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Soupçon de sidération dans les médias nord-américains face à la volonté de Donald Trump d'inviter Vladimir Poutine à la Maison Blanche cet automne

5 min
À retrouver dans l'émission

La Maison Blanche a annoncé la volonté de Donald Trump de bientôt recevoir Vladimir Poutine. Ce qui déclenche beaucoup d'interrogations dans la presse nord américaine. Nous évoquerons aussi les interrogations en Espagne sur le destin de la dépouille de Franco et en Argentine sur Mafalda et l'IVG.

Crédits : Visactu

Voilà qui ressemble à une fuite en avant, nous dit en substance le New York Times après une semaine de polémiques, très virulentes, sur la manière dont Trump se serait couché, lundi dernier à Helsinki, face au président russe. Le Guardian, à Londres, évoque la réaction du Républicain Dan Coats, directeur du renseignement national. Ce sont les journalistes qui lui ont appris que Trump avait lancé l'invitation à Poutine. Coats leur a fait répéter l'information, avant de sourire. "Est-ce que j'ai vraiment bien entendu ça ? Ok, ça va être disons, spécial" a-t-il commenté.  Le problème soulevé entre autres par le Wall Street Journal est qu'on ne sait déjà pas ce que se sont réellement dit Trump et Poutine au cours de leur entretien privé d'Helsinki. A part eux, il n'y avait qu'un seul témoin américain constate USA Today : l’interprète officielle de la Maison Blanche, Marina Gross. elle se retrouve aujourd'hui au coeur de très nombreuses pressions, politiques et médiatiques, pour briser le sceau de la confidentialité, et témoigner devant une commission du Congrès. "Ce serait du jamais-vu", dit dans USA Today un interprète qui a travaillé avec 7 présidents. A qui répond du tac au tac un élu démocrate : tout ce que fait Trump depuis un an et demi est aussi sans précédent dans l'histoire américaine.   

Pour résumer la confusion qui règne entre Washington et Moscou, l'hebdomadaire Time a trouvé une image particulièrement forte pour sa Une cette semaine.  Sous le célèbre cadre rouge du Time Magazine : un morphing, un visage dans lequel sont mélangés les traits de Donald Trump et de Vladimir Poutine. La manière dont les deux se complètent, s'embellissent presque, est très troublante. Comme si Time voulait nous prouver que le monstre créé par la réunion des deux dirigeants est quelque chose de très cohérent et de plutôt effrayant.     

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"Un deuil national" en Israël, devenu "l'état-nation du peuple juif"

Pas franchement plus rassurant, le chemin sur lequel s'est engagé Israël ce jeudi. Ce n'est pas moi qui le dit, c'est le grand quotidien israélien Haaretz. Il revient longuement sur la loi fondamentale votée par la Knesset qui définit Israël comme "l'état-nation du peuple juif". "Cette loi inscrit la discrimination au coeur des bases constitutionnelles du pays", analyse l'éditorialiste Mordechai Kremnitzer. Non seulement elle ouvre la voie à de nouvelles annexions de territoire pour les colons juifs les plus radicaux, mais surtout elle entérine l'annexion de l'Etat par ses territoires : la loi sur l'état-nation permet l'établissement de communautés basées sur la religion, la nationalité ou d'autres caractéristiques. Une dérive dangereuse, selon Bradley Burston, toujours dans Haaretz. Pour lui, c'est "un deuil national", que traverse Israël depuis hier. "Le pays que nous avons connu n'est plus. En apparence, rien n'a changé. Mais le fond de l'air, lui, devient difficilement respirable. Un responsable à tout cela : le Premier ministre Benyamin Netanyahou".  

Que faire des dépouilles et autres "marqueurs" de dictateurs ?

L'Espagne n'en finit pas de s'interroger sur le sort à réserver à la dépouille de feu le dictateur Franco. Franco enterré au coeur d'un impressionnant mausolée, dans El Valle de los Caídos (la vallée de ceux qui sont tombés), à une cinquantaine de kilomètres de Madrid. Depuis son arrivée à la tête du gouvernement début juin, le socialiste Pedro Sanchez a juré de faire exhumer le corps de Franco pour faire du mausolée un lieu de réconciliation nationale. Mais ce matin, El País fait un pas de côté et emmène ses lecteurs en Argentine. Là-bas, nous explique-t-on, on a réglé depuis longtemps le sort des dépouilles des anciens responsables de ce qui fut la dictature militaire la plus meurtrière d'Amérique du Sud, entre 1976 et 1983. Les Videla, Massera, Viola ou Galtieri sont des noms qui ont aujourd'hui purement disparu des cimetières privés où ils reposent, sous des dalles anonymes. "Ils ne sont plus qu'un mauvais souvenir", sans lieu de mémoire pour leurs hypothétiques héritiers. Les tortionnaires d'hier subissent le même sort que leurs dizaines de milliers de victimes disparues. Un exemple, peut-être, pour une Espagne qui, elle, relance son travail de mémoire sur le franquisme.  

Le dessinateur Quino dénonce le détournement de son personnage Mafalda par les anti-avortement

Restons en Argentine pour clore cette revue de presse. Vous êtes-vous déjà demandé quelle était la position de Mafalda sur l'avortement ? Eh bien je vais vous la donner, parce que c'est devenu un vrai sujet d'actualité au pays de la petite héroïne de bande-dessinée. C'est à lire dans le quotidien Perfil, de Buenos Aires. Alors que le Sénat argentin doit se prononcer le 8 août sur une légalisation de l'IVG qui a déjà été validée à la mi-juin par le Congrès, le dessinateur Quino, le père de Mafalda, est obligé de mettre les points sur les i. Il affirme que son personnage le plus célèbre est favorable à la légalisation de l'avortement. Quino a dû le faire parce que les anti-IVG font circuler sur les réseaux sociaux des images où l'on voit la petite fille affublée du foulard bleu clair, le signe de ralliement des "pro-life".  "Je n'ai pas autorisé cette utilisation militante de Mafalda", clarifie donc le dessinateur. "Je me suis toujours battu pour les droits humains et les droits des femmes en particulier. Je leur souhaite donc bonne chance dans leur combat actuel". Voilà qui est dit. Les Argentins n'ont plus qu'à prendre leurs gommes et leurs crayons pour colorier le foulard de Mafalda en vert : la couleur des pro-IVG.

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