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L’hôtel discret où les Vénézuéliens ont été accueillis à 60 km de Budapest

La Hongrie de Viktor Orban serait-elle devenue un pays pro-immigration ?

7 min
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La presse hongroise révèle que le gouvernement Orban a accueilli en toute discrétion 300 réfugiés vénézuéliens. Au Sénégal, l'ex-président Wade tempère ses appels au boycott de la présidentielle de dimanche dont son fils Karim a été écarté. La "revitalisation" de la Casbah d'Alger fait débat.

L’hôtel discret où les Vénézuéliens ont été accueillis à 60 km de Budapest
L’hôtel discret où les Vénézuéliens ont été accueillis à 60 km de Budapest Crédits : STR - AFP

Ce matin dans la presse hongroise on découvre que le gouvernement de Viktor Orban serait finalement favorable à l'immigration. 

C'est le site d'info Index qui l'a révélé hier soir : la Hongrie a généreusement ouvert ses portes le mois dernier à 300 réfugiés en provenance du Venezuela. Ils ont été transférés depuis l'Equateur, où ils avaient fui la misère et les persécutions dans leur pays, par avion affrété par les autorités hongroises, qui, nous signale Index, leur assurent aussi des permis de séjour pendant un an, le gîte, et des cours de langue hongroise, le tout en partenariat avec l'Ordre de Malte. 

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Depuis ces révélations hier, nous dit le journal en ligne 24.hu, l'opposition à Viktor Orban rivalise de déclaration ironiques : elle se félicite que le gouvernement nationaliste soit enfin passé dans le camp de ceux qui ouvrent leurs portes aux migrants ; elle l'invite à le dire fièrement, maintenant qu'il rejoint l'UE et le milliardaire Georges Soros au sein du lobby pro-immigration qu'il a tant dénoncé ces dernières années. Sauf que, comme Index l'a démontré, Budapest est loin de se vanter de cette opération d'accueil des 300 Vénézuéliens : les réfugiés ont même reçu pour consigne de ne pas ébruiter l'affaire, eux qui ont été pris en charge dans des contrées reculées du territoire hongrois. La plus grande discrétion entoure donc cette soudaine philanthropie, qu'Euronews Allemagne qualifie même "d'opération secrète". 

C'est donc bien cette hypocrisie d'Orban et des siens qui est dénoncée sous couvert d'ironie par la gauche hongroise. Le problème,  ce n'est pas que des réfugiés vénézuéliens soient accueillis, ça c'est une très bonne nouvelle et c'est amplement justifié ; ce qui choque, lit-on dans Index, c'est le côté "honteux" de la chose et surtout le "deux poids deux mesures" appliqué à la politique migratoire de la Hongrie.  

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Car parmi le flot de migrants arrivés en Equateur depuis le Venezuela, Budapest a fait un tri ethnique (et plus insidieusement religieux) : seuls les Vénézuéliens qui pouvaient attester d'au moins un aïeul de nationalité hongroise ont été pris en charge.  L'AFP nous apprend au passage qu'en 1959 quelques milliers de Hongrois avaient émigré au Venezuela pour fuir la répression du soulèvement de Budapest. Ce sont donc leurs lointains descendants qui ont pu en quelque sorte "rentrer au pays" deux ou trois générations plus tard, et c'est cette façon de présenter les choses qui permet au gouvernement Orban de dire, comme il le fait dans les journaux ce matin, qu'il ne s'agit pas là d'immigration, toujours honnie, mais de "rapatriement des ressortissants hongrois en danger".  

Qu'on se rassure donc, la sacro-sainte "magyarité" (et accessoirement chrétienté) de la nation hongroise ne sera donc pas menacée par cette vague d'immigration-là.

Au Sénégal, l'élection présidentielle de dimanche pourrait tourner court en faveur du président sortant Macky Sall qui semble avoir tout fait pour s'imposer dès le premier tour. 

Face à lui après-demain il y aura trois candidats d'opposition, dont deux étaient de quasi-inconnus avant le début de la campagne. Par contre, nous rappelle le Quotidien de Dakar, deux adversaires sérieux de Macky Sall ont été écartés du scrutin : il s'agit de l'ancien maire de la capitale, Khalifa Sall, et de Karim Wade, fils de l'ex-président Abdoulaye Wade. Tous deux ont vu leur candidature invalidée à cause de condamnations judiciaires récentes. 

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Depuis l'éviction de son fils, Wade-père, l'ancien chef de l'Etat aujourd'hui agé de 92 ans, usait de toute son influence sur les électeurs sénégalais pour appeler à boycotter le vote de dimanche, à "brûler sa carte d'électeur", pour dénoncer "le simulacre d"élection" qui selon lui n'a pour seul but que de faire réélire Macky Sall dès le premier tour. 

Mais à trois jours du vote, hier, Abdoulaye Wade a certes redit, à PressAfrik, qu'il n'ira pas voter dimanche, qu'il appelle les sympathisants de son parti le PDS à en faire autant... mais qu'il ne leur interdit pas de se rendre aux urnes : s'ils tiennent vraiment à voter, il leur recommande de choisir entre les trois opposants. 

Le vieux "pape du Sopi", comme on le surnomme, a donc mis un peu d'eau dans son vin, constate Le Quotidien de Dakar. Il a "reconsidéré sa posture", et ce n'est certainement pas sans lien avec sa rencontre, il y a quelques jours et sous médiation du président guinéen Alpha Condé, avec François Hollande. L'ex-président français aurait tout fait pour convaincre Abdoulaye Wade de cesser ses appels au boycott du fragile processus électoral sénégalais. 

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Mais pour DakarActu, le revirement du vieux chef d'Etat cache aussi une stratégie bien pensée en faveur de son fils : Abdoulaye Wade refuserait d'appeler clairement à voter pour un candidat d'opposition en particulier, de manière à donner plus de chance à Wade-fils lors des prochaines présidentielles, en 2024, face à un Macky Sall en bout de course plutôt que face à un président sortant encore "frais". DakarActu pose donc la question : "Et si Wade-père travaillait finalement à la réélection de Macky Sall?"  

Enfin Alger fête demain sa Casbah classée au patrimoine mondial de l'UNESCO sur fond de polémique sur le projet de rénovation de la vieille ville. 

Un constat d'abord, à la veille de cette Journée nationale de la Casbah d'Alger : le quartier historique, son dédale de ruelles et ses murs blancs défraîchis sont dans "un état de délabrement avancé". Sur la radio nationale algérienne, un représentant de l'Etat nous explique que pour éviter des effondrements spontanés, on a rasé préventivement 373 maisons ces dernières années. Dans le même temps, 710 bâtiments ont été confortés.  Le "sauvetage" de la Casbah est donc en cours, la situation est stabilisée, mais ce ne sont là que les préparatifs d'un chantier beaucoup plus considérable, qui crée pas mal de débats des deux côtés de la Méditerranée. 

"Sous les pavés, la polémique", écrit The Middle East Eye, dans un long article consacré au grand projet de "revitalisation" de la Casbah. Il a  été annoncé en décembre , conjointement par le département d'Alger et la Région Île-de-France. Les deux partenaires n'étaient pas peu fier de dévoiler également qu'ils ont choisi l'architecte français Jean Nouvel pour mener les études préparatoires. 

C'est ce choix d'un maître d'oeuvre français qui fait débat côté algérien : il fait même "rejaillir crispations et rancœurs, 57 ans après l'indépendance du pays", toujours selon le Middle East Eye.

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Car la casbah est un symbole concrêt de la résistance algéroise. Elle a été détruite trois fois par les Français en 132 ans de colonisation, rappelle une pétition lancée depuis Paris... qui pointe aussi le fait qu'aucun véritabl travail mémoriel n'a été mené en Algérie sur ces événements depuis 1962. 

Jean Nouvel, lui, défendait le mois dernier dans les colonnes de Jeune Afrique ses intentions architecturales et ses "convictions anticolonialistes". Il rappelle que sa mission c'est de "proposer des idées" de revitalisation  mais pas (pour le moment en tous cas) de restaurer à grand coup de bulldozer. 

The Middle East Eye donne le dernier mot à son confrère, l'architecte algérien Mohamed Larbi Mehroum, qui prévient Nouvel de la complexité de ce qui l'attend : "Jusque-là, explique-t-il, la Casbah a toujours été fantasmée comme LA ville arabe, mais jamais vraiment pensée comme un quartier de la capitale". L'impasse urbanistique, l'abandon dans lequel elle se trouve aujourd'hui "n'est pas, conclut l'architecte, sans rappeler l'impasse politique dans laquelle se trouve l'Algérie tout entière".

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