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Le général russe Kirillov accuse les Etats-Unis de tester secrètement des armes chimiques en Géorgie

Moscou répond à la chasse occidentale aux espions russes par des contre-accusations

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Face aux Pays-Bas et aux Etats-Unis qui inculpent ou expulsent des espions russes présumés, Moscou répond en accusant les Américains de tester secrètement des armes chimiques en Géorgie. Le Time Magazine consacre sa Une à l'accusatrice de Brett Kavanaugh dont "le témoignage a changé l'Amérique".

Le général russe Kirillov accuse les Etats-Unis de tester secrètement des armes chimiques en Géorgie
Le général russe Kirillov accuse les Etats-Unis de tester secrètement des armes chimiques en Géorgie Crédits : Sergey Mamontov - AFP

4 citoyens russes expulsés des Pays-Bas, 7 autres inculpés et recherchés aux Etats-Unis : la chasse aux espions russes s'accélère à l'Ouest, et Moscou contre-attaque par voie de presse 

En dénonçant "l'hystérie collective" des occidentaux qui "voient des espions partout", le Kremlin tente une diversion et  accuse à son tour les Etats-Unis. Des accusations qui remplissent des pages de journaux russes, à commencer par le quotidien Kommersant : on y apprend que les Américains financeraient un laboratoire secret en Géorgie, dans le Caucase, laboratoire nommé "Richard Lugar", du nom d'un sénateur américain, où seraient testées des armes chimiques et biologiques. Et ces expérimentations, selon des informations transmises hier par l'armée russe et relayées par l'agence officielle TASS, auraient déjà causé la mort de 73 civils géorgiens.  

La voilà donc, la réplique russe : des tests chimiques menés dans le plus grand secret sur des humains. Kommersant nous explique que tout celà se base sur les déclarations de l'ancien ministre géorgien de la Défense, Igor Giorgadzé, qui est réfugié à Moscou depuis 1995, accusé dans son pays d'avoir fomenté un attentat terroriste.

La Gazeta questionne tout de même ces accusations aux relents conspirationnistes et revanchards.  Elle cite les dénégations du Pentagone, mais aussi le chef de la diplomatie géorgienne pour qui "cette affaire n'est qu'une manière pour Moscou de discréditer la Géorgie et ses partenaires occidentaux." Il précise que le "laboratoire" Richard Lugar est en fait un simple centre médical rattaché au système de santé géorgien, bien que financé à sa création par les Etats-Unis.  

Les seules expérimentations qui y ont été menées, indique l'équipe du centre de santé dans les colonnes de Kommersant, ce sont des essais cliniques d'un médicament américain contre l'hépatite C, le Sovaldi, qui n'est pas une arme chimique, mais bien un médicament, "reconnu comme tel par les autorités russes elles-même, et dont les tests n'ont mené à aucun décès". Le directeur adjoint du centre médical, lui, ne veut pas "s'abaisser à répondre à des accusations aussi insensées dignes du KGB".  

Il n'empêche que ces informations sont dans tous les esprits en Russie, avec plus ou moins de recul critique, et elles commencent à essaimer sur les réseaux de sites complotistes en Occident également.  

En Occident, justement, on marque aujourd'hui le premier anniversaire du mouvement #metoo, avec une égérie toute trouvée dans l'actualité américaine.  

C'est Christine Blasey Ford, qui a son portrait en Une du Time Magazine.

Christine Blasey Ford, c'est donc cette professeur en psychologie qui accuse le juge Brett Kavanaugh d'agression sexuelle ; des faits qui remontent à l'age où elles et le candidat à la Cour suprême étaient au lycée. 

Time revient sur son témoignage, il y a une semaine devant la commission du Sénat chargé de confirmer la nomination de Kavanaugh. "Ce témoignage a changé l'Amérique", nous dit le magazine qui loue en Une "son impact durable" sur la société américaine. En acceptant de témoigner, au cœur-même de la tempête politique et médiatique, elle a endossé "les craintes et les espoirs" de toutes ces femmes, et ces hommes, qui ont connu le traumatisme d'une agression sexuelle.  En reconnaissant qu'elle était "terrifiée" par tout ce qui lui arrivait, en livrant son récit d'une manière aussi précise qu'émouvante, en affirmant sa certitude à 100% que c'est bien Kavanaugh qui avait tenté de la violer à l'été 1982, Christine Blasey Ford nous dit le Time Magazine, a pris la place de son agresseur présumé comme premier protagoniste de cette affaire.

Pour mesure cet impact sociétal, il suffit de voir l'engouement sur les réseaux sociaux autour du hashtag #WhyIDidntReport, "pourquoi je n'ai pas parlé" d'une agression ou d'un harcèlement subi parfois des décennies plus tôt. On est là en plein dans un nouvel avatar du phénomène Metoo : belle manière de célébrer sa première année, me direz-vous ? Peut-être pas tant que cela, quand on sait que le Sénat américain s'apprête sauf grosse surprise à confirmer demain Brett Kavanaugh comme juge, à vie, à la Cour surprême. Illustration sans doute des limites, du mouvement de libération de la parole, mais aussi de la force des résistances qui s'y opposent toujours. 

Mais quoi qu'il se passe demain... le témoignage de Christine Blasey Ford a changé l'Amérique, veut donc croire Time. J'y ajouteun lien vers une tribune du Washington Post : à ceux qui pensent que #metoo est allé trop loin dans la dénonciation et la stigmatisation des hommes... l'auteure Van Badham répond que "non, messieurs, vous n'avez encore rien vu".

On commence à en voir un peu plus, par contre, sur la campagne de Manuel Valls à la Mairie de Barcelone.

Notre ancien Premier ministre fait ses premiers pas de candidat dans les médias catalans. Et il a n'a pas changé, à en croire la chaîne TV3 qui le recevait hier en interview : Manuel Valls axe sa conquête de Barcelone sur la lutte contre "la violence"!  

"Il y a une violence, dans l'espace public" dit Manuel Valls, et ça a l'air de surprendre la journaliste, mais Manuel Valls n'en démord pas : violence "dans les rues"  mais violence politique, avant tout, décrypte pour nous le journal El Nacional. En fait le candidat Valls revient sur les manifestations du 1er octobre, l'an dernier avec la déclaration d'indépendance catalane, et cette année pour en marquer l'anniversaire : c'est donc une critique claire des indépendantistes et de leurs dirigeants politiques, à commencer par la maire actuelle de Barcelone Ada Colau.

Manuel Valls, cité également par la Vanguardia qui nous raconte son entrée hier au cercle du Liceu, une sorte de club à l'anglaise pour la bonne société barcelonaise. "Serait-il le candidat des élites?" s'interroge, un rien goguenard, le quotidien qui remarque que le mot et le  concept "d'élites" étaient très présents dans le discours de Valls ; plus, même, que les références, toujours nombreuses pourtant, à ses bien-aimés ancêtres catalans!

Manuel Valls veut toujours s'attaquer "au chômage et à l'insécurité", mais en version barcelonaise il ajoute à son discours habituel des idées comme celle d'organiser des JO d'hiver à Barcelone ou d'y installer une annexe du musée madrilène du Prado : manière, jusque dans son programme culturel,  de donner de l'urticaire aux indépandantistes.

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