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Jair Bolsonaro poignardé à l'abdomen lors d'un bain de foule au nord de Rio

L'extrême-droite au cœur du jeu électoral en Suède et au Brésil

5 min
À retrouver dans l'émission

En Suède, l'élection législative de dimanche semble promettre une percée du parti anti-migrants les Démocrates de Suède. Au Brésil, le candidat d'extrême-droite Jair Bolsonaro, favori de la présidentielle, a été victime d'une attaque au couteau qui a failli lui coûter la vie.

Jair Bolsonaro poignardé à l'abdomen lors d'un bain de foule au nord de Rio
Jair Bolsonaro poignardé à l'abdomen lors d'un bain de foule au nord de Rio Crédits : RAYSA LEITE - AFP

Ce matin nous lisons la presse suédoise, puisqu'en Suède on vote dimanche dans une élection scrutée par toute l'Europe.  

Election législative, où l'on nous annonce une percée du parti d'extrême-droite les Démocrates de Suède. Les SD, dont le leader charismatique, Jimmy Akesson, fait ce matin encore les grands titres de la presse nationale: en lisant le Svenska Dagbladet, vous apprendrez qu'Akesson a réussi sa prestation, hier soir, lors du deuxième grand débat télévisé organisé par la chaîne TV4.  

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Il y a conforté sa position de meneur du jeu politique suédois: c'est lui, avec l'immigration, avec l'insécurité, qui a fixé les grands thèmes, et a poussé ses rivaux à venir sur son terrain. D'ailleurs dans les colonnes de l'Expressen, le jeune visage de la droite extrême se satisfait que son principal rival, le chef des modérés Ulf Kristersson, ait tenu un discours "digne, selon lui, des Démocrates de Suède".  Pour les commentateurs politiques de l'Expressen, c'est bien Kristersson, pourtant, qui ressort  gagnant du débat; dans les derniers sondages son parti devance d'ailleurs les SD.  

Mais avant même le vote de dimanche, analyse le quotidien du Sud, le Svydsvenskan, il semble qu'aucun gouvernement ne sortira des urnes. Ou en tous cas, aucun sous la forme que l'on a connu jusque-là, avec une coalition unie autour d'un grand parti.  Jusque-là, le pouvoir en Suède se répartissait entre bloc vert-rouge, et alliance modérés/centristes. Mais les Démocrates de Suède, que l'on annonce entre 15 et 20% des voix,  vont achever de ringardiser ce petit-jeu là: d'ores et déjà ils ont acquis le rôle de faiseur de roi: Jimmy Akesson a d'ailleurs maintes fois rappelé pendant la campagne que le ralliement de sa formation aurait un coût politique très élevé.  

Pour preuve que cette fin de campagne phagocytée par l'extrême-droite en Suède, est surveillée de près par toute l'Europe, ce long reportage de la Frankfurter Algemeine Zeitung, nous explique qu'à Bruxelles, on est très inquiet d'un possible virage très à droite de la Suède.  Le parti d'Akesson, il faut le rappeler, milite pour une sortie de son pays de l'Union Européenne. A moins d'un an des élections européennes, le message envoyé, s'il arrivait au gouvernement, serait assez catastrophique.  

Mais en Suède comme ailleurs, déplore la FAZ, la campagne semble délaisser les faits, les arguments politiques, pour devenir largement irrationnelle, autour de la peur des migrants, des gangs criminels, de l'Europe et des partis traditionnels.  Un cocktail que l'on commence à bien connaître: finalement, "on est juste, enfin, en train de se rendre compte que la Suède est un pays comme les autres" conclut l'ex-premier ministre Carl Bildt dans le Svenska Dagbladet.   

A 10 000 kilomètres plus au sud-ouest, nous sommes à présent au Brésil, où l'on retrouve les mêmes ingrédients: campagne électorale, poussée de l'extrême-droite... Mais avec une autre composante: la violence. 

Violence physique qui a culminé hier soir avec l'agression au couteau qui a failli coûter la vie au candidat populiste, d'extrême-droite là encore, Jair Bolsonaro. Il était le favori des sondages, depuis le retrait forcé de l'ex-président de gauche Lula. "Bolsonaro, hospitalisé, ne pourra pas reprendre la campagne avant dix jours", titre le site de la chaîne O Globo, qui nous apprend aussi que les autres candidats ont suspendu leur campagne ce vendredi en signe de solidarité.  

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Jair Bolsonaro était en plein bain de foule, dans la localité de Juiz de Fora, au nord de Rio, porté en triomphe par ses supporters, quand un homme de 40 ans l'a poignardé en plein ventre. Face aux policiers qui l'ont interrogé, l'agresseur, lit-on dans le quotidien l'Estadao, a expliqué qu'il avait agi sur "ordre de Dieu" en personne. Il ne se dit lié à aucun parti, il n'était juste "pas d'accord" avec Bolsonaro. 

Dans les pages Opinion d'O Globo, on lira cette analyse, sur  "les répercussions politiques [qui] pourraient être plus graves encore que l'attaque abominable" d'hier: il y a un risque que ce qui s'est passé "n'institutionnalise l'intolérance" dans la campagne. Mais il ne faut pas non plus se mentir: lors de son dernier meeting mercredi à Acre, Jair Bolsonaro avait regretté "de ne pas avoir un fusil à la main,  pour mitrailler"  certains de ses adversaires politiques.  Son agresseur, finalement, aura mis en actes cette rhétorique de la violence. La crainte à présent c'est que le camp de Bolsonaro ne s'y mette à son tour: "la campagne a changé radicalement hier", nous dit l'éditorialiste d'O Globo," le candidat d'extrême-droite est désormais "une victime, et comme victime il pourrait bien profiter, politiquement, de ce qui lui est arrivé".

En Algérie, Gérard Depardieu ne serait "'pas le bienvenu"?

C'est un article de Courrier international qui nous met la puce à l'oreille: Depardieu, au cœur de la polémique dans les médias algériens, parce qu'il y tourne un film dans le rôle d'un grand personnage historique: Hussein Dey, le dernier souverain de Constantine à la fin du XIXe siècle. Le choix de l'acteur français choque, certains algériens, car Hussein Dey reste connu comme l'un des premiers à avoir combattu la présence française. "Est-ce qu'on devait vraiment choisir un français pour jouer ce rôle, est-ce qu'aucun acteur algérien ne pouvait le faire?",  se demandent les réseaux sociaux, où l'on dénonce un scandale artistique et un erreur politique. 

Dans le Libération marocain, on nous explique que l'acteur français est aussi critiqué pour ses soutiens, supposés ou avérés, à l'Etat d'Israël; aussi pour la plainte pour agression sexuelle qui le vise en France depuis quelques jours. Sur ce point la productrice du film a aussi un réponse: " J'aimerais bien que ces gens-là parlent le reste de l'année des dizaines de cas de filles violées  et d'affaires de pédophilie passées sous silence en Algérie". La même productrice... répond enfin aux critiques sur le cachet de Gérard Depardieu: "il a été pris en charge par un sponsor privé". On aurait bien voulu en apprendre un peu plus à ce sujet.

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