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Vladimir Poutine a annoncé "que le Groupe Etat Islamique détient en ce moment-même 700 otages, dans l'Est de la Syrie

La presse russe titre sur le "retour en force de Daech" en Syrie, le Pentagone évoque une "fake news"

6 min
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Selon Vladimir Poutine le groupe Etat Islamique détiendrait 700 otages dans l'est de la Syrie et en exécuterait dix par jour, le Pentagone dément. Les #CumExFiles révèlent un "pillage systématique des caisses publiques européennes". Chengdu, en Chine, veut s'éclairer avec des Lunes artificielles.

Vladimir Poutine a annoncé "que le Groupe Etat Islamique détient en ce moment-même 700 otages, dans l'Est de la Syrie
Vladimir Poutine a annoncé "que le Groupe Etat Islamique détient en ce moment-même 700 otages, dans l'Est de la Syrie Crédits : Vadim Savitsky - Getty

Un constat à la lecture de la presse ce matin : on n'est vraiment pas informé de la même manière selon qu'on lit les journaux à Moscou ou à Washington.

Ce n'est sans doute pas nouveau mais c'est particulièrement flagrant avec cette information sur la situation en Syrie, reprise par les médias russes ce vendredi. La source, c'est Vladimir Poutine en personne, cité par la chaîne info FAN-TV lors d'un discours de géopolitique jeudi à Sotchi.

Vladimir Poutine, annonce donc "que le Groupe Etat Islamique détient en ce moment-même 700 otages, dans l'Est de la Syrie ; qu'ils ont posé un ultimatum ; et que tant que leurs demandes ne seront pas satisfaites, ils exécuteront chaque jour dix prisonniers. Les dix premiers ont déjà été fusillés avant-hier, c'est horrible, c'est une catastrophe" lâche donc donc le président russe, avant de poursuivre son discours. Le reste du discours d'ailleurs, nous explique le journal en ligne Lenta.ru, tient en une idée : la Russie a rempli sa mission en Syrie, elle a libéré 95% du territoire des rebelles armés, et elle a permis de consolider l'Etat syrien.  Au-delà de ce satisfecit, l'inquiétant scoop livré par Vladimir Poutine a été largement repris par les journaux russes,  qui titraient dès hier soir sur le "retour de Daech", précisant bien que leur nouveau fait d'arme se déroule en territoire contrôlé par les américains, et que parmi les otages se trouvent des étrangers dont des américains.

Sauf que, malgré son importance à priori, l'information a pour le moment assez d'écho dans les médias à l'Ouest, si l'on excepte les tabloïds anglais, Daily Express et Daily Mail ou dans Le Figaro en France. Car immédiatemment après le discours de Poutine, nous explique Newsweek, le Pentagone a fermement démentie l'info, une "fake news", un "_non-sen_s", selon les Américains qui, certes, confirment que Daech a bien attaqué un camp de réfugiés la semaine dernière à Deir Ez-Zor, et  fait des prisonniers, mais que rien ne confirme le scoop de Vladimir Poutine, surtout pas la présence d'américains parmi ces possibles otages. 

Surtout, Washington refuse de laisser dire que ses soldats ont laissé Daech se reconstituer. Et de rappeler que la coalition menée par les américains a "chassé les djihadistes de 99% de leurs territoire précédents". On le voit, chacun brandit déjà son bilan de l'intervention en Syrie, et se renvoie la responsabilité d'une guerre qui dans tous les cas, est loin d'être réglée à 100%. 

Les heures, les jours qui viennent nous diront, si la "fake news" russe est, ou non, plutôt une "very bad news" pour les Américains et pour le monde. En attendant les journaux russes accusent aussi, ce matin, des avions US en Syrie, d'avoir bombardé "par manque de professionnalisme", des habitations de civils où se cachaient des combattants kurdes alliés des Américains. Mais cette information-là non plus ne figure pas pour l'instant dans la presse à Washington.  

Retour sur ce "casse du siècle", cette arnaque fiscale à hauteur de 55 milliards d'euros qui a été révélée hier par un consortium de journalistes européens. 

Le dossier #CumExFiles , du nom de ces procédés bancaires à la limite de la légalité, qui ont permis à des financiers et à des fonds d'investissements, non seulement de ne pas payer d'impôts sur leurs dividendes, mais de se faire rembourser indûment des millions par les fiscs européens. 

Sur ce système organisé, qui implique les plus grandes banques du continent et qui a perduré jusqu'en 2012, on lira cet éditorial du journal espagnol El Confidencial, lequel nous explique pourquoi, avec les "Cum-Ex Files", on est bien au-delà de l'indignation suscitée il y a deux ans par les Panama Papers.

l y a une "différence morale", nous dit l'article, entre la fraude fiscale, tristement courante et bien documentée, et ce dont on parle cette fois-ci, à savoir "le pillage méthodique des caisses publiques" : une sorte de double peine, double arnaque pour les citoyens européens, qui eux payent leurs impôts, jouent le jeu de la solidarité sociale. Non seulement ceux qui ont utilisé les mécanismes opaques des Cum-Ex n'ont pas payé leur du, mais en plus ils se sont arrangés pour aller se servir, à hauteur donc de 55 milliards, dans les Trésors Publics.  

Le scandale est parti d'Allemagne où Die Zeit a coordonné les travaux des enquêteurs de 19 médias dans 12 pays. A la rubrique des réactions politiques, le quotidien hambourgeois nous apprend ce matin que les Verts allemands ont senti le potentiel de mobilisation que cela pouvait représenter dans l'opinion publique. Ils sont donc montés au créneau pour "appeler l'Europe à organiser enfin la lutte contre le crime fiscal" sous toutes ses formes. Les Gruenen en font un argument de campagne, alors que les derniers sondages les donnent en deuxième position, à la l'élection prévue dans 8 jours dans le Land de Hesse.  

Quoi qu'il en soit, tout ça ne vaut pas un clair de lune à Chengdu !  

C'est à lire dans le Quotidien du Peuple chinois : la ville de Chengdu et son institut de recherche spatial vont concevoir et lancer dans l'espace, en 2020, une voire trois Lunes artificielles. Des satellites-miroirs qui réfléchiront la lumière du soleil et la projetteront sur la ville, 24h/24, avec pour but d'éclairer la nuit et de  réduire ainsi de 150 millions d'euros la facture d'électricité municipale. 

Il paraît, nous dit le China Daily, que c'est une vieille idée née du rêve d'un artiste français. Là, en version chinoise, on parle de lunes artificielles huit fois plus lumineuses que la vraie, avec une grande précision dans la zone éclairée, nous garantissent leurs concepteurs. 

Sauf que c'est une idée épouvantable, s'alarme LiveScience, qui s’inquiète des conséquences possibles de cette pleine lune perpétuelle sur les rythmes circadiens des hiboux grands-ducs et la reproduction des coraux.  Épouvantable idée, aussi pour Forbes, en ce qui concerne la pollution lumineuse : elle est déjà très importante dan une ville chinoise comme Chengdu, elle sera 55 fois pire, prévient un astronome cité par le magazine américain. Ou comment une idée lumineuse peut créer plus de problèmes environnementaux qu'elle ne prétend en régler. 

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