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Des milliers de migrants venus d'Amérique centrale attendent au Mexique de pouvoir passer la frontière américaine. Une entrée illégale aux Etats-Unis les empêcherait dorénavant d'y demander l'asile

Le droit d'asile remis en cause pour les illégaux aux Etats-Unis

5 min
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Arguant de ses prérogatives en matière de Sécurité Nationale, l'administration Trump envisage de denier aux étrangers entrés illégalement sur le territoire américain toute possibilité de formuler une demande d'asile politique.

Des milliers de migrants venus d'Amérique centrale attendent au Mexique de pouvoir passer la frontière américaine. Une entrée illégale aux Etats-Unis les empêcherait dorénavant d'y demander l'asile
Des milliers de migrants venus d'Amérique centrale attendent au Mexique de pouvoir passer la frontière américaine. Une entrée illégale aux Etats-Unis les empêcherait dorénavant d'y demander l'asile Crédits : Antonio Rodrigez - Maxppp

Sur le continent américain, c'est cette nouvelle disposition que l'exécutif américain voudrait bien imposer : le déni du droit d'asile pour les migrants illégaux. qui fait les gros titres de la presse.  Plus précisément, explique CNN il s'agit d'une disposition transitoire que l'exécutif américain a édicté ce jeudi et que la Maison Blanche doit encore préciser ce vendredi, mais qui entend dénier à tout migrant entré illégalement sur le territoire américain le droit de présenter une demande d'asile aux Etats-Unis. "La directive précise encore que toutes les personnes dans ce cas seront reconduites aux points de passage de la frontière ou ils pourront, de manière légale cette fois, entrer dans le pays et y faire une demande d'asile. "

Pour sa part le New York Times remarque que c'est en "invoquant ses pouvoirs particulier en matière de sécurité Nationale, que l'administration Trump a édicté ces nouvelles règles" ce jeudi. Mais, cette nouvelle régulation s'appuyant  justement "sur la même autorité que celle revendiquée par Mr Trump pour interdire de visa d'entrée les ressortissants de plusieurs pays musulmans qq jours après sa prise de fonction,  on peut pareillement s'attendre, prévient le quotidien, à ce que la légalité de cette nouvelle disposition soit contestée en justice".  

Reste que, de toute manière, remarque pour sa part l'hebdomadaire progressiste The Nation le droit d'asile avait d'ores et déjà été très sérieusement écorné par Jeff Session. L'Atorney General (ministre de la Justice) que Donald Trump vient de remercier n'en était pas moins sur la même exacte longueur d'onde que son Président pour ce  qui est de l'immigration. "Comme chef du département de la Justice, lequel contrôle le système judiciaire des cours d'immigration, Sessions avait le pouvoir de sortir certaines affaires des cours d'appel migratoires et d'y imposer ses propres jugements, entraînant de cruciales jurisprudences pour les affaires à venir", écrit The Nation ; ça a été notamment le cas en juin dernier quand Jeff Session a jugé - dans le cas d'une Salvadorienne qui demandait l'asile aux Etats Unis après avoir été battue pendant dix ans, violée, et harcelée par son ancien mari - que sa demande ne pouvait aboutir et que, d'une manière générale, les victimes de violences domestiques ou de violences criminelles dans leurs pays d'origine ne sont pas éligibles au statut de demandeur d'asile aux Etats-Unis. Ce faisant, remarque encore The Nation, Jeff Session "a tout simplement délégitimé le principal argument avancé par les ressortissants d'Amérique centrale pour demander l'asile aux Etats-Unis, obligeant la plupart des 350 juges des cours migratoires à débouter quasi systématiquement les demandes d'asiles émanant de ces ressortissants".      

En Europe ce vendredi c'est Manfred Weber qui fait la Une de pas mal de quotidiens. Nouvellement investit chef de file du PPE le parti populaire européen - celui qui réunit la plupart des parti de droite classiques - le discret bavarois Manfred Weber, pilier de la CSU allié d'Angela Merkel mais très peu connu en dehors des cercles bavarois ou bruxellois est normalement bien parti pour être le prochain président de la Commission Européenne, succédant à jean Claude Juncker. Le chef de file du principal parti européen - et le PPE  risque de demeurer la plus importante formation européenne à l'issue des élections de mai - est normalement celui qui prendra la suite du Luxembourgeois.

A vrai dire déplore The Economist de Londres, l’élection de Weber à la tête du PPE est une occasion manquée, Pour l'hebdomadaire britannique (qui demeure très europhile) Manfred Weber n'est pas le mieux armé pour conduire les droites à  la bataille des Européennes ; son concurrent dans le scrutin d'hier, le finlandais Alexander Stubb aurait été nettement meilleur dans le rôle du rassembleur assure l'hebdomadaire.  

Quoi qu'il en soit, pour l'édition européenne de Politico, la victoire de Weber hier n'est pas sans risque pour lui : "il devient l'homme à abattre pour toutes les autres familles politiques européennes" dans la joute qui s'annonce au printemps, note le site en ligne. Et puis "il court  aussi le risque de se retrouver piégé dans une sorte de joute institutionnelle entre le Parlement et le Conseil européen autour de ce rôle de chef de file censé devenir automatiquement le futur patron de la commission Européenne".

Et en l’occurrence les choses ne sont probablement pas inscrites dans le marbre.  Traditionnellement , remarque pour sa part  la Deutsche Welle, le patron de la Commission Européenne, parle au moins couramment le Français et l'Anglais en plus de sa langue maternelle  ; or précise encore le site de la radio Allemande, "le niveau de Français et d'Anglais de Manfred Weber pourrait au mieux être qualifié de "scolaire" ; un sérieux Handicap pour le chef de file du PPE".   

Enfin en Asie ce sont les pourparlers de ce vendredi entre américains et Chinois qui font phosphorer les éditorialistes... le patron de la diplomatie américaine Mike Pompeo et son homologue à la défense James Mattis doivent en effet recevoir à Washington le ministre chinois de la défense Wei Fenghe ainsi que l'un des membres du Politburo Yang Jiechi. La rencontre  avait été remise  plusieurs fois en octobre, les relations entre les deux pays s'étant notoirement tendues... et d'ailleurs, prévient l'ambassadeur américain en Chine cité par l'agence Reuters, on s'attend à un échange de vues plutôt "franc". La rencontre  porte sur des sujets de sécurité : comment éviter les rencontres inopinés, voire les télescopages entre bâtiments de guerre ou avions américains et chinois en Mer de Chine par exemple, mais quelque mesure susceptible d'apaiser la guerre commerciale sino-américaine devrait également être abordée, précise encore Reuters et ce en amont de la rencontre Trump / Xi Jiping prévue au G20 à la fin du mois.

En fait une sorte d'accord commercial entre les deux pays semble d'ailleurs en train de se dessiner relève David Goldman dans dans les colonnes du Asia Times. "dans sa conférence de presse d'après mid-terms répondant à une question sur la Chine le président américain a pratiquement dit qu'il avait conclu un accord commercial avec la Chine", explique Goldman. En fait durant cette conférence de presse, Donald Trump s'est simplement félicité que la Chine ait renoncé à son plan "Made In China 2025", un plan d'investissement dans la Hi Tech lourdement décrié par le président américain. Sauf que, précise encore David Goldman, Pékin envisage simplement de renoncer à l' objectif 2025, pour le transformer en un "objectif 2030 ou 2035 sans modifier en rien le contenu de son programme, imaginant que cela suffirait à apaiser Washington". C'est apparemment ce qui s'est passé... et qui augure assez bien, finalement d'un possible accord commercial sino-américain à la fin du mois.

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