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Emmerson Mnangagwa, président du Zimbabwe

La presse internationale et les résultats de l'élection présidentielle zimbabwéenne

4 min

Dans cette revue de presse internationale, nous évoquons également l'opposition à la peine de mort inscrite par le pape François dans le catéchisme, ainsi que les nouvelles règlementations de vitesse sur la route adoptées, en guise de test, par l'Autriche.

Emmerson Mnangagwa, président du Zimbabwe
Emmerson Mnangagwa, président du Zimbabwe Crédits : Jekesai NJIKIZANA / AFP - AFP

Commençons par évoquer la situation du Zimbabwe alors que depuis cette nuit les résultats de l'élection présidentielle sont connus. Emmerson Mnangagwa, ancien bras droit de Robert Mugabe, a été élu dès le premier tour avec 50,8 % des voies. L'opposition rejette sa victoire et va saisir la justice.  

Comment ces résultats sont-ils analysés ?  VOA Zimbabwe (service de diffusion internationale américain radiophonique) commence par rappeller que Mnangagwa est le premier président élu à succéder à Robert Mugabe. Mais cette élection va-t-elle apaiser la le pays ? Rien n'est moins sûr selon Wangu Mazodze analyste cité par l'article. Voici ses mots: Mnangagwa est arrivé au pouvoir au départ par un coup d'état militaire. Le peuple lui a accordé le bénéfice du doute. Mais dès que ce président a montré que tout ce qu'il disait n'était que discours sans action, le minimum attendu par la population était des élections libres et équitables,  et il n'a pas réussi ce test. On rappelle que ces derniers jours six personnes ont été tuées dans des manifestations de partisans de l'opposition.  

Certes la journée d'hier a été plus calme dans le pays.  Le site italien Il Post affirme même que Harare ressemblait hier à une ville fantôme, avec des magasins fermés, des gens à la maison et des rues désertes.  Mais ce calme pourrait ne pas durer. 

Le Royaume-Uni notamment observe de près la situation. Le Royaume-Uni a investi massivement dans le rétablissement de la respectabilité internationale de son ancienne colonie. C'est ce qu'écrit Patrick Wintour dans The Guardian. D'un côté rappelle-t-il beaucoup a été fait pour garantir un scrutin démocratique.  Ces élections ont probablement été les plus surveillées de l'histoire démocratique africaine, assure-t-il.  Mais d'un autre côté, il faut garder les yeux ouverts. S'il y a encore conclut-il d'autres morts, ou preuves de fraudes électorales, le ministère des Affaires étrangères du Royaume-Uni devra peut-être admettre que son pari sur le Zimbabwe n'a pas porté ses fruits

Un autre sujet qui fait beaucoup réagir dans la presse est l'opposition du pape François à la peine de mort...  Le pape François l'a même désormais inscrit dans le catéchisme de l'Eglise catholique.  

Avec ce changement, l'Église éradique la légitimité de la peine de mort de sa doctrine. C'est ce qu'écrit Lorena Pacho dans le quotidien espagnol El Pais qui cite ensuite le cardinal espagnol Luis Ladaria Ferrer. Pour lui ce changement est basée principalement sur "la conscience de plus en plus claire de l'Église du respect qui est donné à toute vie humaine". 

Dans le journal anglais The Telegraph, Nick Squires nous dit pourquoi cette décision n'est en fait pas véritablement une surprise.  Le pape François, écrit-il, rend souvent visite à des prisonniers lors de ses voyages à l'étranger, il s'oppose depuis longtemps à la peine de mort, même pour les pires crimes. Par ailleurs, nous dit The Telegraph, le changement de doctrine catholique s'appuie sur les déclarations du pape Jean-Paul II, qui a demandé à plusieurs reprises l'abolition de la peine de mort. Son successeur, le Pape Benoît XVI, a fait des appels similaires. 

Et puis on peut citer également cette analyse originale sur le site américain Bloomberg.com, analyse signée Noah Feldman. Pour lui cette décision du pape François a également un sens politique.  Elle est faite, à son avis, pour parler au seul pays au monde qui a une population catholique importante et influente, mais qui exécute encore des gens : les États-Unis d'Amérique. Selon lui le message du pape s'adresse aux juges conservateurs de la Cour suprême, qui sont actuellement au nombre de trois, et qui vont bientôt compter un quatrième arrivant, le juge Brett Kavanaugh, récemment nommé par Donald Trump et qui sera probablement confirmé dans les prochains mois. Alors pas de naïveté non plus. Personne ne doit s'attendre à ce que l'annonce du pape Francois transforme les juges en adversaires de la peine de mort, note Bloomberg, mais poursuit-il  les enfants et petits-enfants des juges d'aujourd'hui iront à l'école du dimanche, ils entendront que la peine de mort est une erreur - alors que leurs grands-parents et parents continuent de la faire respecter. 

Allons maintenant faire un tour du côté de l'Autriche... et à l'heure où en France la vitesse sur les routes diminue de 90 à 80 km/H, eh bien en Autriche elle augmente de 130 à 140 km/h.  Il s'agit d'un test d'un an pour éventuellement permettre aux automobilistes de "gagner du temps" selon le gouvernement.  La mesure fait vraiment débat dans le pays.  

Le premier jour de test mercredi dernier a apporté satisfaction aux forces de l'ordre. C'est le journal Nakhichten qui nous l'apprend.  Le porte parole de la police de la Haute Autriche se réjouit. Non seulement il n'y a pas eu d'excès de vitesse, mais il n'y a pas eu non plus d'accidents ou même d'incidents dramatiques. Cependant, convient-il, un jour est trop court pour un rapport détaillé

De leur côté les organisations de protection de l'environnement , elles, font grise mine. Cela augmente le risque d'accidents et les émissions de polluants atmosphériques nocifs sont nettement plus importantes estime Greenpeace dans les colonnes du journal Kleine Zeintung.  L'ancien ministre des Transports autrichien  est également très critique sur la mesure. Quiconque est vraiment pressé devrait prendre le train, dit-il tout simplement, cité par le même journal.

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