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Interview sur Russia Today des deux suspects russes dans l'affaire Skripal

Affaire Skripal: la presse britannique entre rire et larmes face aux dénégations russes

5 min
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L'interview des deux suspects russes de l'empoisonnement de Sergueï et Ioulia Skripal est qualifiée d'"insulte à l'intelligence" par le gouvernement britannique. Les médias anglais démontent leur alibi et s'interroge sur le rôle joué dans l'ombre par Vladimir Poutine.

Interview sur Russia Today des deux suspects russes dans l'affaire Skripal
Interview sur Russia Today des deux suspects russes dans l'affaire Skripal Crédits : RT/Sputnik - AFP

Ce matin la presse britannique tente de garder son sérieux, face aux dernier épisode du feuilleton Skripal à la télévision russe.

L'affaire est pourtant très sérieuse, avec cet empoisonnement début mars de l'ancien agent double Sergueï Skripal et de sa fille, dans la ville anglaise de Salisbury.. Le poison, baptisé Novichok, a même tué cet été une victime collatérale, une autre habitante de Salisbury qui n'avait rien à voir avec l'affaire. 

Et voilà donc un rebondissement, hier sur la chaîne russe Russia Today: interview exclusive des deux suspects qui avaient été identifiés sur des image de vidéosurveillance par Scotland Yard, et présentés comme des agents secrets russe en mission commandée.

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Visiblement nerveux, face caméra, Petrov et Bochirov reconnaissent qu'ils sont bien les hommes dont les images s'affichent partout depuis 4 jours; qu'ils étaient bien à Salisbury la veille et le jour de l'empoisonnement, mais qu'ils étaient là en "simples touristes", venus "le plus banalement du monde" visiter la cathédrale de Salisbury.

Le Huffington Post britannique s'amuse de leurs explications très détaillées: "Des amis nous avaient recommandé de visiter la cathédrale, car elle est célèbre dans le monde entier pour sa flèche haute de 123 mètres et son horloge qui est la plus ancienne au monde à toujours fonctionner". Un luxe de détails, que l'on retrouve en évidence sur la page Wikipédia consacré au monument; et voilà qui fait dire au HuffPost que l'alibi a été savamment, mais peut-être un peu trop rapidement préparé. 

Moins ironique, le Times de Londres reprend les propos du 10 Downing Street, qualifiant l'interview de Russia Today "d'insulte à l'intelligence", de tissu de "mensonges et d'affabulations grotesques".  

Dans le Guardian, on ira un peu plus loin sur les possibles commanditaires de l'empoisonnement des Skripal: le journaliste russe Alexey Kovalev signe une tribune, où il explique que l'agent double à la retraite et sa fille, ont certainement été victimes d'empoisonneurs russes, mais pas forcément de Vladimir Poutine en personne.  "L'interview est tellement risible que même la journaliste de Russia Today a du mal à rester sérieuse", commente Kovalev, "même les plus loyaux des partisans de Poutine n'y ont pas cru!"  

Alors? Eh bien, soit le président russe a vraiment commandité l'empoisonnement, et cet amateurisme dans la gestion des suites de l'opération ne lui ressemble pas, soit "Poutine ne contrôle plus ses services de sécurité", dont certains membres se rebellent et font littéralement n'importe quoi. Pour conforter cette thèse, Kovalev, toujours dans le Guardian, rappelle l'étrange provocation en duel, lancée en début de semaine par le chef de la Garde Russe à l'opposant Alexeï Navalny, je vous en parlais ici même mercredi.

Conclusion:  il est "tentant, de voir Vladimir Poutine comme un despote omniscient et omnipotent... mais la réalité est sans doute beaucoup plus banale... et terrifiante".   

Il y a un mois s'effondrait à Gênes le pont Morandi, et sa reconstruction divise le gouvernement italien. 

C'est ce que nous expliquent ce matin plusieurs analystes politiques de la presse transalpine. Le Corriere della Serra avait même ouvert le bal dès hier, pointant les "contrastes", pour le moins, entre la Léga d'extrême-droite, et le Mouvement 5 étoiles avec lequel elle partage le pouvoir.  

La "Ligue" dénonce une vision trop "centralisatrice", elle veut confier le dossier aux élus locaux. Le Mouvement 5 étoiles préférerait une entreprise publique aux commandes, comme le constructeur naval Ficantieri. 

"Il n'y a pas de campagne électorale pour le poste de commissaire de l'Etat en charge de la reconstruction", assure dans le Corriere le gouverneur de la Région de Ligurie Giovanni Toti, qui fait tout pour obtenir le poste. Difficile de ne pas voir les ambitions politiques et personnelles, et les tensions qui en découlent. Au point, a-t'on craint jusqu'au dernier moment hier soir, qu'elles fassent capoter la présentation du décrêt d'urgence sur la reconstruction du pont.   

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Au final il a bien été présenté, hier soir, par le président du Conseil Guisseppe Conté. Mais Il Giornale, avec toute la presse italienne, note qu'il y manquait un nom: celui, justement, du commissaire qui dirigera les opérations et aura accessoirement à gérer ces budgets publics qui semblent aiguiser tant d’appétits.

Et quand un pont effondré en cache un autre: sur le fleuve Niger, à la frontière entre le Bénin et le Niger, le pont de Malanville s'est brisé net il y a un peu plus d'une semaine. 

Et depuis, nous apprend le site béninois Banouto.info , c'est tout le transport routier d'Afrique de l'Ouest qui est paralysé. Plus de 730 camions, immobilisés de part et d'autre du grand fleuve, sur cette route qui relie toute la région au port de Cotonou. 

On craint même "des pénuries", si rien n'est fait, sur les marchés du Niger, pays dont approvisionnement dépend quasi-exclusivement de la fameuse route.  Et l'affaire concerne tous les pays voisins, nous confirme la BBC Afrique

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Car des ponts sur le Niger, il n'y en a pas beaucoup. Avec celui de Malanville fermé, il faut détourner les camions à travers le Burkina-Faso, plus à l'Ouest, ou le Nigéria à l'Est. A chaque fois, nous explique la Nation de Cotonou, ça rajoute des centaines de kilomètres et des journées de route pour les chauffeurs routiers et leur marchandises qui risquent de périmer en route. Sans compter les problèmes de sécurité et de douanes. 

Dans les colonnes de La Nation on lira donc "les diligences du gouvernement béninois pour soulager les transporteurs". Le ministre des Transports assure qu'un pont temporaire sera construit d'ici un mois et demi... sans franchement convaincre ses interlocuteurs, à en croire le journaliste qui a assisté à la réunion au Ministère.

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