de ses partisans avaient été arrêtés samedi dernier lors de la marche blanche de l'opposition. Parmi eux, rappelle Jeune Afrique, le chanteur et animateur de radio Général Valsero, très influent auprès de la jeunesse camerounaise. 

L'un de ses derniers titres "Zombie" ne laissait guère de doute sur son engagement politique. Dans son clip, écrit Jeune Afrique, les zombies, dont l'un porte un tee shirt "Votez Biya", sont les victimes d'un système qui les aveugle et les manipule.  

Cameroun Info donne la parole au Redhac, le Réseau de défenseurs des droits humains en Afrique centrale qui s'interroge : 

"Comment expliquer la brutalité des forces de sécurité alors qu'il s'agissait seulement d'une manifestation pacifique pour exprimer les points de vue d'un parti politique?". 

Quand BBC Afrique rappelle que la détention de Maurice Kamto ne peut-être prolongée au-delà de ce vendredi. Il doit être traduit devant un tribunal militaire aujourd'hui, confirme le Journal du Cameroun, selon lequel Maurice Kamto a entamé une grève de la faim.   

L'Afrique toujours ce matin, internet et les réseaux sociaux...  Whatsapp, Facebook, Twitter dans le collimateur du président soudanais Omar al Béchir, Il est lui au pouvoir depuis 1989... Et a raillé hier soir ses opposants qui tentent de mobiliser sur les réseaux sociaux. Depuis décembre et le triplement du prix du pain, les émeutes se multiplient dans le pays. Elles visent désormais directement l'homme fort du Soudan. 

"Si vous voulez changer de régime rétorque-t-il, passez-en plutôt par les élections... Seul le peuple peut décider de qui sera le président". 

Peut-être peut-on rappeler qu'Omar al Béchir  est arrivé au pouvoir à la faveur d'un coup d'Etat il y a donc 3 décennies et s'apprête à être candidat de nouveau l'année prochaine... Le Christian Science Monitor, dans un article récent remarqué ce matin par Courrier international, dresse la liste de tous ces hommes forts du continent qui ont pour passion commune... de couper internet : Zimbabwe, RDC, Gabon, Soudan... C'est bien sûr pour limiter l'ampleur des soulèvements populaires, écrit le quotidien américain, qui s'arrête notamment au Zimbabwe : plus d'internet en raison de la vague de manifestations après la hausse brutale du prix des carburants.  "

Les autocrates agissent aujourd'hui contre les réseaux sociaux qui connaissent un développement extrêmement rapide en Afrique comme ils le faisaient hier contre la presse d'opposition, ou les stations de radio

, note une chercheuse dans les colonnes du Christian science Monitor. L'ennui c'est que cela pénalise aussi les partisans du régime, voire les économies de leur pays. Un black out d'internet coûte par exemple plus de 5 millions de dollars par jour au Zimbabwe.  Dans un pays où 95% des transactions financières s'effectuent par voie électronique en raison de la grave crise des liquidités, il n'y a plus de virement bancaire... Tout le monde est touché. Le Christian Science Monitor raconte notamment comment une enseignante n'a pu retirer l'argent viré par son fils depuis l'étranger alors qu'elle a une besoin urgent de médicaments pour soigner son diabète.   

Traversons l'Atlantique pour nous arrêter sur le procès d'El Chapo, le narco trafiquant mexicain...  Les jurés vont se retirer pour délibérer lundi. Les dernières plaidoiries ont résonné hier, après plus de deux mois d'audiences. Des audiences dans lesquelles s'est plongé le Washington Post. Ce procès, écrivent les reporters, nous a offert un aperçu inédit des dessous du cartel de drogue Sinaola. Une histoire tissée de meurtres sordides, de pistolets incrustés de diamants, de fusils d'assaut AK 47 plaqué or, de pots de vin de plusieurs centaines de millions de dollars, de trafic de cocaïne dans des boîtes de poivre ou des bidons d'huile, passant par des tunnels, dont l'un, creusé sous la frontière entre le Mexique et les Etats-Unis, partait d'une salle de billard... mais, poursuit le journal, l'essentiel de ces tonnes de cocaïne, héroïne, méthamphétamines et marijuana, valant plusieurs milliards de dollars empruntaient des points d'entrée aux Etats-Unis tout à fait légaux... et le mur de Trump n'aurait pu les arrêter, ne peut s'empêcher de glisser le Washington Post.  

Et puis, au milieu de tout cela, l'accusé, deux fois évadé de prison. Le pont de Brooklyn était fermé tous les matins du procès, rappelle le Post, pour permettre qu'il soit acheminé en toute sécurité jusqu'au tribunal de Manhattan. Les audiences ont eu leur lot de "drame" : 

les maîtresses de Guzman en pleurs, la trahison de son ancien associé devant la cour, la venue de l'acteur qui joue son rôle dans la série de Netflix "Narcos".

Il voulait mieux cerner son personnage, "un homme, a-t-il dit, qui est comme un mythe, une légende". Un mythe dont le procès a tout de même raconté comment il exécutait de façon barbare ses rivaux, avait monté une armée, circulait dans un véhicule blindé, mettait tout le monde sur écoute y compris sa femme et ses nombreuses maîtresses... Une paranoïa qui a finalement causé sa chute, raconte le quotidien de Washington. Le technicien du cartel qui avait élaboré son système d'espionnage et d'écoute très sophistiqué l'a en effet mis ensuite à la disposition du FBI. 

Durant tous ces témoignages, conclut le Washington Post on s'est parfois davantage cru dans une série que dans la réalité.

Chroniques

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