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Grève européenne chez les pilotes de la compagnie Ryanair ce vendredi 10 août

Avis de turbulences sociales dans le ciel européen

5 min
À retrouver dans l'émission

Les pilotes de Ryanair, la compagnie aérienne irlandaise à bas-coût, sont en grève aujourd'hui et le modèle low-cost pose question dans la presse internationale ce vendredi.

Grève européenne chez les pilotes de la compagnie Ryanair ce vendredi 10 août
Grève européenne chez les pilotes de la compagnie Ryanair ce vendredi 10 août Crédits : JEAN MICHEL CORNU, CECILIA SANCHEZ / AFP - AFP

"L'enfer dans le ciel et le chaos au sol" titre Die Zeit. L'hebdomadaire allemand annonce qu'au milieu des vacances les pilotes de Ryanair frappent dans quatre pays : en Allemagne, en Irlande, en Suède et en Belgique. Ils sont en grève pour de meilleures conditions de travail et de meilleurs salaires. Ryanair doit annuler des centaines de vols. En nombre de passagers, la compagnie low-cost irlandaise est aujourd'hui la plus grande compagnie aérienne d'Europe rappelle Die Zeit. Mais à quel prix ?   

"Ryanair gagne des milliards de dollars chaque année, et le ticket moyen coûte environ 40 euros", déclare dans les pages du journal Markus Wahl, de l'association allemande Cockpit. "Quelqu'un doit payer pour cela", dit il, "le personnel ne le fera plus". Les vols bon marché ne mènent nulle part assure l'hebdomadaire s'inquiétant de la fiabilité du transport aérien et des retards, qui ont doublé depuis début 2018.  Inquiétude relayée à Berlin par Die Welt : "La situation est dangereusement instable dans les aéroports allemands", titre le journal. 

La croissance des passagers pousse les aéroports à leurs limites et dans le même temps les annulations de vols, les retards, sont de plus en plus nombreux. Et il faut gérer des contrôles de sécurité toujours plus importants. A Munich, l'association de l'aéroport prévient : "Les infrastructures disponibles pour les contrôles de sécurité ne peuvent pas soutenir la croissance continue du transport aérien mondial à long terme". Et il n'y a pas de raison que cela s'arrête explique le quotidien. Les fournisseurs à bas coûts tels qu'EasyJet, Ryanair ou Eurowings assurent la croissance du marché, en raison de la chute des prix des billets. A Berlin, par exemple, dans les deux aéroports de Tegel et Shonefeld, la part des vols à bas prix est désormais de 57 % .

Alors ce modèle va t'il être remis en cause ? "Avec la grève, c’est le cœur de Ryanair qui tremble" assure Le Soir, en Belgique. Mais pour sauver son modèle économique, Ryanair ne veut rien concéder. Aux Pays-Bas, la compagnie a même tenté d'interdire la grève mais n'a pas réussi. Les pilotes dans le pays pourraient suivre le mouvement européen aujourd'hui titre de Volskrant

Le journal néerlandais estime que les exigences des pilotes ne semblent pas scandaleuses : être payés s'ils doivent attendre le départ de leur vol, ne pas être licencié après deux jours de congé maladie... et pouvoir avoir des bouteilles d'eau gratuites à bord. Pour la plupart des entreprises, ces désirs ne sont pas inhabituels. Mais Ryanair n'est pas une entreprise ordinaire.  

Mais les prix bas, le low-cost, séduisent des voyageurs toujours plus nombreux, rappelle encore la presse ce matin. 

"Le consommateur est souvent le pire ennemi du citoyen", constate en France La Voix du Nord. Le low cost a séduit des gens qui devinaient pourtant le prix social de ce modèle. "Le client se demandait bien comment il était possible de se rendre à Venise et de revenir pour beaucoup moins cher qu’un aller simple Lille – Paris en TGV. Et puis il oubliait, trop heureux de savoir l’Europe accessible pour quelques billets de 10 euros."  

"Le tourisme est l'une des plus grosses industries au monde, et elle ne cesse de croître", rappelle dans une tribune, un journaliste de CNN, qui veut faire la différence entre touristes et voyageurs. "Effectivement, vous avez vu l'Opéra de Sydney, fier de votre photo comme d'un trophée. Mais avez-vous compris réellement l'enjeu d'un tel lieu symbolique ?" interroge le journaliste de la chaîne américaine. "Avez-vous saisi son extrême audace ? Qu'en est-il de votre relation avec la ville, ses habitants, son identité ? Cela demande un nouveau point de vue, une nouvelle manière de penser. Pour vraiment voyager, il faut être un voyageur."  

Et c'est un voyage étrange que nous propose The New York Times aujourd’hui. Comment une mer disparue est devenue la principale attraction d'une ville. Nous sommes en Ouzbékistan, dans le petit port de Moynaq, près de ce qui fut la mer d'Aral, et ce qui fut le premier port de pêche d'Asie centrale dans les années 1950. Un lac immense en fait évaporé en raison des chantiers de l'ex URSS. Pour produire du coton en masse, le bloc soviétique a détourné les fleuves.  

Paradoxalement, nous explique le quotidien américain, la catastrophe provoquée par l'homme qui étrangle la ville est devenue son principal attrait ces dernières années. Le tourisme est en plein essor  Avant, il n'y avait pas d'hôtel ici. Il y en a trois maintenant, ainsi qu’un cybercafé, et le gouvernement organise un festival de musique électronique le 14 septembre. "Beaucoup de gens veulent voir une crise écologique ", explique dans les pages du journal Vadim Sokolov, chef de la branche ouzbèke du Fonds international pour la sauvegarde de la mer d’Aral.  Un selfie du cimetière de navires est devenu un incontournable pour la foule Instagram.  

La mer a disparu de Moynaq vers 1986. Elle est maintenant à plus de 120 kilomètres. La seule vue sur l'eau se trouve dans le modeste musée local, sur les photos et les tableaux... Le lac, desséché, est maintenant réduit à environ 10% de sa surface d'origine. Le rêve de la restaurer entièrement a été abandonné... "L'objectif principal aujourd'hui est d'atténuer les conséquences de la catastrophe d'Aral", assure Bory Alikhanov, du Mouvement écologique ouzbek. "Dans l'histoire moderne de l'humanité, il n'est jamais arrivé qu'une mer entière ait péri devant les yeux d'une génération."

Dans la République du Karakalpakistan, Moynaq, ou Mo’ynoq en ouzbek, fut le second embarcadère de la mer d’Aral
Dans la République du Karakalpakistan, Moynaq, ou Mo’ynoq en ouzbek, fut le second embarcadère de la mer d’Aral Crédits : Michael Runkel / Robert Harding Premium / robertharding - AFP

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