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Des migrations et des migrants... Les frasques du ministre de l'Intérieur italien encore à la Une

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La question migratoire fait toujours la une en Europe, notamment en Italie. Pour la première fois dans l'histoire de l'Italie, un navire militaire italien n'a pas eu la permission d'accoster en Sicile, bloqué une journée entière dans le port de Trapani. Il transportait des migrants secourus en mer.

Le Corriere della Sera parle d'un choc. La croisade du ministre de l'Intérieur Salvini pour empêcher l'arrivée d'un seul migrant en Italie, a atteint de nouveaux sommets hier.  Les gardes-côtes italiens avaient en effet recueilli quelque 67 migrants, dont 3 femmes et 6 enfants, à bord du Diciotti. Mais une fois arrivé en Sicile, le navire s'est vu interdire de les débarquer. Motif : certains étaient soupçonnés de s'être révoltés contre l'équipage d'un remorqueur italien qui les avait secouru au large de la Libye, terrifiés à l'idée d'être renvoyés dans ce pays.  

Le président italien Sergio Matarella a dû intervenir pour permettre le débarquement des migrants. La presse italienne évoque une nouvelle crise institutionnelle. Matarella est tout de même à la tête des forces armées et donc des gardes côtes, rappelle la Stampa. En interdisant l'accostage du navire des gardes côtes Salvini a en effet lancé un véritable défi à l'appareil d'Etat, opine le Corriere della Sera. Et ce n'est pas la 1ère fois. Il a déjà critiqué les interventions des gardes-côtes au large de la Libye et les a même exhorté à ne pas répondre aux SOS, s'attirant la réplique immédiate de leur commandant : "Je répondrai toujours aux appels à l'aide". 

Rien n'est réglé, constate la presse italienne ce matin. C'est le président qui a permis le débarquement, précise la Repubblica, et c'est le président du Conseil Conte qui a annoncé que les migrants pourraient descendre du bateau mais Salvini dit regretter ces interventions dans "son" domaine. La Repubblica qui rappelle les derniers bilans en Méditerranée : 600 morts le mois dernier, la moitié de tous les décès en mer depuis le début de l'année. Un massacre dont l'Union européenne porte la responsabilité, selon les ONG citées par le quotidien italien.

La presse italienne revient également sur la réunion d'Innsbruck, en Autriche, autour du ministre autrichien de l'Intérieur  Herbert Kickl, ministre d'extrême-droite qui met sur la table des propositions radicales, appuyées par ses collègues allemand et italien. L'axe des volontaires pour arrêter les débarquements a trouvé un accord trilatéral, écrit ce matin la Stampa citant le ministre autrichien selon lequel les trois hommes se reverront le 19 juillet "pour prendre des décisions importantes pour l'Europe".  Mais, remarque la Stampa, il reste beaucoup de questions à résoudre. D'abord à Berlin où le ministre CSU veut rapatrier les migrants dans leur pays d'entrée dans l'Union (Italie ou Grèce), mais aussi à Vienne où le gouvernement entend fermer la frontière sud avec l'Italie pour limiter les mouvements secondaires. L'Italie, elle, ne voudra reprendre ces migrants qu'à la condition que les frontières extérieures soient scellées et qu'il soit mis un terme aux arrivées en provenance de Libye. La réunion tripartite n'a en fait débouché que sur une nouvelle déclaration d'intention, une de plus, conclut la Stampa.

Ce que pense aussi Der Standard, en Autriche. Dans le fond, les trois ministres avaient peu de choses nouvelles à offrir, juste la confirmation qu'ils entendent continuer à travailler ensemble, écrit le quotidien.  Il y a tout de même un risque, estime ce matin la Repubblica, qui redoute de voir l'Europe se ranger aux propositions les plus dures. Et de reprendre les propos du ministre bavarois : "La question de savoir qui reçoit l'asile en Europe ne peut pas être résolue par des trafiquants mais par des gouvernements démocratiquement élus". Les trois ministres entendent faire en sorte que nul ne puisse plus demander l'asile depuis le sol européen. Ils sont convaincus, écrit la Repubblica, que Bruxelles devra désormais les écouter. Der Standard remarque aussi que le ministre allemand de l'Intérieur s'est invité à la conférence de presse normalement réservée à la présidence du Conseil et à la Commission. "Un signe, estime le journal, que Kickl, hôte de la réunion, entend imposer un rythme plus soutenu qu'avant." 

A Innsbruck, toutefois, estime ce matin Die Presse, l'idée de Kickl d'installer des plates formes de rapatriement des migrants dans des pays tiers s'est heurtée à la résistance de plusieurs Etats membres, notamment l'Espagne, le Portugal, la Suède et, en partie, la France. De toutes façons, rappelle Die Press, aucun pays africain n'a souhaité accueillir de telles plates-formes. Le Financial Times croit cependant savoir que la Tunisie va être soumise à une forte pression, de la part de l'Italie notamment, la Tunisie où le ministre de l'Intérieur belge se rend la semaine prochaine. 

De l'autre côté de l'Atlantique, à Mexico, il sera aussi question de migrations et de barrières, ce vendredi  Alors que Mike Pompeo le secrétaire d'Etat américain emmène une importante délégation pour ses entretiens avec le président nouvellement élu Lopez Obrador. Newsweek rapporte que ce dernier va mettre sur pied une police aux frontières pour arrêter les flux de clandestins à destination des Etats-Unis ainsi que le trafic d'armes et de drogue. Le président mexicain a usé d'une rhétorique passionnée pour critiquer Donald Trump lors de sa campagne, écrit Newsweek, mais ses déclarations concernant la politique migratoire semblent s'aligner avec les désir du président américain. Donald Trump n'a en effet cessé d'inciter le président mexicain à renforcer la police aux frontières.  Si Lopez Obrador crée cette nouvelle force de police, il s'oppose toutefois aux intentions américaines de créer des centres de demandeurs d'asile sur le sol mexicain. C'est l'agence Rueters qui dévoile ce document ce matin. Un revers, estime-t-elle, pour les Etats-Unis qui espéraient approfondir la coopération sur l'immigration illégale. 

Pendant ce temps toujours en bonne place dans la presse américaine, le sort des enfants mineurs, ceux de moins de 5 ans séparés de leurs parents à la frontière. Les associations s'inquiètent de l'absence totale d'information sur le sort de plusieurs dizaines de tout petits enfants censés avoir retrouvé leur famille.

Marie-Pierre Vérot

Chroniques

8H35
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