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Luigi Di Maio sur un plateau de télévision italien en octobre 2018

La guerre politique est déclarée entre Paris et Rome

6 min
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La France a rappelé jeudi son ambassadeur à rome pour protester contre les outrances eu provocations de Salvini et Di Maio. Ce dernier en particulier a rencontré des "gilets jaunes" mercredi à Montargis. Les "millenials" prennent d'assaut la politique climatique aux Etats-Unis et en Europe.

Luigi Di Maio sur un plateau de télévision italien en octobre 2018
Luigi Di Maio sur un plateau de télévision italien en octobre 2018 Crédits : Maria Laura Antonelli - Maxppp

Ce matin, le drapeau français flotte sur la mairie de la ville piémontaise de Cuneo. 

Cuneo est la première grande ville que l'on traverse quand on rejoint l'Italie par la vallée de la Roya. Et hier, au moment où Paris rappelait son ambassadeur à Rome pour protester contre les "provocations outrancières" du gouvernement italien, le maire de Cuneo, le centriste Federico Borgna, a fait pavoiser le drapeau français sur sa mairie.  "Une marque d'amitié, explique-t'il au Corriere Della Serra, adressé à ses cousins français, sous la bannière des plus profondes valeurs de l'Europe qui ne doivent être ni questionnées ni exploitées à des fins électoralistes". 

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Alors c'est vrai, ce n'est là qu'une anecdote, rapportée par Il Corriere, mais ce drapeau, ces valeurs brandis hauts, nous donnent un peu d'air, ce matin, au moment où la presse, prenez par exemple Le Temps en Suisse, nous parle de "guerre politique" bel et bien déclarée entre Paris et Rome.  

Depuis des mois, la bataille se déroulait "dans les tranchées", d'où les deux têtes de l'exécutif italien Matteo Salvini et Luigi di Maio expédiaient leurs scuds savamment programmés pour aller provoquer Emmanuel Macron : attaques contre les gendarmes français qui relâchent de manière illégale des migrants du côté italien de la frontière, attaques contre le franc CFA accusé d'appauvrir l'Afrique, attaques contre le projet de tunnel ferroviaire Lyon-Turin, etc. 

Mais cette fois donc la guerre sort des tranchées, "l'heure des offensives a sonné", écrit Richard Werly pour Le Temps, et il n'est pas le seul à noter que c'est autour des "gilets jaunes" que le vase a débordé côté français

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En Allemagne, la Frankfurter Allgemeine Zeitung revient sur le déclencheur de l'explosion de colère française : mardi, Luigi Di Maio, le vice-président du Conseil Italien, est venu à Montargis, dans le Loiret, rencontrer ces "gilets jaunes" qui montent une liste pour les élections européennes. Il l'a fait, en tant que leader du mouvement 5 Etoiles, qui dans son ADN politique et son organisation participative présente de vrais points communs avec les aspirations des Gilets jaunes.  

A Montargis, explique la Frankfurter Allgemeine Zeitung, on a donc "parlé droits sociaux, protection de l'environnement, et démocratie directe", et l'on a "évoqué une coopération possible entre cette liste gilets Jaunes et le M5S". Et rien que cela, c'est "un affront" très clair fait par Luigi Di Maio à Emmanuel Macron. Le président français a donc immédiatement répliqué en déclenchant les rétorsions diplomatiques que l'on sait.  

Mais la "provocation" italienne est-elle aussi "inacceptable, scandaleuse" que le prétend Paris ? A nouveau dans Le Temps, Richard Werly estime que "certes Di Maio a transgressé les habitudes et la bienséance diplomatique, en venant au cœur de la France se mêler de politique intérieure". Mais il l’a fait en tant que chef du M5S, et "dans un contexte – la préparation des élections européennes du 26 mai – qui lui permet de justifier sa démarche" par la recherche d'une alliance politique. 

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La réaction outrée de la France étonnera d'autant plus qu'elle n'avait pas été aussi virulente quand l'autre vice-président du Conseil italien, Matteo Salvini, qui est lui clairement d'extrême-droite, avait appelé à voter Marine Le Pen pour faire échec à Emmanuel Macron.  Apparemment cette ingérence-là, cette alliance des extrêmes anti-immigration et islamophobes, pose moins problème, ou en tous cas fait moins peur à Emmanuel Macron que la contestation, plus globale et diffuse, incarnée par les "gilets jaunes".

Aux Etats-Unis, la jeune garde du Parti Démocrate dévoilait hier les grandes lignes de son "Green New Deal" 

Un programme environnemental pour le moins radical, reconnait Eugene Robinson dans le Washington Post, mais "voilà au moins, pour la première fois, un plan d'action vraiment à la hauteur des défis du changement climatique".  Ce "Green New Deal", par la référence contenue dans son nom et reprise par Richard Hétu de La Presse canadienne, place ces défis climatiques, au même niveau que ceux de la transformation de la société américaine après la Grande Crise de 1929.  Mais dans le rôle de Franklin Delano Rossevelt, on trouve cette fois une jeune élue de 28 ans, Alexandria Ocasio-Cortez. 

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Par son charisme, par la manière dont elle maîtrise sur le bout des doigts, la communication politique à l'heure des réseaux sociaux, par son efficacité à bousculer les vieux mâles blancs du congrès américain, celle qui a déjà imposé dans les médias ses initiales A.O.C. incarne selon The Atlantic "cette génération de Millenials qui va enfin faire entrer les politiques climatiques dans une nouvelle ère". 

Le Green New Deal et ses principales mesures présentées hier, veulent ramener à zéro les émissions de carbone des Etats-Unis ; passer au 100% d'énergies renouvelables, d'ici 10 ans ! "Une décennie de mobilisation générale" : rénovation de tous les bâtiments, révolution des transports, fermeture ds industries fossiles et création de millions d'emplois dans "l'économie verte", etc.

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Alors forcément, La Presse, à Montréal, se demande "s'il vaut mieux en rire ou en rêver" ; Politico nous explique d'emblée que le Green New Deal "ne se réalisera jamais entièrement"... mais "ce n'est pas vraiment ça l'important, finalement". Le Washington Post confirme : ce "rêve vert" comme le raille ses détracteurs, c'est "une utopie", "a pie un the sky" écrit Eugene Robinson... mais "c'est justement ce dont nous avons besoin! Tôt ou tard il va falloir agir en grand, conclut l'éditorialiste, alors il est temps de penser en grand".  

Et tout cela nous amène en Belgique, où la mobilisation pour le climat a un visage encore plus juvénile... que celui d'Alexandria Ocasio-Cortez.   

Le visage d'Anuna De Wever, lycéenne de 17 ans, et figure de proue de ces marches pour le climat qui rassemblent depuis 4 semaines des dizaines de milliers de jeunes Belges. Ils étaient encore 10 000 hier rien qu'à Louvain, et à la tribune donc, il y avait la jeune Flamande.  

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C'est elle, avec une amie, qui a crée le mouvement "Les jeunes pour le climat", raconte La Dernière Heure, à qui Anuna jure que sa génération "continuera à se battre tant qu'elle n'aura pas été entendue". Dans La Libre Belgique, elle reconnaît pourtant que "le message n'est pas encore passé chez les politiques", eu qu'il va donc falloir répéter, rassembler toujours plus, "jusqu'à que les décisions politiques soient enfin au niveau, au moins, des engagements de la COP21". 

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Ce mouvement parti de Belgique s'étend en Allemagne, aux Pays-Bas, avec à chaque fois des participants très jeunes, qui n'hésitent pas à sécher le lycée pour venir défendre leur avenir. "La mobilisation s'étend à l'Europe et va débarquer bientôt aux Etats-Unis" : ça c'est la prophétie du site d'info américain BuzzFeedNews qui s'enthousiasme pour cet activisme qui "met les jeunes filles en première ligne", la dimension féministe rejoint l'écologiste.

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BuzzFeed cite également la Flamande Anuna De Weever qui revendique le côté jeune et naïf que l'on reproche souvent à son mouvement. "Rester naïfs, dit-elle, nous permet de regarder la planète sans les limites imposées par le système". Le genre de phrase qu'Alexandria Ocasio-Cortez ne renierait sans doute pas au Congrès Américain, pas plus que les amis "gilets jaunes" de Luigi Di Maio.

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