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Les bureaux de vote électroniques de la colère en RDC

Deux ans... et une semaine de report pour la présidentielle en RDC

6 min
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Déjà repoussée depuis 2016 par Joseph Kabila, la présidentielle en République Démocratique du Congo a été reportée d'une semaine, au grand dam de l'opposition. De nouvelles charges lancées au Japon contre Carlos Ghosn qui reste en prison. "Gilets Jaunes" se dit "coletes amarelos" en portugais.

Les bureaux de vote électroniques de la colère en RDC
Les bureaux de vote électroniques de la colère en RDC Crédits : STEFAN KLEINOWITZ - Maxppp

Les élections qui devaient se tenir dimanche en République Démocratique du Congo sont repoussées d'une semaine, officiellement pour des raisons purement logistiques. 

Un incendie dans un dépôt de matériel électoral, des bulletins brûlés, des isoloirs électroniques hors d'usage qu'il faut réimporter depuis la Corée du Sud... C'est vrai que les raisons techniques, listées par la Commission électorale et citées par le site MédiaCongo ne manquaient pas pour justifier ce report du vote au 30 décembre. 

Mais tout de même, cette décision annoncée à 3 jours de la date prévue "pose problème", selon l' l'édito du jour à lire dans la Prospérité de Kinshasa.  Où l'on comprend donc, qu'avant même l'annonce du report hier, le fait de "continuer à croire en la tenue de l'élection dimanche relevait de l'illusion farfelue" ; et maintenant que c'est officiel, "pour bon nombre de politiques congolais, cette semaine de plus a de fortes chances de se métamorphoser en un délai qui ne laisse pas entrevoir le moindre petit soupçon de son bout." Pour faire simple, donc, la porte est ouverte pour un énième renvoi aux calendes congolaises de cette élection présidentielle qui aurait du se tenir il y a plus de deux ans, mais qui a été refusée aux électeurs de RDC par le président en place, Joseph Kabila, à chaque fois pour des raisons matérielles ou sécuritaires. 

Car Kabila-fils ne pouvait plus se succéder à lui-même, nous rappelle le quotidien de l'ancienne puisssance coloniale belge Le Soir. Finalement, ces derniers mois, il avait accepté de désigner, en la personne de son ancien ministre Emmanuel Ramazani Shadary, son dauphin dont la campagne a été poussée par tous les moyens de l'Etat. 

En face, l'opposition, les 20 autres candidats, crient au déni de démocratie, à la mauvaise volonté évidente du clan Kabila. Ils appellent leurs partisans à manifester pour protéger les institutions, et s'indignent, dans les colonnes de MédiaCongo, du fait que la campagne s'achève officiellement ce vendredi, alors que l'élection a été repoussée d'une semaine.   

"La crainte de violences ne va faire que croître" dans les prochaines heures, les prochains jours, prédit la BBC Afrique qui semble résignée quand elle écrit, cruel élément de contexte, que "depuis son indépendance de l'Empire colonial Belge en 1960, le Congo n'a jamais connu d'alternance politique sans violence et selon les règles démocratiques". 

Dans la revue Foreign Policy, le constat est le même et la perspective pas beaucoup plus optimiste : "Les 80 millions de citoyens congolais voulaient une élection, mais ce n'est vraiment pas cela qu'ils imaginaient." Même si le vote a bien lieu bien lieu le 30 décembre, ses résultats seront immanquablement contestés, car le choix du vote électronique continue de susciter la défiance de très nombreux électeurs.  

Foreign Policy cite enfin l'universitaire Tatiana Carayannis, fine connaisseuse de la RDC, pour qui les Congolais sont clairement désabusés face à cette élection dont ils voient bien qu'elle est manipulée, mais en même temps ils restent convaincus que c'est leur dernière chance de voir un changement démocratique pour leur pays.  Fortes attentes, déjà déçues : le risque de la frustration est immense, pour une République Démocratique du Congo "hautement combustible" conclut Foreign Policy.

Depuis sa cellule à la prison de Tokyo,  le PDG de Renault-Nissan Carlos Ghosn nourrissait hier des espoirs de remise en liberté, mais ces espoirs ont fait long feu.  

C'est le principal titre développé aujourd'hui par la presse japonaise, comme sur la chaîne publique NHK World : on y apprend que Carlos Ghosn a été extrait de sa cellule ce vendredi pour se voir signifier qu'un nouveau mandat d'arrêt a été lancé contre lui, avec un troisième chef d'accusation que détaille le Yomihuri Shimbun : celui qui reste officiellement patron de Renault est accusé cette fois d'avoir fait payer par Nissan, par les comptes de la société, des pertes qu'il avait subi pendant la crise financière de 2008 sur des investissements qu'il avait pourtant réalisés à titre personnel : il y en aurait pour 14 milliards d'euros, selon les informations du Wall Street Journal.

Carlos Ghosn est donc fixé sur une chose : il va bien passer Noël en cellule, puisque c'est ce qui semble préoccuper CNN. La chaîne d'info américaine nous rappelle pourtant qu'hier les nuages avaient eu l'air de se déchirer, au-dessus du grand patron déchu : ses avocats voulaient croire en la possibilité d'une libération rapide, puisque, nous apprenait l'Asahi Shimbun, une Cour de district tokyoïte avait désavoué le Parquet et refusé d'étendre la durée de détention de Carlos Ghosn. Vingt-quatre heures plus tard, le même Parquet en remet donc une couche,et renvoit le français pour plusieurs tours à la case prison. 

Pour le Japan Times, "plus la Justice avance et  et plus ce dossier Ghosn révèle sa gravité et sa complexité, bien au-delà des premières accusations de fraude fiscale".

Les gilets jaunes français n'en finissent pas de faire des émules : ils devraient déferler aujourd'hui sur le Portugal.  

Le pays s'attend en ce 21 décembre à une importante journée de mobilisation sociale et politique, placée donc sous le signe des "coletes amarelos", les gilets jaunes désormais "étendards universels de la fronde populaire", à en croire le journal régional Mediotejo, qui annonce de nombreux rassemblements sur les routes et au cœur des villes portugaises. 

Le mouvement devrait même toucher l'ile de Madère et paralyser son port de marchandise spécialisé dans l'export d'agrumes, nous apprend le Journal de Madère qui confirme l'avènement des gilets jaunes à la mode portugaise : mêmes modes d'organisation et d'action qu'en France, mêmes colère contre "tout ce qui ne fonctionne pas dans le pays", avec des revendications centrées tout de même sur des baisses de taxes sur les carburants et des hausses de salaires. 

Suer ce dernier point, le gouvernement de gauche au pouvoir au Portugal a voulu tirer les leçons de la crise française, et a devancé la journée de manifestations d'aujourd'hui pour annoncer qu'il relève le salaire minimum à 700 euros. Mais, comme en France, n'a apparemment pas suffi à désamorcer les appels sur Facebook à bloquer le pays.

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