LE DIRECT
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.
Le président américain Donald Trump

Comme autant de scénarios de guerre

5 min
À retrouver dans l'émission

Les nouveaux droits de douane américains sont entrés en vigueur, comme l'avait annoncé le président Donald Trump. Pékin a immédiatement répliqué en annonçant être contraint à une « nécessaire riposte ».

Le président américain Donald Trump
Le président américain Donald Trump Crédits : JUN YASUKAWA / YOMIURI / THE YOMIURI SHIMBUN - AFP

Même si le scénario était connu à l'avance, le film des événements, ce matin, n'en reste pas moins spectaculaire. Depuis minuit, heure de Washington, les nouveaux droits de douane américains de 25% sur les importations chinoises sont entrés en vigueur. Au total, plus de 800 produits sont concernés, des bouilloires électriques aux voitures, en passant par les disques durs. Aussitôt après, la Chine a répliqué en taxant également à 25 % toute une série de produits américains (du soja aux langoustes, en passant par le pétrole) et ce pour un montant équivalent d'importations, soit 34 milliards de dollars rappelle THE FINANCIAL TIMES. Ou dit autrement, en dépit des mises en garde alarmistes de très nombreux experts, les Etats-Unis et la Chine sont donc entrés de plain-pied, ce matin, dans la guerre commerciale. 

Et dans la mécanique de cette confrontation, le décalage horaire aura eu son importance. Pourquoi ? Parce que face aux menaces américaines prévues pour débuter, ce vendredi, dès la première minute de l'horloge écoulée, la Chine avait initialement envisagé de répliquer dans la foulée, c'est-à-dire également dès les douze coups de minuit passés. Sauf qu'à minuit, chez elle, il aurait été jeudi midi aux Etats-Unis, c'est-à-dire, la veille. Et c'est ainsi que pour ne pas avoir l'air de tirer la première, Pékin a préféré modifié ses plans, hier, en repoussant de 12 heures sa riposte, face aux mesures unilatérales prises par les Etats-Unis.

Evidemment, décalage horaire oblige aussi, ce matin toute la presse chinoise avait anticipé l’événement. Quand THE GLOBAL TIMES prévient : nous avons tout fait pour empêcher cette guerre, mais les États-Unis ont ruiné nos efforts. Ce n'est donc pas de notre faute mais bien de la leur, son confrère CHINA DAILY regrette que les Etats-Unis aient ouvert le feu sur le monde entier, dit-il, avant de préciser que cette guerre commerciale ne fera du bien à personne et qu'elle nuira, en particulier, aux intérêts des industries et des consommateurs.

Sans compter que l'attaque de ce matin ne constitue, en réalité, que la première salve américaine. Dans les semaines qui viennent, les Etats-Unis comptent cibler 16 milliards de dollars d’importations supplémentaires. De son côté, la Chine a promis de suivre les enchères. Ce qui n'a pas eu l'heur de plaire à Donald Trump, qui en retour a menacé cette nuit d'appliquer à nouveau 10 % de taxes supplémentaires sur près de 400 milliards de dollars d’importations. 

Autre terrain de lutte : Au Royaume-Uni, la Première ministre devra batailler dure aujourd'hui face à la révolte de ses ministres

A moins de 9 mois maintenant du Brexit, Theresa May a prévu de convoquer, ce matin, l'ensemble de son gouvernement dans sa résidence privée située au nord-ouest de Londres. Or loin de s'annoncer comme une partie de campagne, la réunion risque d'être très tendue entre d'un côté les partisans d'une relation commerciale étroite avec l'UE et de l'autre les supporteurs d'un divorce sans concession. D'autant que pour ne rien arranger, les documents de travail de la Première ministre ont fuité hier. Ou quand Theresa May dévoile son jeu, titre ce matin en Une THE DAILY TELEGRAPH. On y apprend, notamment, qu'elle souhaite un alignement avec les règles européennes pour le commerce des biens, y compris agroalimentaires. Une solution, précise THE GUARDIAN, qui menacerait à l'avenir tout accord commercial avec les Etats-Unis. De quoi hérisser davantage encore le poil des eurosceptiques. C'est le cas, en particulier, de Boris Johnson qui, dans la foulée, a convoqué hier soir six de ses collègues pour une réunion de crise. Ou quand le 10 Downing Street fait face à la pire rébellion de son histoire, titre THE TIMES.

Et puis toujours au Royaume-Uni, voilà que le cauchemar recommence pour les habitants de Salisbury, raconte le correspondant du TEMPS. Trois mois après l’empoisonnement de Sergueï Skripal et de sa fille, voilà la petite ville tranquille du sud-ouest de l’Angleterre de nouveau remplie de policiers, avec des quartiers entiers fermés à la population, après que deux Britanniques exposés au même poison sont tombés malades samedi dernier. Pour l'heure, la police écarte l’hypothèse d’une nouvelle attaque. En clair, les deux victimes seraient entrées en contact, par hasard, avec des traces du poison. Ce qui pose, évidemment, une question anxiogène pour tous les habitants de Salisbury : combien d’endroits contaminés reste-t-il dans leur ville ? Est-il dangereux de se promener dans le parc où les Skripal ont été retrouvés agonisant ou dans les restaurants qu’ils ont fréquentés ? Le problème, c'est que le Novitchok, cet agent neurotoxique, est un poison qui ne se dégrade pas avec le temps. D'où ce titre qui barre ce matin la Une du I : la course contre la montre se poursuit pour tenter de retrouver la source de l'agent neurotoxique. Jusqu'à présent, en effet, les autorités n'ont pas été en mesure de retrouver l'objet contaminé qui a servi à l'attaque contre Sergueï Skripal. Du coup, tous les habitants ont reçu l'ordre de ne ramasser aucun objet traînant dans les lieux publics. En l'occurrence et selon le journal METRO, l'une des victimes de samedi dernier aurait pu être contaminée après avoir ramassé des mégots de cigarettes jetés dans la rue, pour en récupérer le tabac. Et c'est ainsi qu'elle aurait pu fumer le poison. 

Enfin direction l'Espagne où se tenait, hier, le premier tour de la primaire pour désigner le successeur de Mariano Rajoy

Renversé le 1er juin dernier par une motion de censure socialiste, Mariano Rajoy avait annoncé à 63 ans son retrait de la scène politique, après quatorze années passées à la tête de la droite espagnole, mais sans désigner de successeur. Une première pour le Parti Populaire, rappelle ce matin EL PAIS. Hier, c'est l'ex-numéro deux du gouvernement, Soraya Sáenz de Santamaría (47 ans), qui est arrivée en tête de ce premier tour, devant une figurante montante, Pablo Casado (37 ans), l'actuel vice-secrétaire général en charge de la communication du parti. Ce qui signifie non seulement que le renouvellement de génération à la tête de la droite espagnole est désormais une certitude, note toujours le journal madrilène, mais aussi que pour la première fois, le Parti Populaire pourrait être dirigée par une femme. Ce qui, d'ailleurs, au départ semblait également acquit. Pourquoi ? Parce que l'actuelle numéro deux du Parti, María Dolores de Cospedal, arrivée en troisième position hier, figurait parmi les favoris. C'est la grande perdante de ce scrutin, un échec retentissant et la vraie surprise de ce premier tour, constate ce matin LA VANGUARDIA. La bataille finale pour le leadership du parti aura lieu les 20 et 21 juillet prochains. 

Par Thomas CLUZEL

Chroniques
8H35
23 min
L'Invité culture
Claude Lanzmann, dernière séance
L'équipe
Production
ⓘ Publicité
Radio France ne vous demandera jamais de communiquer vos coordonnées bancaires.

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......