LE DIRECT
L'attentat de l'école de police de Bogotá replonge les Colombiens dans la peur du terrorisme

La Colombie voit resurgir la menace du terrorisme intérieur

6 min
À retrouver dans l'émission

Un attentat à la voiture piégé a tué jeudi au moins 21 personnes, pour la plupart des enfants, dans une école de police de Bogota. Le kamikaze semble lié à la guerilla de l'ELN. Un nouveau gouvernement pour la Suède après 4 mois d'impasse politique. 60% des espèces de caféiers menacées d'extinction.

L'attentat de l'école de police de Bogotá replonge les Colombiens dans la peur du terrorisme
L'attentat de l'école de police de Bogotá replonge les Colombiens dans la peur du terrorisme Crédits : JUAN BARRETO - AFP

La revue de presse internationale qui nous emmène tout d'abord ce matin à Bogota, la capitale colombienne.  

La Colombie, qui renoue avec la menace du terrorisme intérieur. Trois jours de deuil national viennent d'être décrétés  après l'attaque à la voiture piégée qui a frappé ce jeudi matin une caserne des cadets de la police, dans un quartier sud de Bogota.

Pour afficher ce contenu Youtube, vous devez accepter les cookies Publicité.

Ces cookies permettent à nos partenaires de vous proposer des publicités et des contenus personnalisés en fonction de votre navigation, de votre profil et de vos centres d'intérêt.
Gérer mes choix

Dans ce récit des faits par la chaîne CaracolTV, on apprend que l'explosion a eu lieu alors qu'une cérémonie de remise de médailles venait de se terminer. Le bilan humain fait état pour le moment de 21 morts, et de plus de 60 blessés, pour la plupart des enfants.

"Bogota n'avait pas connu un attentat aussi meurtrier depuis 15 ans", souligne le journal El Tiempo, qui nous en dit plus sur l'auteur de cette attaque-suicide : il s'agit d'un homme de 56 ans, habitant de la région d'Arauca, au nord du pays, où ont sévit pendant des décennies les combattants des FARCs, et où l'Armée de libération Nationale, l'ELN reste active. 

Mais les FARCs, nous rappelle El Tiempo, ont déposé les armes en 2016, ils se sont transformés en parti politique, et ont très rapidement condamné l'attentat d'hier, réfutant tout lien de leur organisation avec le terroriste de l'école de police. C'est donc vers l'ELN, toujours en action que se concentre l'enquête pour chercher les commanditaires de l'attaque.  L'hebdomadaire La Semana croit que le kamikaze de Bogota, serait en fait  celui que les services de renseignement colombiens ont identifié sous le nom de guerre de "Mocho Kiko", connu pour être l'artificier en chef de l'ELN. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Ce qui est sûr, c'est que sur son versant politique, cet attentat fait figure de test pour le président de droite dure, Ivan Duque.  Il s'est fait élire l'an dernier sur la promesse de combattre les résidus de guérilla marxiste, et de remettre en cause l'accord de paix historique avec les FARCs.  Dans les heures qui ont suivi l'attentat, nous dit El Nuevo Siglo, Duque a appelé tous les Colombiens à la "solidarité", et revêtu le costume martial qui  sied aux circonstances : "Nous ne céderons rien à la terreur, c'est dans l'adversité que nous nous renforcerons", a déclaré le président, et ça a renforcé au passage les inquiétudes de l'opposition à gauche qui craint un tour de vis militariste. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Dans son éditorial, El Tiempo appelle enfin ses lecteurs à "l'union et au rejet de cette violence terroriste", mais à lire ce texte, on comprend surtout que ce qui frappe les Colombiens, au-delà de la brutalité meurtrière de ce qui s'est passé hier, c'est bien "la rapidité avec laquelle ont resurgi les traumatismes gravés dans l’inconscient collectif par les décennies terroristes" d'un passé, pas si lointain.

La Suède devrait se doter dans la journée d'un nouveau gouvernement, après 4 mois de blocage politique. 

On en était resté à ces élections de début septembre qui avaient vu la montée de l'extrême-droite suédoise, grignotant le poids des partis traditionnels au point de rendre quasi-impossible la constitution d'une majorité de gouvernement. 

Il aura donc fallu un peu plus de quatre mois, et deux tentatives avortées, nous apprend la chaîne suédoise SVT, pour qu'un Premier ministre puisse obtenir la validation du Parlement. C'est pourtant bien ce qui devrait se passer tout à l'heure pour Stefan Löfven : eh oui, quatre mois plus tard, confirme le Financial Times, on remet finalement aux commandes le même homme, leader des socio-démocrates. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Mais pour se maintenir au pouvoir, et pour éviter de laisser l'extrême-droite entre au gouvernement, Stefan Löfven a du "bousculer l'échiquier politique suédois, renier l'alliance historique avec sa gauche, pour tendre la main à ceux qui constituaient hier encore son opposition à droite, les centristes et les Libéraux".  C'est cela qui fait dire à l'Aftonbladet que la Suède est sur le point d'entrer dans une "nouvelle ère politique", avec un défi de taille pour Stefan Löfven :  "Comment compte-t-il préserver la démocratie sociale, le fameux modèle suédois, malgré ce virage opportuniste à droite ?"  

Pour veiller au grain, il faudra compter sur le parti de Gauche, exclu du nouveau gouvernement, mais qui affirme avoir conclu un accord secret avec Löfven pour que les fondamentaux du système social ne soient pas remis en cause.  En échange, la Gauche s'est engagée à s'abstenir tout à l'heure lors du vote de confiance au Parlement, pour permettre au nouveau gouvernement, à défaut d'avoir une vrai majorité, de ne pas être mis en minorité. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Et c'est justement ce qui inquiète les Américains de Bloomberg pour qui la Suède confirme une tendance franchement inquiétante en Europe : de plus en plus de gouvernements arrivent au pouvoir grâce à des coalitions qui sont "majoritaires mathématiquement mais pas politiquement". Des alliances de circonstances, dont la seule raison d'être, bien souvent, est de faire barrage à la monté du national-populisme, mais qui n'ont pas de vraie ossature idéologique. Le programme du nouveau gouvernement Löfven en Suède, par exemple,  tient en 16 pages de vague compromis entre idées socialistes, environnementalistes et de centre-droit, dont "la seule cohérence est de mettre le plus de monde d'accord", analyse Bloomberg qui semble regretter l'avènement d'une politique à l'eau tiède qui frustre au final tous les électeurs, et qui a clairement montré ses limites dans l'Allemagne d'Angela Merkel, pour ne citer qu'elle.   

Une information qui va faire trembler nos auditeurs à l'heure du petit-déjeuner. 

N'allez pas avaler de travers tout de même, non, savourez  plutôt votre gorgée de café : celui-ci pourrait devenir rare dans les temps qui viennent. C'est ce qu'on lit sur les sites de CNN et de Time Magazine : "60% des espèces de caféiers à travers la planète seraient menacées d'extinction", selon les spécialistes anglais des Jardins Botaniques Royaux. Même l'Arabica qui est la super-star des cafés est désormais classée parmi les espèces menacées, et, vous n'allez pas être très surpris, c'est du aux effets prévus du réchauffement climatique sur les plants de caféiers. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Alors forcément, nous dit la revue Science Advances, le commerce mondial du café devrait en être affecté, d'autant que "les mesures prises jusque-là pour protéger les espèces ont été largement insuffisantes et inefficaces".  Car, et là c'est Time qui nous l'apprend, on ne peut pas vraiment sauver les graines de café comme on le fait avec d'autres, en les stockant dans des coffres-forts de la biodiversité : les grains de café se conservent mal, pour éviter leur disparition il faut donc les préserver dans leur environnement naturel, en préservant celui-ci avant tout. 

Pour afficher ce contenu Twitter, vous devez accepter les cookies Réseaux Sociaux.

Ces cookies permettent de partager ou réagir directement sur les réseaux sociaux auxquels vous êtes connectés ou d'intégrer du contenu initialement posté sur ces réseaux sociaux. Ils permettent aussi aux réseaux sociaux d'utiliser vos visites sur nos sites et applications à des fins de personnalisation et de ciblage publicitaire.
Gérer mes choix

Ça veut dire lutter contre la déforestation, en même temps que contre le réchauffement climatique. Vous comprenez mieux pourquoi je vous conseillais de savourer votre tasse de café ce matin :elle pourrait bien vous coûter très cher dans quelques années.

Chroniques

7H40
42 min

L'Invité(e) des Matins

Cécile Duflot : les nouvelles voies de la lutte pour l’environnement
L'équipe
Production

France Culture

est dans l'appli Radio France
Direct, podcasts, fictions

INSTALLER OBTENIR

Newsletter

Découvrez le meilleur de France Culture

S'abonner
À venir dans ... secondes ...par......